Pour sa première visite en Russie en tant que chef de la diplomatie, M. Kerry s’est toutefois appliqué à ne pas heurter Moscou, alors que les relations bilatérales se sont fortement dégradées depuis le retour de M. Poutine au Kremlin il y a un an. Il a donc souligné que de tels différends ne devaient pas assombrir les relations entre les deux pays et nuire « aux intérêts plus larges des deux pays ». « La Russie est compliquée, nous le savons tous, mais vitale », a déclaré le secrétaire d’État américain à la fin de sa visite à Moscou. « M. Kerry a dit beaucoup de belles paroles (...), mais ce sont des phrases classiques », a réagi Lev Ponomarev, le chef du mouvement Pour les droits de l’homme, également présent à la rencontre avec M. Kerry. « Pour l’instant, nous voyons que les États-Unis ferment les yeux » sur le tour de vis opéré par le régime russe, a-t-il déploré lors d’une conférence de presse. « Mais nous ne savons pas ce qui se passera plus tard », a-t-il averti, disant craindre que la Russie ne devienne un État « totalitaire ».
Sur un autre plan, le secrétaire d’État américain a poursuivi hier à Rome son périple international pour relancer le processus de paix israélo-palestinien et faire avancer les discussions sur la Syrie. M. Kerry a ainsi annoncé qu’il se rendrait pour la quatrième fois en Israël les 21 ou 22 mai, où il rencontrera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas. Toutes les parties « travaillent sur des questions préliminaires » avec « un engagement renouvelé », a-t-il affirmé avant un entretien avec la ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni, chargée du dossier des négociations avec les Palestiniens. Il s’agit de la deuxième rencontre de John Kerry avec Mme Livni et le négociateur Isaac Molho en moins d’une semaine. « Je crois que ce que vous faites ici pourrait créer de l’espoir dans la région, parce que certaines personnes ont perdu espoir », a assuré Mme Livni à l’adresse du chef de la diplomatie américaine. « Votre enthousiasme et vos efforts pourraient changer la réalité sur le terrain », a-t-elle ajouté. Mme Livni s’est également entretenue hier avec la ministre italienne des Affaires étrangères Emma Bonino, qui a souhaité que « reprennent les négociations directes entre les parties », selon un communiqué du ministère italien des Affaires étrangères. Mme Bonino rencontrera aujourd’hui M. Kerry, ainsi que Tony Blair, envoyé spécial du quartette pour le Proche-Orient.
(Source : AFP)

