La Constitution fait bien les choses. En stipulant clairement que la formation du cabinet et la répartition des portefeuilles sont exclusivement du ressort du Premier ministre, et que les concertations que mène ce dernier ne sont en aucun cas contraignantes, la Constitution garde à Tammam Salam toutes ses chances de réussir. Il est de son devoir, bien sûr, de tenter d’assurer une majorité parlementaire favorable à son gouvernement pour obtenir la confiance des députés, mais rien ne l’oblige, légalement, à satisfaire les « caprices » de toutes les parties. Et Tammam Salam compte bien user de tous ses droits pour mener à bien sa mission. Son attitude et sa manière de mener les concertations depuis sa résidence de Mousseitbé et de garder le silence, loin des projecteurs et des médias, révèle une volonté de produire un cabinet qui soit à la hauteur de ses attentes et de celles des Libanais, aux dépens des convoitises des politiciens. Par ailleurs, il semblerait que le nouveau Premier ministre soit contraint de contrarier une partie, pour éviter les impasses. En effet, il est clair aujourd’hui que ses aspirations et celles du 8 Mars sont divergentes au plus haut point, et qu’il devra bientôt leur rappeler clairement qu’il a le dernier mot dans cette affaire.
La réunion, samedi, des pôles du 8 Mars avec Tammam Salam s’est terminée sur une fausse note. Le nouveau Premier ministre, en fait, s’est pris les pieds dans une liste trop longue de réclamations, comprenant notamment un butin précieux acquis, tels les ministères de l’Énergie et des Télécoms, une vieille arme de guerre toujours utile, le tiers de blocage et la formule magique « armée-peuple-résistance ». Le tout au sein d’un gouvernement politique par excellence et représentatif de la taille des blocs. Parmi les arguments du 8 Mars, entre autres, la nécessité de garder Nicolas Sehnaoui et Gebran Bassil en place pour leur permettre de poursuivre les projets déjà entamés, « qui risquent d’être sabotés par un 14 Mars vindicatif et rancunier ». Mais aussi la primauté d’un gouvernement politique après l’accord de Taëf, qui a concentré le pouvoir décisionnel au sein du Conseil des ministres, aux dépens des prérogatives du président de la République.
« Éteignons les moteurs », a répondu Tammam Salam, pour ne pas faire la sourde oreille. Il ne faudrait surtout pas, en effet, que la barque continue d’avancer vers des horizons indésirables. Tammam Salam a fait ses choix et déterminé les critères qu’il aimerait adopter dans la formation d’un nouveau cabinet. N’en déplaise au 8 Mars, il espère travailler avec des personnalités politiques non partisanes, non provocatrices, représentatives de toutes les communautés libanaises, au sein d’un cabinet réduit comprenant 14 à 24 ministres. Les gouvernements d’union nationale n’ont que trop échoué jusque-là et Tammam Salam cherche à produire un choc positif pour le Liban, et réussir à organiser les élections dans les délais, à défaut de quoi il démissionnera, toutes affaires cessantes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Constitution fait bien les choses. En stipulant clairement que la formation du cabinet et la répartition des portefeuilles sont exclusivement du ressort du Premier ministre, et que les concertations que mène ce dernier ne sont en aucun cas contraignantes, la Constitution garde à Tammam Salam toutes ses chances de réussir. Il est de son devoir, bien sûr, de tenter d’assurer une majorité parlementaire favorable à son gouvernement pour obtenir la confiance des députés, mais rien ne l’oblige, légalement, à satisfaire les « caprices » de toutes les parties. Et Tammam Salam compte bien user de tous ses droits pour mener à bien sa mission. Son attitude et sa manière de mener les concertations depuis sa résidence de Mousseitbé et de garder le silence, loin des projecteurs et des médias, révèle une volonté de...