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Nos lecteurs ont la parole

Le bal des hypocrites

Carine CHAMOUN CHAMMAS
Le monde d’aujourd’hui tourne à l’envers, ou marche sur la tête. Choisissez l’expression qui vous plaira. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent...
Pas très loin de chez nous, un peuple se fait exterminer par son propre régime, par son propre président, qu’il a pourtant élu à 99,9 % des voix. Et l’oppresseur a le choix des armes : orgues de Staline, obus de grand calibre, avions de chasse... En face, on est passé de marches pacifiques aux lance-pierres, aux fusils de chasse, aux mitraillettes, aux armes arrachées à l’ennemi, aux vengeances haineuses.
Pendant ce temps, des États-Unis à l’Union européenne, à ce « Machin » obsolète au Palais de Verre, on discute et on pinaille sur l’existence de poudre aux yeux qui justifierait une interférence dans le conflit. J’hallucine ! On attend de voir des brûlés ou des asphyxiés pour aller sauver des amputés, des affamés, des torturés, des déplacés et déterrer des charniers. On a peut-être retenu la leçon irakienne, mais à trop ménager le chou on finira par perdre la chèvre.
Chez nous par contre, pas de gouvernement, pas de loi électorale, pas d’économie. Mais un dirigeant arrogant et méprisant qui se permet, sous prétexte de protéger des Libanais vivant de l’autre côté d’une frontière qu’il n’a jamais voulu reconnaître, d’envoyer des jeunes au carnage contre des frères de foi.
Chez nous aussi ,un afflux incessant d’immigrés.Tellement qu’aujourd’hui, c’est nous qui nous sentons étrangers sur notre sol. Des enfants pieds nus au regard noir de tristesse, des femmes portant dans leurs bras et leurs yeux la résignation et l’humiliation, des grappes d’hommes traînant des savates et écarquillant des yeux à la vue d’une civilisation relative dont ils n’ont apparemment jamais soupçonné l’existence. Une voiture sur trois désormais porte une plaque étrangère.
Et cet afflux réveille en nous d’étranges instincts. Ainsi, nous oscillons quotidiennement entre pitié, miséricorde et pics soudains de xénophobie. On a peur pour nous, pour nos biens, pour nos enfants, pour nos filles. Et ce sentiment honteux, nous nous efforçons de le cacher sous des dentelles de charité bien ordonnée.
Dans ce monde de faux semblants, de tartufferie généralisée, il est bon de se rappeler d’une citation de ce brillant et néanmoins impénétrable homme d’État qu’était Talleyrand : « Si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant. »

Carine CHAMOUN CHAMMAS
Le monde d’aujourd’hui tourne à l’envers, ou marche sur la tête. Choisissez l’expression qui vous plaira. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent...Pas très loin de chez nous, un peuple se fait exterminer par son propre régime, par son propre président, qu’il a pourtant élu à 99,9 % des voix. Et l’oppresseur a le choix des armes : orgues de Staline, obus de grand calibre, avions de chasse... En face, on est passé de marches pacifiques aux lance-pierres, aux fusils de chasse, aux mitraillettes, aux armes arrachées à l’ennemi, aux vengeances haineuses.Pendant ce temps, des États-Unis à l’Union européenne, à ce « Machin » obsolète au Palais de Verre, on discute et on pinaille sur l’existence de poudre aux yeux qui justifierait une interférence dans le conflit. J’hallucine ! On attend de voir des...
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