D’après les instituts de sondage, l’actuel Premier ministre pourrait connaître un bref regain de popularité après la mort de Margaret Thatcher, dont les onze années de pouvoir, de 1979 à 1990, ont profondément marqué et divisé la société britannique. Mais dans son camp, certains regrettent ouvertement l’absence à la tête du pays d’une personnalité aux convictions aussi solidement chevillées au corps. « Elle croyait au combat d’idées, chose que nous aimerions voir revenir dans la vie politique d’aujourd’hui », a ainsi déclaré le député conservateur Conor Burns, ami de Margaret Thatcher, lors d’un débat parlementaire sur l’héritage qu’elle a laissé. Conor Burns a raconté qu’un jour un chauffeur de taxi lui avait déclaré que la Grande-Bretagne n’avait plus connu de bon Premier ministre depuis Margaret Thatcher. Cette dernière était de cet avis, a-t-il ajouté. David Cameron a ri mais le moment fut embarrassant pour lui.
Contrairement à Margaret Thatcher, qui pouvait s’appuyer sur le seul Parti conservateur, David Cameron est contraint de gouverner à la tête d’une coalition avec les libéraux démocrates, plus centristes. Mais l’actuel Premier ministre a aussi effectué le choix stratégique de chercher à adoucir l’image de son parti, souvent présenté comme le nasty party (parti méchant), léguée par la Dame de fer.
Cette orientation est contestée par certains conservateurs, qui lui reprochent de gouverner au gré des sondages. « Les meilleurs dirigeants politiques, comme Margaret Thatcher, savent d’instinct ce que veut le peuple et où ils se situent, ils n’ont pas besoin de sondages d’opinion, et les pires dirigeants politiques sont ceux qui ont besoin de s’appuyer sur des sondages parce qu’ils sont eux-mêmes indécis », a déclaré un autre député conservateur, Philip Davies.
Grogne
Le journal The Sun, plus gros tirage de la presse britannique, a ajouté sa touche au contraste peu flatteur établi par les détracteurs de David Cameron. Citant un ami de Margaret Thatcher, il rapporte que cette dernière était tellement consternée par sa gestion du pays qu’elle ne voulait pas mourir tant que David Cameron serait au 10, Downing Street. « Avec tant de mollesse manifestée au cours des trois dernières années, il n’est guère étonnant qu’elle ait été consternée par son action », écrit The Sun.
En février, la décision de David Cameron de soutenir le mariage homosexuel a coupé son parti en deux. En mars, la troisième place du Parti conservateur lors d’une élection législative partielle, derrière le Parti de l’indépendance (UKIP), anti européen, a ravivé les critiques à son encontre. Il est douteux que David Cameron soit ouvertement défié en interne d’ici aux élections de 2015, mais son incapacité à relancer l’économie et les 10 points d’avance des travaillistes dans les intentions de vote alimentent la grogne.
« Il y a des critiques implicites et Cameron se trouve dans une position difficile », remarque Joe Twyman, directeur des recherches politiques et sociales à l’institut YouGov. Selon lui, certains conservateurs « regardent la Dame de fer à travers des lunettes roses, se souviennent qu’elle a remporté trois élections et se disent “c’est ce qu’il nous faut aujourd’hui” ».
Un sondage de l’institut Comres pour The Independent on Sunday et le Sunday Mirror montre que 88 % des électeurs conservateurs jugent que la Grande-Bretagne a besoin de responsables politiques avec davantage de convictions, comme Margaret Thatcher. Prié de se comparer à la Dame de fer, David Cameron a paru gêné. « Je pense que nous vivons tous dans son ombre », a-t-il dit à Sky News. « Mais je crois qu’il nous faut aussi admettre que les temps changent et que des approches différentes sont nécessaires. »
(Source : Reuters)


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