« Il y a une petite embellie », se réjouit le porte-parole du CCFA, François Roudier. Elle a profité de manière inégale aux différents constructeurs. Les ventes du numéro un français PSA Peugeot Citroën sont en repli de 12,1 %. Les américains Ford et General Motors ont aussi souffert (-16,8 % et -18,8 % respectivement).
Renault, en revanche, a continué à profiter du succès de sa marque à bas coûts Dacia (+19,1 %) avec sa nouvelle Sandero et l’utilitaire Lodgy. La marque au losange (-7,5 %) continue pour sa part à profiter du lancement de la Clio IV qui est, « sur avril et au cumul, le véhicule le plus vendu en France », selon elle, et l’arrivée de son petit 4x4, Captur. Le géant allemand Volkswagen a aussi bénéficié de cet « effet nouveautés » avec le succès de sa Golf 7, souligne M. Roudier. Les marques allemandes « premium », orientées à la baisse au premier trimestre, ont connu un nouveau souffle. Audi (groupe VW) a bondi de 8,4 %, BMW a gagné 5,4 % et Mercedes +14,8 %. Le groupe sud-coréen Hyundai (marques Hyundai et Kia) est resté bien orienté avec une progression de ses immatriculations de 17,3 %.
Pour autant, l’embellie devrait être de courte durée. Le CCFA, qui représente PSA Peugeot Citroën et Renault, a revu en baisse sa prévision pour le marché cette année. Il tablait jusqu’à présent sur un repli de l’ordre de 5 %, ce qui aurait ramené le marché à un niveau équivalent à celui de 1998 avec environ 1,8 million de voitures neuves vendues. Il s’attend aujourd’hui à « du -8 % et ça pourrait être encore plus bas », avertit M. Roudier. « Il n’y a aucun rebond à l’horizon », estime Flavien Neuvy, de l’observatoire spécialisé Cetelem.
Sur les quatre premiers mois de l’année, les immatriculations de voitures particulières ont chuté de 12,3 % en données brutes. En incluant les ventes de véhicules utilitaires, un bon indicateur de l’activité économique, le repli s’élève à 11,7 %. Le mois de mars, qui est traditionnellement un des plus importants de l’année avec des opérations « journées portes ouvertes » organisées dans les concessions, a en effet été mauvais et les consommateurs restent frileux, souligne M. Roudier.
« Les niveaux de stocks sont élevés, chez les constructeurs mais aussi chez les concessionnaires, et ils se livrent toujours à une bataille tarifaire intense » qui rogne leurs marges, constate M. Neuvy. À présent, « elle concerne même des modèles récents » qui en général ne sont pas bradés. Le déblocage de l’accord de participation à hauteur de 20 000 euros pour les quatre millions de salariés qui en possèdent, décidé par le gouvernement, pourrait donner un coup de pouce aux ventes, mais « ça ne sera jamais l’équivalent d’une prime à la casse », reconnaît M. Roudier. Cette prime avait soutenue le marché de 2009 à début 2011.
(Source : AFP)

