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Liban - Causerie

« La crise d’autorité au sein de la famille » : le P. Salim Daccache au Collège Melkart

Autour du thème « Les difficultés et les dangers auxquels est confrontée la famille », le recteur de l’USJ, le P. Salim Daccache, a donné hier une causerie très suivie au Collège Melkart.
Prenant la parole hier au Collège Melkart, le P. Salim Daccache, ancien recteur du Collège N-D de Jamhour et actuel recteur de l’USJ, a donné une causerie très suivie centrée sur la famille, dans laquelle il a notamment soulevé le problème de « la crise d’autorité et la perte du sens des normes et des limites », source d’insécurité chez l’enfant et l’adolescent.
« L’absence parentale mène à une absence de règles chez l’enfant, a-t-il notamment affirmé au cours de son intervention. Même si les parents ont eu une éducation rigide qu’ils détestent, ils doivent savoir que le laxisme n’est pas la solution. La société a changé et l’autorité a changé, mais cela n’implique point que les parents deviennent égaux à leurs enfants. Sans autorité, il n’y a pas d’amour parce que le manque d’autorité signifie qu’il n’y a pas de cadre et donc pas de sécurité, un besoin primaire et primordial. »
« Beaucoup de femmes cherchent à échapper à la vie ménagère et à l’éducation des enfants dans le but d’être égales à l’homme, où parce qu’elles veulent se réaliser dans leur vie professionnelle, et non pas par besoin financier. Beaucoup de pères préfèrent offrir des cadeaux au lieu d’être présents et de créer des liens », a-t-il relevé.
Et le P. Daccache de dénoncer les conséquences de cette démission, en noircissant certains traits spécifiques de la société libanaise. « Depuis que la femme s’investit dans la vie professionnelle, nous remarquons divers types de garde des enfants : les crèches, les baby-sitters, les grands-mères, les employées de maison, etc., a-t-il dit. La génération d’aujourd’hui est souvent éduquée par les employées de maison, “marba al-khadam”. L’enfant perd ses repères et ne sait plus à qui se référer. Il ne sait plus à qui s’identifier quand celle qui le gardait longtemps et qu’il considérait comme sa mère le quitte et voyage soudainement. Plus âgé, il peut profiter de la multiplicité des références pour quémander capricieusement ses envies. Les parents doivent s’investir par leur présence et leur engagement premier dans l’éducation des enfants en mieux organisant leur emploi du temps et leurs priorités. La famille est le lieu privilégié de l’expression de l’amour et des émotions. »
La perte du sens du permis et de l’interdit transforme souvent l’enfant en un petit monstre d’égoïsme, souligne le P. Daccache, qui relève aussi que « l’on retrouve pas mal d’enfants qui commandent le petit personnel, c’est eux qui gèrent plus ou moins leurs maisons en l’absence des parents. Comment remettre de l’ordre et remettre une loi quand c’est l’enfant qui manipule ces lois ? Le permis et l’interdit est une entente dans le couple d’abord avant d’être transmise implicitement et explicitement aux enfants. Les valeurs et les lois, tous les membres de la famille doivent les respecter sinon elles ne sont plus valeurs ni lois ».
Ce manque de repère empêche en fait l’enfant de parvenir à une réelle autonomie. « Les Libanais ne savent plus éduquer leurs enfants à une vraie autonomie qui cherche ses sources dans l’amour donné suffisamment dès la naissance, a dit le conférencier. Les parents doivent mieux s’investir pour mieux laisser aller. Ils doivent plus responsabiliser à la propreté, l’ordre et la défense pour mieux autonomiser. On range ses affaires soi-même, ce n’est pas grave si on prend un bus de temps en temps ou on marche un peu pour atteindre l’endroit désiré, on peut travailler pour payer ses études universitaires... tout n’est pas donné. »
Enfin, le P. Daccache a relevé que si, comme l’affirme Jean-Paul II, « le Liban est un message », il existe entre « le discours poétique de l’Église et la réalité quotidienne un profond abîme ».
« Pourtant, a-t-il conclu, il faut aussi prendre de la distance par rapport au leitmotiv de la société actuelle qui est de consommer, se divertir et rester jeunes en s’appuyant sur notre foi chrétienne dont la source est l’Église. »
Prenant la parole hier au Collège Melkart, le P. Salim Daccache, ancien recteur du Collège N-D de Jamhour et actuel recteur de l’USJ, a donné une causerie très suivie centrée sur la famille, dans laquelle il a notamment soulevé le problème de « la crise d’autorité et la perte du sens des normes et des limites », source d’insécurité chez l’enfant et l’adolescent.« L’absence parentale mène à une absence de règles chez l’enfant, a-t-il notamment affirmé au cours de son intervention. Même si les parents ont eu une éducation rigide qu’ils détestent, ils doivent savoir que le laxisme n’est pas la solution. La société a changé et l’autorité a changé, mais cela n’implique point que les parents deviennent égaux à leurs enfants. Sans autorité, il n’y a pas d’amour parce que le manque...
commentaires (3)

C’est vraiment le sujet qui me met en colère. Il n’y a pas de recette miracle et chacun sait que l’éducation est un métier parental ingrat. Pourquoi mettre toujours le tort sur les parents qui assument des coûts exorbitants de scolarité ? Et alors, les institutions scolaires, universitaires n’ont rien à se reprocher sans aucun doute ? On lit presque chaque semaine des reportages sur la qualité de l’enseignement… On sait très bien qu’ils passent le plus "clair" de leur temps à l’école, à l’université… là où les parents espèrent le meilleur, et le corps enseignant se réfugie derrière un argument d’autorité : "notre métier n’est pas d’éduquer mais de transmettre un savoir". Alors on se renvoie la balle…

Charles Fayad

17 h 59, le 18 mai 2013

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Commentaires (3)

  • C’est vraiment le sujet qui me met en colère. Il n’y a pas de recette miracle et chacun sait que l’éducation est un métier parental ingrat. Pourquoi mettre toujours le tort sur les parents qui assument des coûts exorbitants de scolarité ? Et alors, les institutions scolaires, universitaires n’ont rien à se reprocher sans aucun doute ? On lit presque chaque semaine des reportages sur la qualité de l’enseignement… On sait très bien qu’ils passent le plus "clair" de leur temps à l’école, à l’université… là où les parents espèrent le meilleur, et le corps enseignant se réfugie derrière un argument d’autorité : "notre métier n’est pas d’éduquer mais de transmettre un savoir". Alors on se renvoie la balle…

    Charles Fayad

    17 h 59, le 18 mai 2013

  • Juste du bon sens...mais le bon sens est devenu politiquement incorrect...comment çà? oser suggérer aux parents de s'occuper de leurs enfants?En voilà une idée?Quel esprit rétrograde!les parents doivent rester "jeunes" et "dans le coup"...y a des fois où le jeunisme rejoint de très près le gâtisme...

    GEDEON Christian

    12 h 56, le 18 mai 2013

  • Un amoncellement de poncifs hyper pontifiants....

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    07 h 39, le 18 mai 2013

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