M. Sleiman a déploré les pertes en vies humaines, insistant sur le fait que la violence « ne peut jamais être un moyen de générer des solutions, mais elle complique davantage la crise et accentue les dangers de la division ». Il a de nouveau invité toutes les parties en Syrie à engager un dialogue « pour dégager une solution politique susceptible de réaliser l’intérêt national syrien ».
Certains aspects de la guerre en Syrie, comme l’enlèvement des deux évêques grec-orthodoxe, Boulos Yazizi, et syriaque-orthodoxe, Youhanna Ibrahim, ou l’implication du Hezbollah dans les combats aux côtés des forces du régime, préoccupent certains milieux politiques.
Hier, les députés grecs-orthodoxes ont tenu une réunion au bureau du vice-président de la Chambre, Farid Makari, pour discuter de l’affaire du rapt des deux prélats. Étaient notamment présents, outre M. Makari, les députés Nidal Tohmé, Fadi Karam, Atef Majdalani, Riad Rahhal, Antoine Saad, Nicolas Ghosn, Fadi Habre, Robert Fadel et Ghassan Moukheiber. Mme Nayla Tuéni s’est absentée pour cause de maladie et M. Joseph Maalouf pour cause de voyage.
C’est M. Moukheiber qui a donné lecture du communiqué final, affirmant que les personnes réunies ont passé en revue « les informations maigres disponibles à ce sujet et qui sont hautement inquiétantes », avant de dénoncer « un acte terroriste détestable ». Elles ont également pris connaissance des communiqués publiés par les patriarches grec-orthodoxe, Youhanna X Yazigi, et syriaque-orthodoxe, Mar Ighnatios Zakka 1er Iwas, à ce sujet. M. Moukheiber a indiqué que les parlementaires ont « repris à leur compte la teneur des deux textes qui appellent les chrétiens à rester attachés à leur terre et à s’inspirer des préceptes de l’Église, fondés sur l’amour, l’espérance et la vie digne aux côtés de leurs compatriotes au Liban et en Syrie ».
Les personnes réunies, a poursuivi M. Moukheiber, ont appelé les ravisseurs des deux évêques à les libérer sans tarder en même temps que deux autres prêtres enlevés en Syrie. Elles ont décidé d’engager à cette fin des contacts avec « toutes les parties influentes » et de se mettre à la disposition du patriarche Youhanna X et de l’Église orthodoxe.
Répondant aux questions de la presse, le député a expliqué que ce qui est inquiétant dans cette affaire, c’est le fait qu’« aucune partie n’a revendiqué l’enlèvement des deux prélats et l’absence d’informations à ce sujet ». « Voilà pourquoi nous accordons une attention particulière à ce crime que nous suivons jusqu’au bout pour garantir la libération, dans les délais les plus brefs, des deux évêques », a souligné M. Moukheiber.
Côté politique, le député Mohammad Hajjar s’est arrêté dans une déclaration à la Future TV, sur la participation du Hezbollah aux combats en Syrie, en relevant que « le sang des combattants de ce parti est versé au mauvais endroit ». Selon lui, le parti de Dieu s’est engagé dans la guerre en Syrie aux côtés des forces du régime de Bachar el-Assad, « sur seul ordre du commandement iranien parce que sa décision à ce sujet est en contradiction avec son idéologie et avec la philosophie qu’il développe normalement ». « Son idéologie se fonde sur le soutien aux plus faibles, aux victimes d’injustice et à la résistance contre Israël. Où en est-il des trois aujourd’hui ? » s’est interrogé M. Hajjar, avant de mettre l’accent sur la gravité des conséquences de cette implication dans le bourbier syrien. « Il s’agit d’un projet de discorde qui risque de s’étendre à l’ensemble du monde arabe et islamique et qui est de nature à exacerber l’intégrisme et à induire des ingérences étrangères », a-t-il dit.
L’ambassadeur de Slovaquie, Ivan Surkos, qui a rendu visite hier au président du conseil municipal de Saïda, Mohammad Saoudi, a dénoncé « toutes les menaces et les pressions syriennes sur le Liban », avant de souligner, en réponse à une question, que « le dialogue entre toutes les parties libanaises et les hommes politiques, ainsi que la préservation de la politique de distanciation par rapport à la guerre en Syrie, représentent une garantie pour le maintien de la stabilité au Liban ».
M. Surkos a qualifié de « véritable tragédie » ce qui se passe en Syrie, réaffirmant la disposition de son pays à aider les Syriens à édifier une nouvelle société, représentative de tous, une fois que les combats auront pris fin. « La mort et les destructions doivent s’arrêter sans tarder », a-t-il dit, en rappelant que son pays soutient unes solution pacifique en Syrie.

