Pendant ce temps, le Parti socialiste progressiste se dirige vers un recours en invalidation de la loi qui a permis la suspension des délais constitutionnels, comme il l’avait promis. Quant au député Alain Aoun (CPL), il a estimé qu’« une convocation de l’Assemblée plénière au Parlement pour voter une nouvelle loi est inévitable ». Force est de noter que le député Aoun, attaché au projet du Rassemblement orthodoxe, n’a toujours pas proposé de projet de loi qui puisse lui être substitué, au sein de la commission. Le député Michel Moussa a souligné pour sa part hier la nécessité d’élaborer une loi électorale grâce à la communication bilatérale qui a repris au sein de la sous-commission parlementaire chargée d’élaborer la nouvelle loi électorale. M. Moussa a prévu la tenue de la séance parlementaire le 15 mai, à moins qu’il y ait des signes positifs permettant la tenue de la séance avant cette échéance. « La loi de 1960 est rejetée, et il faudrait rechercher une autre loi garantissant une bonne représentativité », a-t-il ajouté.
La course entre le gouvernement et la loi électorale est désormais amorcée, reste à savoir qui verra le jour en premier. Si Tammam Salam garde le silence concernant le choix de ses ministres, les différentes parties continuent d’exprimer leurs souhaits sur ce plan. Le ministre démissionnaire de l’Environnement, Nazem el-Khoury, a appelé à la formation d’un gouvernement de grande coalition. À propos de la position du chef de l’État vis-à-vis des modes de scrutin et du tiers de blocage, il a affirmé que le président Sleiman n’avait pas défini de conditions. « Il importe au président que le nouveau gouvernement représente toutes les parties politiques », a-t-il déclaré. Le ministre de la Culture Gaby Layoun a remarqué pour sa part que « les choses évoluent positivement, et qu’un changement qualitatif apparaît sur ce plan ». Enfin, le ministre sortant de l’Information, Walid Daouk, a démenti les propos faisant état des tentatives menées par le député Walid Joumblatt pour mettre en place un gouvernement de fait accompli. Il n’a pas écarté la possibilité d’observer à ce titre des concessions de la part du chef du PSP quant à la formation du prochain gouvernement, exhortant les différentes composantes politiques à modeler leur conduite en ce sens et à faire prévaloir l’intérêt général. Quant au dossier de la loi électorale, M. Daouk a rassuré le peuple libanais sur la capacité du président de la Chambre, Nabih Berry, à trouver des solutions adéquates au problème au moment opportun. « Le mode de scrutin proportionnel est le meilleur. Néanmoins, à défaut de consensus, nous adopterons la loi de 1960 », a-t-il précisé.

