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Moyen Orient et Monde - Transition

Escalade de violences en Libye

Des miliciens et des policiers assiègent respectivement les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur.
Après quelques mois d’une relative accalmie, les violences ont repris de plus belle en Libye où des hommes armés cernaient toujours hier le siège du ministère des Affaires étrangères à Tripoli, illustrant une nouvelle fois l’incapacité de l’État à rétablir l’ordre dans le pays, plus de 18 mois après la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Le ministère des Affaires étrangères, près du centre-ville, est assiégé depuis dimanche par des miliciens armés qui réclament l’exclusion des collaborateurs de l’ancien régime. Une trentaine de pick-up, dont plusieurs armés de canons antiaériens, ainsi que des dizaines d’hommes armés se trouvaient toujours près du bâtiment hier. Des pancartes portant des inscriptions exigeant l’adoption d’une loi prévoyant l’exclusion de la vie politique des collaborateurs de l’ex-régime étaient accrochées au portail. Le ministère « est toujours cerné et fermé », a indiqué Aymen Mohamed Aboudeina, membre du collectif des protestataires. Selon lui, « le siège ne sera levé que lorsque les revendications des protestataires seront satisfaites avec notamment le vote par le Congrès général national (CGN) du projet de loi sur l’exclusion politique des anciens collaborateurs de Mouammar Kadhafi ». En examen par le CGN, la plus haute autorité politique de Libye, cette loi provoque des remous au sein de la classe politique libyenne car elle risque de mettre sur la touche plusieurs hauts responsables du pays.
Hier toujours, des officiers de police en colère ont également envahi, comme la veille, le bâtiment du siège du ministère de l’Intérieur, pour réclamer des augmentations salariales et des promotions, selon des témoins. Quelques dizaines d’officiers ont pénétré dans l’édifice situé sur la route de l’aéroport, à une dizaine de kilomètre du centre de Tripoli, en tirant en l’air, selon les mêmes sources. « La situation s’est calmée maintenant. Les officiers voulaient juste faire entendre leur voix pour mettre fin à des injustices », a indiqué une source des services de sécurité. Ces incidents illustrent une escalade de la violence depuis quelques jours à Tripoli où un attentat à la voiture piégée a visé le 23 avril l’ambassade de France, faisant deux blessés parmi les gendarmes français et d’importants dégâts matériels.
Des attaques contre les services de sécurité ont repris par ailleurs dans l’est du pays, où un commissariat de police a été la cible d’un attentat samedi. Une brigade du ministère de la Défense a été également attaquée durant le week-end par des inconnus, tuant un soldat. En 2012, la ville de Benghazi a vécu au rythme d’assassinats contre des officiers de police ou de l’armée et d’attaques contre les intérêts occidentaux, dont le consulat américain où l’ambassadeur Chris Stevens a été tué ainsi que trois autres Américains. Ces attaques sont souvent attribuées à des islamistes extrémistes bien implantés en Cyrénaïque, dans l’est du pays, mais les autorités libyennes n’écartent pas que des partisans de l’ancien régime qui visent à déstabiliser le pays soient derrière ces attentats. Certains observateurs libyens estiment que l’escalade de la violence coïncide avec une campagne lancée par le gouvernement pour combattre des « milices hors la loi » qui voient leur influence et leurs intérêts menacés par le nouveau gouvernement du Premier ministre Ali Zeidan en fonction depuis novembre 2012.
(Source : AFP)
Après quelques mois d’une relative accalmie, les violences ont repris de plus belle en Libye où des hommes armés cernaient toujours hier le siège du ministère des Affaires étrangères à Tripoli, illustrant une nouvelle fois l’incapacité de l’État à rétablir l’ordre dans le pays, plus de 18 mois après la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Le ministère des Affaires étrangères, près du centre-ville, est assiégé depuis dimanche par des miliciens armés qui réclament l’exclusion des collaborateurs de l’ancien régime. Une trentaine de pick-up, dont plusieurs armés de canons antiaériens, ainsi que des dizaines d’hommes armés se trouvaient toujours près du bâtiment hier. Des pancartes portant des inscriptions exigeant l’adoption d’une loi prévoyant l’exclusion de la vie politique des...
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