Le leader du PNL, le député Dory Chamoun, entouré, de gauche à droite, de Michèle Tuéni, Ghayyath Yazbeck, May Chidiac, Hanane Pierre Sadek, Gisèle Khoury et Michel Hajji Georgiou. Photo Marwan Assaf
M. Hajji Georgiou a par ailleurs rendu un vibrant hommage à May Chidiac, soulignant que « c’est elle, aujourd’hui, aux côtés de Marwan Hamadé, qui nous éclaire le chemin dans les situations difficiles ». Se rappelant « les jours sombres de l’occupation, de la répression, de la censure sous toutes ses formes et des luttes intestines au sein du même camp », Michel Hajji Georgiou a déclaré qu’ « en dépit de toutes les difficultés, notre volonté de vie a pris le dessus, et notre attachement à la liberté a prévalu, ce qui s’est traduit par l’apothéose du 14 mars 2005, malgré l’horreur qu’a constituée l’assassinat du président Rafic Hariri ». « Aujourd’hui, le même spectacle de libération se répète dans tout le monde arabe, et le peuple syrien achève ce qui avait été initié le 14 mars 2005, à savoir la victoire face aux oppresseurs. »
Après avoir rejeté « l’État des zaamate, des communautés, des regroupements sectaires, des ghettos, des minorités, du repli sur soi, du clientélisme et du totalitarisme », Michel Hajji Georgiou a prôné la culture de la paix, affirmant que « la flamme de la volonté de vie ne saurait s’éteindre ». « Nous voulons vivre ensemble, en tant que citoyens libanais, unis, libres, dans la cité de la paix, Beyrouth, comme en ont rêvé Samir (Kassir) et Gebran » (Tuéni), a conclu Michel Hajji Georgiou.
Prenant à son tour la parole, Ghayyath Yazbeck a notamment souligné que les journalistes libres ont payé le tribut du sang à chaque étape historique traversée par le Liban depuis l’époque de l’indépendance de 1943. « La question qui se pose est de savoir pourquoi les journalistes sont constamment les premières victimes alors que leurs seules armes sont leur plume et la défense de la liberté, s’est interrogé M. Yazbeck. La réponse réside précisément dans le fait que ces armes sont les plus dangereuses pour les oppresseurs car ce sont elles qui transmettent le virus de l’indépendance, de la dignité et de la fierté. Le régime syrien avait mobilisé l’État, et ce dernier avait mobilisé à son tour ses services sécuritaires, financiers et judiciaires afin de poursuivre et réprimer les journalistes libres. Des films et des feuilletons peuvent être produits sur ce qu’ont vécu Gebran (Tuéni) et Samir (Kassir). Des épopées peuvent être écrites sur ce qu’a enduré May (Chidiac). Ce que Michel (Hajji Georgiou) et moi-même avons vécu ne peut que susciter étonnement et répugnance. »
Après avoir dénoncé « le mutisme de nos deux syndicats » et le comportement de « nombre de confrères qui ont couvert les agissements des criminels qui nous ont fait payer le prix de notre attachement à la liberté et l’indépendance », M. Yazbeck a souligné que le peu de journalistes libres qui existent encore dans le pays doivent « rassembler leurs forces et faire preuve de détermination et de sagesse afin de faire face, comme nous l’avons fait avant le mouvement du 14 Mars, au complot ourdi contre le Liban et qui vise rien moins qu’éliminer le pays de la carte politique » de la région.
Gisèle Khoury et Michèle Tuéni
De son côté, Mme Gisèle Khoury, veuve de Samir Kassir, a évoqué la date du 7 mai, rappelant que le 7 mai 2008, la télévision du Futur et le quotidien al-Moustaqbal avaient été victimes de l’oppression milicienne (de la part du Hezbollah). Après avoir rappelé l’apport de Samir Kassir sur le plan de la liberté d’expression et de la pensée arabe, Mme Khoury a émis l’espoir que le Liban parviendra à recouvrer sa liberté totale. Elle a d’autre part mis l’accent sur son attachement au Tribunal spécial pour le Liban, « non pas par esprit de vengeance, mais pour pouvoir réprimer les assassins et être en mesure de reconstruire le Liban sur les bases de la justice ». Rejetant la logique de « la force fondée sur les armes », Gisèle Khoury a réaffirmé sa foi dans le printemps de Beyrouth.
Quant à Mlle Michèle Tuéni, fille de Gebran Tuéni, elle a notamment souligné que son père savait pertinemment bien que « le tribut du sang pourrait bien être le prix de la liberté d’expression ». Elle a par ailleurs évoqué les premiers jours du printemps arabe, plus précisément le déclenchement de la révolution du Jasmin, en Tunisie, qui a abouti à la chute du régime tunisien en place, mettant en relief à cet égard l’importance des réseaux sociaux et de l’information libre au plan de la défense des libertés publiques et individuelles. En conclusion, Michèle Tuéni a remercié le PNL, et plus particulièrement les étudiants et les jeunes du parti, pour leur hommage aux journalistes et à la presse libres.
May Chidiac
Enfin, Mme May Chidiac a commencé par relever que depuis l’attentat aux explosifs qui l’a visée en septembre 2005, la cérémonie organisée par le PNL est pratiquement le premier hommage public qui lui a été réservé au Liban, alors que les hommages se sont multipliés à l’étranger. Évoquant elle aussi la funeste journée du 7 mai 2008 qui a été marquée par des agressions contre des médias, Mme Chidiac a souligné, en évoquant le contexte politique actuel, que « le Liban est le pays du pluralisme qui ne peut vivre que sur base de la décentralisation ». Elle a prôné dans ce cadre la mise en place dans le pays d’un espace public de libertés publiques.
Et May Chidiac d’ajouter dans ce cadre : « Lorsque je suis rentrée au Liban après avoir subi des soins à l’étranger, j’ai souligné que je serai la voix de ceux qui sont tombés en martyrs (durant la révolution du Cèdre). Les explosions et les attentats ne nous font plus peur. »
Après avoir souligné la nécessité d’une rectification du tir au niveau de la révolution née en mars 2005, de manière à tenir compte des aspirations des jeunes, May Chidiac a insisté sur le rôle de la femme dans les différents domaines de la vie publique. Elle a enfin réclamé que la date du 26 avril – qui a marqué, en 2005, le retrait de l’armée syrienne du territoire libanais – soit désormais une fête nationale, rendant hommage sur ce plan au PNL qui a pris l’initiative d’inscrire cette date du 26 avril 2005 sur le rocher de Nahr el-Kalb où est accrochée une plaque marquant l’anniversaire du retrait des forces étrangères du Liban.


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