Nous avons besoin de ministres qui ne se mêlent pas de politique et laissent ce soin à leur Premier ministre et au président de la République. Puisque c’est un gouvernement qui a la responsabilité de mener à bien les élections et de rétablir la sécurité, cette tâche doit incomber aux seuls ministres de l’Intérieur et de la Défense, secondés par les départements administratifs et sécuritaires qui leur sont rattachés.
Nous avons plutôt besoin de ministres qui gèrent le pays dans un climat de croissance, de rigueur, et non par des discours vexatoires, des conférences fallacieuses, des diatribes hargneuses, des projets piégés. Ce sont les technocrates et eux seuls qui peuvent pallier ces besoins en s’attelant à trouver les solutions adéquates aux projets en suspens tels que :
1. Cette maudite autoroute du Nord (cauchemar de milliers de Beyrouthins) qui attend toujours son sauveur, malgré le grand nombre de députés, de ministres, de Premiers ministres (tous politiciens) qui l’empruntent régulièrement, à l’évidence indifférents et insensibles.
2. Le gouffre dans lequel EDF s’est enfoncée, en autorisant les investisseurs à produire et distribuer l’électricité et économiser ainsi des milliards de dollars à l’État.
3. Ce projet de Libnor qui dort dans les tiroirs de l’administration pour l’aménagement de la côte depuis le fleuve de Beyrouth jusqu’à Antélias, et trouver ainsi une solution à une seconde voie rapide vers le Nord.
4. Le remblayage de la mer, là où il y a lieu de gagner des terrains pour des projets touristiques, économiques et d’habitat. L’exemple de Solidere est probant. Singapour et Monaco, bâtis sur le remblayage de la mer, sont là pour témoigner de l’efficacité de l’élargissement en mer, surtout pour un petit pays comme le nôtre, dont plus de la moitié est formée de hautes montagnes et de vallées profondes.
5. Ce fleuve de Beyrouth qui est devenu un énorme égout à ciel ouvert.
6. Cette voie névralgique qui part du rond-point as-Sayad, passe près de l’Hôtel-Dieu, sous la place Sassine, pour accéder à l’autoroute côtière de Beyrouth.
7. Ces parkings sous les jardins publics, sous les grandes places et les grands axes routiers promis depuis des années. Devant l’explosion du bâtiment et des grands centres de commerce et d’habitation, nous nous demandons comment nous allons pouvoir circuler et stationner en l’absence de parkings publics, de transports en commun réglementaires et d’agents de la circulation compétents.
8. Tous les projets qui dorment dans les archives de l’État... Ne serait-ce que les barrages, le chemin de fer, l’aéroport de Hamate (pas de Kleïate). Le projet Elissar pour la banlieue sud de Beyrouth, l’allègement de la circulation sur le tronçon Sarba-Casino de l’autoroute du Nord en procédant à la construction d’une voie rapide supérieure, etc.
Il y a aussi tous les projets en souffrance, et bien d’autres. L’essentiel est de trouver le financement adéquat. D’où la nécessité de laisser aux deux pôles de l’État le soin de diriger la politique intérieure et extérieure en tissant des liens amicaux avec tous les pays donateurs, sans aucune distinction (spécialement les plus riches d’entre eux), pour assurer les fonds nécessaires pour la survie de ces projets.
Ce ne sont pas les ministres politiciens enlisés dans la politique politicienne et monétaire qui vont réveiller ces projets, mais les ministres technocrates spécialisés dans les domaines qui leur sont confiés. Ce sont ceux-là qui vont pousser à la réalisation des projets urgents qui traînent dans les méandres administratives, et ainsi assainir le climat économique, commercial et touristique du pays.
Émile SFEIR


Monsieur Sfeir, votre article est excellent! Je suis tout a fait d'accord avec vous. Pourvu que cela se realise... M. Tamam Salam a l'air d'etre tres determine en tout cas. Esperons...
09 h 42, le 16 avril 2013