Cette œuvre gigantesque, comme beaucoup d’autres malheureusement, est pratiquement inconnue du grand public, par suite de l’indifférence de nos dirigeants pour tout ce qui concerne les réformes dans notre pays. Et pourtant, si l’opinion publique s’était réellement intéressée à cet ouvrage, il y a dix ans déjà, peut-être que nous n’en serions pas arrivés là où nous sommes.
Pourrais-je m’aventurer à suggérer que, dans ce cas, peut-être que ces citoyens auraient réclamé que les réformes qui sont détaillées dans chacun de ces documents soient entreprises au plus tôt.
Peut-être qu’avant même que les réformes soient engagées, on se serait aperçu que le Liban était en train de faire fausse route.
Peut-être même que ces citoyens auraient pensé à manifester tous les jours devant le ministère des Finances pour prévenir les autorités qu’elles faisaient fausse route et qu’il fallait adopter une autre politique fiscale et financière. Peut-être qu’alors, beaucoup de choses auraient changé et que notre dette, qui n’était en 2001 que de quelque vingt-sept milliards de dollars, aurait cessé de gonfler aussi absurdement pour atteindre aujourd’hui soixante milliards, et que les réformes essentielles préconisées dans ces documents auraient été mises en pratique.
Certes, il y a beaucoup de peut-être, mais tout n’est pas perdu. Rien ne sert de « pleurer à propos du lait renversé », comme diraient les Anglais.
Il n’est jamais trop tard pour bien faire. La découverte de gaz et de pétrole sur notre territoire et au large de nos côtes nous donne à la fois une marge d’espoir et de répit. Ne manquons pas d’en profiter cette fois-ci. Commençons par mettre en place toutes les réformes, l’une après l’autre. Il nous reste quelque sept petites années. Profitons-en.
Prenons exemple sur Fouad el-Saad, son assistante Leila Barakat et l’équipe qu’ils avaient réunie à l’époque, et mettons-nous au travail pour continuer cette œuvre et bâtir au plus tôt ce plan libanais de développement socio-économique dont presque tous ces documents soulignent la nécessité et l’urgence.
George SABAT
ACMA

