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Le Premier ministre syrien échappe à un attentat à Damas

AFP
29/04/2013
Le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi a échappé lundi à un attentat à Damas, le premier du genre contre un dirigeant depuis l'assassinat de quatre hauts responsables du régime en juillet 2012.

Dans le même temps, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a redemandé aux autorités syriennes d'autoriser "sans délai et sans condition" une équipe d'experts de l'ONU à enquêter sur place sur l'utilisation d'armes chimiques.

Mais la Russie a mis en garde contre une répétition du scénario irakien en Syrie, consistant à utiliser l'argument de recherche d'armes de destruction massive comme prétexte pour renverser le président Bachar al-Assad.

En poste depuis août 2012, après la défection de son prédécesseur Riad Hijab, Waël al-Halaqi a échappé à un attentat à Damas, qui a fait six morts, dont l'un de ses gardes du corps, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A l'aide d'une télécommande, une voiture piégée a explosé au passage de son convoi dans le quartier ultra-sécurisé de Mazzé, situé dans l'ouest de la capitale syrienne et où se trouvent des bâtiments gouvernementaux, des sièges des services de renseignement et des résidences de responsables politiques.

Le photographe de l'AFP a vu plusieurs véhicules calcinés et d'autres aux vitres brisées. Des fenêtres d'immeubles avoisinants ont volé en éclats.

Le chef du gouvernement, cité par la chaîne syrienne d'informations en continu Al-Ikhbariya, a déclaré que l'attentat était "la preuve du découragement et du désespoir des groupes terroristes face aux exploits de l'armée syrienne".

Le régime désigne par "terroristes" les rebelles.

Par ailleurs, le même jour, selon l'OSDH, un raid de l'aviation a visé le village natal du Premier ministre, Jassem, dans la région de Deraa (sud), où les rebelles sont présents. Onze personnes, dont huit insurgés, ont été tuées.

Combats autour de l'aéroport de Damas

Selon l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants, médecins et avocats à travers la Syrie, des combats opposaient par ailleurs soldats et rebelles près de l'aéroport international de Damas, situé à 27 km au sud-est de la capitale, entraînant provisoirement une coupure du trafic aérien.

Selon une source de sécurité, il y a eu vers 06H30 (03H30 GMT) un accrochage avec un petit groupe armé sur l'autoroute menant à l'aéroport, qui a été fermé durant une heure.

Le journal al-Watan, proche du régime, a fait état pour sa part d'une "bataille des aéroports à Alep", la grande métropole du nord, avec la mobilisation par les "hommes armés" de "milliers de combattants". "Mais les services compétents ont réussi à contrer les attaques répétées", ajoute le quotidien.

Selon un bilan provisoire de l'OSDH, les violences ont fait au moins 41 morts lundi.

Alors que le débat sur l'utilisation par le régime d'armes chimiques contre la population agite les chancelleries occidentales, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lancé lundi un nouvel appel pressant aux autorités syriennes à autoriser "sans délai et sans condition" une équipe d'experts de l'ONU à enquêter sur place sur l'utilisation d'armes chimiques.

Cette équipe "reste prête à se déployer en Syrie dans un délai de 24 à 48 heures" suivant le feu vert de Damas, a répété M. Ban.

Mais le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a mis en question l'appel lancé par M. Ban.

"Cette demande du secrétaire général en référence à un événement, depuis oublié, nous rappelle des tentatives visant à répéter en Syrie une pratique analogue à celle de l'Irak, lorsque des recherches d'armes de destructions massives avaient été entreprises", a déclaré le ministre russe, dont le pays est l'un des derniers soutiens du régime de Damas.

L'argument des Etats-Unis concernant la présence d'armes de destruction massive en Irak avait servi à justifier l'invasion de ce pays en mars 2003, qui avait abouti au renversement du régime de Saddam Hussein. Cet argument s'était ensuite révélé faux.

La France a affirmé qu'elle n'avait "pas de certitude" sur l'utilisation d'armes chimiques. "Il y a des indices qui ont été donnés par les Anglais, aussi par les Américains. Nous, nous sommes en train de vérifier cela", a affirmé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

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