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Moyen Orient et Monde - Reportage-Syrie

« Nous avons choisi l’avion car la route n’est pas sûre »

Syrian Air bat des records en nombre de passagers.

Syrian Airlines assure 40 vols par semaine sur Lattaquié, Qamishli, Deir ez-Zor et normalement Alep. Mais l’aéroport est fermé depuis des mois. Joseph Eid/AFP

Dans un pays plongé depuis deux ans dans un conflit sanglant, le nombre de passagers de la compagnie d’aviation nationale Syrian Air a explosé et ses vols intérieurs et internationaux affichent complet, car prendre la route est devenu trop dangereux.


Cette situation paradoxale pour un pays en guerre s’explique par l’insécurité qui règne sur les routes du pays, barrages, risque d’attaques crapuleuses, voire d’enlèvements, mais aussi par la décision des Occidentaux et des Arabes de suspendre tous leurs vols dans le cadre d’une série de sanctions contre le régime de Bachar el-Assad. « Nous assurons environ 20 vols par jour vers l’étranger et dans le pays, ce qui signifie que nous transportons environ 3 000 passagers. Il n’y a pas une seule place de libre et c’est vrai que nous faisons même du surbooking », assure le directeur des opérations au sol de le compagnie, Tarek Wahiba, installé dans son bureau de l’aéroport de Damas. Le nombre de vols intérieurs a été multiplié par quatre durant le conflit, précise-t-il.
Avec six Airbus 320 et deux ATR 72/500, la Syrian, seule compagnie syrienne, assure des liaisons avec les pays du Golfe, y compris l’Arabie saoudite, l’Irak, la Jordanie, le Liban, l’Égypte, le Soudan, l’Algérie et la Russie, principal allié de la Syrie face aux Occidentaux. La seule compagnie étrangère à continuer à desservir la Syrie est la compagnie irakienne Iraqi Airways. « Maintenant que la saison d’été arrive, nous allons augmenter le nombre de vols en provenance du Golfe car beaucoup de Syriens viennent en vacances en dépit de la situation », dit-il.


Mais c’est surtout sur les vols intérieurs que la demande a grimpé en flèche. Une équipe de l’AFP a effectué dans la même journée un vol Damas, Qamishli, Lattaquié, Qamishli et retour à Damas. « Nous pilotons un Airbus, mais nous sommes devenus un omnibus. C’est impératif car la demande est vraiment forte sur les lignes intérieures », explique le copilote Firas Smaïl. Accompagné de sa femme Farah, Moutlaq al-Abbas, moukhtar de Hajja al-Kabira, près de Qamishli, se rend à Lattaquié pour voir son médecin. « Nous avons choisi l’avion car la route n’est pas sûre. Il y a des groupes armés. Si nous y allons en voiture, ils la prennent, et si nous voyageons en bus, ils l’arrêtent et nous dépouillent », dit-il.
Un billet aller-retour Damas-Lattaquié coûte 5 000 LS (50 dollars). Syrian assure 40 vols par semaine sur Lattaquié, Qamishli, Deir ez-Zor et normalement Alep. Mais l’aéroport est fermé depuis des mois en raison de la présence de rebelles sur la route. « Les troubles ont changé la mentalité des Syriens, avant il ne leur serait pas venu à l’idée de prendre l’avion, maintenant c’est le contraire, il ne leur vient plus à l’idée de prendre leur voiture », note, ravi, M. Wahiba.


Mais ce sont les sanctions qui gênent vraiment la compagnie, notamment l’absence de pièces de rechange. « Il y a des pièces que nous ne pouvons pas avoir car Airbus refuse de nous les livrer et nos techniciens font preuve de trésors d’ingéniosité pour que nos appareils volent », explique le capitaine Maher Issa, pilote syro-irlandais depuis 1984. « Et pourtant, nous sommes un avion civil et je transporte 11 enfants, 47 femmes et 90 hommes. Il n’y a aucune arme à bord ni aucune matière dangereuse. Tout cela nous rend la vie difficile bien sûr, mais surtout aux passagers », ajoute-t-il.


Autre problème, la fermeture de l’espace aérien turc en raison des relations exécrables entre les deux pays. Avant, pour rejoindre Moscou, il fallait passer par la Turquie, maintenant il faut bifurquer vers l’est, l’Irak, l’Iran, le Kazakhstan, bref 6 heures au lieu de 4 heures. En outre, les pilotes passent souvent leur nuit à l’aéroport de Damas, car la route, actuellement sous le contrôle de l’armée, peut être fermée à tout moment en cas d’incident.
Le capitaine Issa explique ainsi qu’il préfère passer plusieurs nuits à l’aéroport pour être « disponible en cas de besoin ». En tout cas, cela n’entame pas sa bonne humeur. « Tant que j’aurai un appareil avec deux ailes et un moteur je continuerai à voler », jure-t-il.
(Source : AFP)

 

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Cette situation paradoxale pour un pays en guerre s’explique par l’insécurité qui règne sur les routes du pays, barrages, risque d’attaques crapuleuses, voire d’enlèvements, mais aussi par la décision des Occidentaux et des Arabes de suspendre tous leurs vols dans le cadre d’une série de sanctions contre le régime de Bachar el-Assad. « Nous assurons environ 20 vols par jour vers l’étranger et dans le pays, ce qui signifie que nous transportons environ 3 000 passagers. Il n’y a pas une seule place de libre et c’est vrai que nous faisons même du surbooking »,...
commentaires (5)

Comme ils nous regardaient faire durant 30 longues années, on fait heureusement de même.... "Sacrés" bääSSyriens !

Antoine-Serge KARAMAOUN

18 h 14, le 18 mai 2013

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Commentaires (5)

  • Comme ils nous regardaient faire durant 30 longues années, on fait heureusement de même.... "Sacrés" bääSSyriens !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    18 h 14, le 18 mai 2013

  • A la guerre comme à la guerre dans une Syrie ou le peuple innocent doit tout faire pour survivre . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    14 h 48, le 18 mai 2013

  • ET QUI A DIT QUE L'AVION EST PLUS DANS LE CIEL DE LA SYRIE ? LA RUSSIE A SUSPENDU SES VOLS; RISQUER LA VIE DES PASSAGERS EST UN CRIME !

    SAKR LOUBNAN

    13 h 34, le 18 mai 2013

  • On se croirait à Vichy....

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    12 h 13, le 18 mai 2013

  • Comme quoi, rien ne peut arrêter les BONS Syriens et leur énorme volonté de ne pas céder aux terroristes révolutionnaires et leurs accolytes turco-edroganais, hélas Libanais aussi rancu-salafites, la nébuleuse sio-arabo-occidentale (pas au niveau des peuples bien sûr). Nous leur disons toute notre admiration et notre soutien afin que ce combat pour la vie du pays et de la nation et un jour pour sa reconstruction que ce cette "pseudo-révolution" pilotée par et pour l'étranger a causer... Ils nous démontrent là, eux aussi, qu'il y a un autre type d'arabes qui croient dans la devise qui dit que " A cœur vaillant, rien n'est impossible".

    Ali Farhat

    11 h 07, le 18 mai 2013

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