Environ 200 militants de partis de droite et d’extrême-droite se sont précipités devant le Parlement pour protester contre la candidature de M. Prodi. Yara Nardi/Reuters
M. Prodi, que la gauche avait choisi tôt hier comme nouveau candidat, a recueilli près de 395 voix, bien loin des 504 votes nécessaires. Il lui a manqué notamment une centaine de voix de son propre camp. Sur 1 007 grands électeurs, 732 ont participé au vote. Le centre-droit refusait avec vigueur ce candidat proposé par le Parti démocrate (PD) qui a été dans le passé le grand adversaire politique de Silvio Berlusconi et avait donné la consigne de ne pas participer. La majorité absolue (504 voix sur 1 007 électeurs) est requise depuis le quatrième tour de scrutin.
Le candidat des contestataires du Mouvement 5 Étoiles (M5S) de l’ex-humoriste Beppe Grillo, le constitutionnaliste Stefano Rodotà, a obtenu 213 voix à ce quatrième tour. La ministre de l’Intérieur Anna Maria Cancellieri, soutenue par Scelta Civica, le mouvement centriste du président du Conseil Mario Monti, a recueilli 78 voix, et l’ancien président du conseil de centre-gauche, Massimo D’Alema, 15.
Le nom de l’ancien président de la Commission européenne a déclenché la fureur du camp de Silvio Berlusconi dont le professeur d’économie de 73 ans, qui l’a battu à deux reprises lors de législatives, est la bête noire. Environ 200 militants de partis de droite et d’extrême-droite se sont précipités devant le Parlement pour protester. « Le diable s’habille en Prodi » (au lieu de Prada), avait écrit sur un T-shirt Alessandra Mussolini, sénatrice du PDL de Silvio Berlusconi et petite-fille du dictateur Benito Mussolini. La police a dû intervenir pour calmer les esprits, alors que des militants de gauche répliquaient en chantant « Bella Ciao », le chant des partisans communistes italiens.
(Sources : agences)

