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Économie - Indicateur

La France est entrée dans sa seconde récession en quatre ans

Hollande estime que « la situation économique est grave ».
La France est entrée dans sa seconde récession depuis 2009, une nouvelle tombée hier, un an jour pour jour après la prise de fonctions de François Hollande, d’autant plus mauvaise que le pouvoir d’achat a connu une baisse record l’an dernier.
Selon les chiffres de l’Institut national de la statistique, le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 0,2 % au premier trimestre 2013 par rapport aux trois mois précédents, après une contraction équivalente fin 2012.
Le président de la République, accusé par le président de l’UMP Jean-François Copé de porter « une part de responsabilité personnelle », a estimé devant le Conseil des ministres que « la situation économique est grave » mais souligné que « la panne de la croissance concerne l’Europe tout entière ».
« Il est probable que la croissance sera nulle en 2013 », a-t-il dit un peu plus tard à Bruxelles, au terme d’une visite à la Commission européenne, estimant que la France avait « passé le moment le plus difficile ». « Nous avons encore à nous réformer », a ajouté M. Hollande.
Le ministre de l’Économie Pierre Moscovici a assuré de son côté que Paris maintenait « à la fois » sa prévision de croissance de +0,1 % en 2013 et son objectif d’inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année.
« Tout cela doit nous inciter à avoir une politique européenne qui se mobilise pour la croissance » et pour « l’emploi », a-t-il déclaré.
« Au deuxième semestre, nous anticipons une croissance qui redémarre, aidée par le contexte européen et les mesures prises en France », a expliqué à l’AFP son entourage, citant notamment le pacte de compétitivité qui prévoit un crédit d’impôt pour les entreprises et les faibles taux d’emprunt de Paris.
L’Insee a confirmé hier le recul historique du pouvoir d’achat des Français l’an dernier, désormais chiffré à -0,9 %, soit une aggravation de la première estimation (-0,4 %), qui battait déjà un record vieux de 30 ans.
Cette dynamique augure mal de l’activité économique que peut espérer avoir sur l’année la France, qui a déjà obtenu de Bruxelles un délai de deux ans jusque fin 2015 pour ramener son déficit public à 3 % du PIB.
Une récession correspond techniquement à un recul du PIB pendant deux trimestres consécutifs. L’ampleur de celle-ci est sans rapport avec celle de 2009, quand la France avait connu une contraction de 3,1 % de son PIB. Mais elle confirme que l’activité reste en panne depuis huit trimestres.
Pour l’ensemble de l’année 2012, l’Insee a conservé son estimation d’une croissance nulle, après avoir révisé à la baisse celle du troisième trimestre 2012 (0,1 % au lieu de 0,2 %). L’Institut a en revanche révisé à la hausse la croissance de 2011, à 2 % au lieu de 1,7 %, après 1,6 % en 2010.
« La contraction aurait été pire encore en France sans la hausse de 0,3 % de la consommation du secteur public », a commenté au sujet du premier trimestre Chris Williamson, l’économiste en chef du cabinet Markit qui publie l’indice PMI, un indicateur avancé de la conjoncture jugé fiable par les analystes.
« Le recul constaté en France est moins fort que ne le suggèrent le PMI et les enquêtes de l’Insee auprès des entreprises », ce qui « laisse présager que la santé de l’économie est dans le fond pire encore que ne le révèlent pour l’instant ces chiffres décevants du PIB », avertit-il.
L’Insee a également revu à 0,4 % la baisse de la consommation des ménages l’an dernier, précédemment estimée à 0,1 %. Il s’agit de la première diminution depuis 1993.
« Le moteur intérieur qui a été le principal facteur de croissance ces dix dernières années a été complètement brisé : pour des raisons fiscales, de partage de revenus dans les entreprises (modération salariale et emploi qui se dégrade), crédit qui ne repart pas, marché immobilier qui s’ajuste », a commenté Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.
« Tous les facteurs qui pouvaient soutenir les dépenses des ménages – qui représentent 60 % de l’activité – font que le PIB recule », a-t-il déclaré, y voyant « les premiers effets de l’austérité » induite par les décisions budgétaires du gouvernement socialiste depuis un an.
Le déficit public de la France (État, Sécurité sociale, collectivités locales) reste évalué à 4,8 % du PIB en 2012 contre 5,3 % en 2011, « grâce à une hausse des recettes plus rapide que celle des dépenses », a précisé l’Insee.

(Source : AFP)
La France est entrée dans sa seconde récession depuis 2009, une nouvelle tombée hier, un an jour pour jour après la prise de fonctions de François Hollande, d’autant plus mauvaise que le pouvoir d’achat a connu une baisse record l’an dernier.Selon les chiffres de l’Institut national de la statistique, le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 0,2 % au premier trimestre 2013 par rapport aux trois mois précédents, après une contraction équivalente fin 2012.Le président de la République, accusé par le président de l’UMP Jean-François Copé de porter « une part de responsabilité personnelle », a estimé devant le Conseil des ministres que « la situation économique est grave » mais souligné que « la panne de la croissance concerne l’Europe tout entière ».« Il est probable que la croissance...
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