Le procureur américain Timothy McGinty a affirmé qu’il envisageait de requérir la peine de mort contre Ariel Castro, inculpé pour la séquestration et le viol de trois jeunes femmes pendant une dizaine d’années dans sa maison de Cleveland (État de l’Ohio). « Le comté va requérir des charges pour chaque acte d’agression sexuelle et de tentative de meurtre, et pour chaque acte de meurtre aggravé qu’il a commis en interrompant des grossesses », a déclaré le procureur du comté de Cuyahoga, ajoutant qu’il allait aussi « chercher à requérir des accusations passibles de la peine de mort ». Menotté, les yeux rivés vers le sol, le chauffeur de bus au chômage de 52 ans avait comparu quelques heures plus tôt devant un tribunal de la ville, sans prononcer un mot. Il a soigneusement évité les regards et n’a manifesté aucune réaction à la lecture des chefs d’inculpation retenus contre lui.
De son côté, le procureur Bryan Murphy a fait valoir « l’horrible calvaire » subi par les victimes. « Deux des victimes ont supporté un horrible calvaire durant plus de dix ans, une troisième durant près d’une décennie, et ce supplice a fini par donner naissance à une petite fille dont on pense qu’elle est née d’une des captives », a-t-il dit, soulignant aussi les « coups répétés » reçus par les victimes et les « agressions sexuelles » dont elles ont été victimes. Ces violences « dépassent l’entendement », a renchéri le procureur Timothy McGinty, qualifiant la maison du suspect de « chambre des tortures », alors que les médias divulguaient les détails du cauchemar des jeunes femmes, citant un rapport de police.
Selon Kathleen DeMetz, avocate commise d’office du suspect, Ariel Castro devait être placé sous surveillance particulière pour éviter toute tentative de suicide. Dans une lettre datant de 2004, retrouvée chez lui par la police, Ariel Castro affirmait être un « prédateur sexuel » et exprimait le désir de mettre fin à ses jours, ont rapporté des médias locaux. Parallèlement hier, le ministre de la Justice de l’Ohio, Mike DeWine, a annoncé qu’Ariel Castro est bien le père de la fillette née en captivité et dont la mère est Amanda Berry, l’une des captives.
Pour sa part, la fille aînée d’Ariel Castro a confié vivre « un film d’horreur ». « C’est comme regarder un mauvais film dans lequel nous serions les personnages principaux, sans rien soupçonner de ce qui se passait », a expliqué Angie Gregg sur CNN. « Si vous m’aviez interviewée la semaine dernière, je vous aurais dit qu’il était le plus gentil des pères et des grands-pères », a confié Angie Gregg. « Je ne veux plus jamais le voir », a-t-elle ajouté.
(Source : AFP)
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