Selon les chiffres de l’Institut national de la statistique, le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 0,2 % au premier trimestre 2013 par rapport aux trois mois précédents, après une contraction équivalente fin 2012.
Le président de la République, accusé par le président de l’UMP Jean-François Copé de porter « une part de responsabilité personnelle », a estimé devant le Conseil des ministres que « la situation économique est grave » mais souligné que « la panne de la croissance concerne l’Europe tout entière ».
« Il est probable que la croissance sera nulle en 2013 », a-t-il dit un peu plus tard à Bruxelles, au terme d’une visite à la Commission européenne, estimant que la France avait « passé le moment le plus difficile ». « Nous avons encore à nous réformer », a ajouté M. Hollande.
Le ministre de l’Économie Pierre Moscovici a assuré de son côté que Paris maintenait « à la fois » sa prévision de croissance de +0,1 % en 2013 et son objectif d’inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année.
« Tout cela doit nous inciter à avoir une politique européenne qui se mobilise pour la croissance » et pour « l’emploi », a-t-il déclaré.
« Au deuxième semestre, nous anticipons une croissance qui redémarre, aidée par le contexte européen et les mesures prises en France », a expliqué à l’AFP son entourage, citant notamment le pacte de compétitivité qui prévoit un crédit d’impôt pour les entreprises et les faibles taux d’emprunt de Paris.
L’Insee a confirmé hier le recul historique du pouvoir d’achat des Français l’an dernier, désormais chiffré à -0,9 %, soit une aggravation de la première estimation (-0,4 %), qui battait déjà un record vieux de 30 ans.
Cette dynamique augure mal de l’activité économique que peut espérer avoir sur l’année la France, qui a déjà obtenu de Bruxelles un délai de deux ans jusque fin 2015 pour ramener son déficit public à 3 % du PIB.
Une récession correspond techniquement à un recul du PIB pendant deux trimestres consécutifs. L’ampleur de celle-ci est sans rapport avec celle de 2009, quand la France avait connu une contraction de 3,1 % de son PIB. Mais elle confirme que l’activité reste en panne depuis huit trimestres.
Pour l’ensemble de l’année 2012, l’Insee a conservé son estimation d’une croissance nulle, après avoir révisé à la baisse celle du troisième trimestre 2012 (0,1 % au lieu de 0,2 %). L’Institut a en revanche révisé à la hausse la croissance de 2011, à 2 % au lieu de 1,7 %, après 1,6 % en 2010.
« La contraction aurait été pire encore en France sans la hausse de 0,3 % de la consommation du secteur public », a commenté au sujet du premier trimestre Chris Williamson, l’économiste en chef du cabinet Markit qui publie l’indice PMI, un indicateur avancé de la conjoncture jugé fiable par les analystes.
« Le recul constaté en France est moins fort que ne le suggèrent le PMI et les enquêtes de l’Insee auprès des entreprises », ce qui « laisse présager que la santé de l’économie est dans le fond pire encore que ne le révèlent pour l’instant ces chiffres décevants du PIB », avertit-il.
L’Insee a également revu à 0,4 % la baisse de la consommation des ménages l’an dernier, précédemment estimée à 0,1 %. Il s’agit de la première diminution depuis 1993.
« Le moteur intérieur qui a été le principal facteur de croissance ces dix dernières années a été complètement brisé : pour des raisons fiscales, de partage de revenus dans les entreprises (modération salariale et emploi qui se dégrade), crédit qui ne repart pas, marché immobilier qui s’ajuste », a commenté Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.
« Tous les facteurs qui pouvaient soutenir les dépenses des ménages – qui représentent 60 % de l’activité – font que le PIB recule », a-t-il déclaré, y voyant « les premiers effets de l’austérité » induite par les décisions budgétaires du gouvernement socialiste depuis un an.
Le déficit public de la France (État, Sécurité sociale, collectivités locales) reste évalué à 4,8 % du PIB en 2012 contre 5,3 % en 2011, « grâce à une hausse des recettes plus rapide que celle des dépenses », a précisé l’Insee.
(Source : AFP)


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