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Santé - Reportage

La sève de bouleau, « une boisson miracle pour la santé »

Des chercheurs de l’Université de Riga ont mis l’accent sur les propriétés antioxydantes de la sève de bouleau et sur ses effets anti-âge.

Linards Liberts récoltant la sève de bouleau. Ilmars Znotins/AFP

Quand le printemps fait fondre les dernières neiges, la tranquillité des immenses forêts de Lettonie est à peine troublée par un goutte-à-goutte presque imperceptible. C’est la saison de la sève de bouleau, réputée pour ses vertus thérapeutiques.
On « saigne » l’arbre pendant la montée de sa sève, selon une tradition ancestrale, qui ressemble à celle du sirop d’érable. C’est avant que le jus ne commence à circuler et les premières feuilles n’apparaissent qu’il faut percer un trou horizontal dans le tronc des centaines de milliers de bouleaux du pays.
Des petits tubes noirs émergent des écorces blanches. Dégouline alors dans des sacs en plastique un liquide clair et sucré qui est une des boissons les plus populaires du pays depuis des siècles.
Pendant la saison qui commence vers la fin mars et dure jusqu’à la mi-avril, un arbre peut donner chaque jour entre un et deux litres de cette sève considérée par les Lettons comme une boisson miracle pour la santé. Riche en oligoéléments, elle est de plus en plus présente dans les rayons de médecine naturelle des magasins bio d’Europe. En naturothérapie, elle est appréciée pour ses vertus dépuratives et revitalisantes, prisée pour libérer l’organisme de ses toxines au printemps.
La rigueur des températures est de bon augure. « Plus l’hiver est froid, plus le jus est sucré, estime Linards Liberts, 34 ans, expert et récoltant. Notre jus est si spécial parce que nous avons, à la différence de la France ou de l’Italie, des hivers particulièrement rudes. »
Et cette année, le jus de bouleau sera particulièrement sucré. Pour Linards Liberts, la sève de bouleau est devenue le principal produit de sa petite ferme écologique à Ikskile, petite ville dans le centre de la Lettonie. « Je traite le jus de bouleau toute l’année, mais pour ces deux à trois semaines, je suis totalement
obsédé ! » dit-il en riant.
Pendant cette période, sa cave n’a presque rien à envier à une cave d’un vignoble français. Mais, au lieu du jus de raisin, c’est le jus de bouleau qui fermente et sert de base aux vins, pétillants ou non, aux sirops, à la limonade et aux schnaps, le tout mis en bouteille et vendu à des prix élevés.
« J’ai seulement quelque 200 arbres. Par rapport à la production de sirop d’érable au Canada, où même les plus petites exploitations ont des milliers d’arbres, nous sommes des nains », sourit-il.
Pourtant, Liberts s’est déjà taillé une réputation internationale. Après une prestation lors d’une foire des produits bio en Allemagne en février, il a dû refuser la plupart des commandes, faute d’avoir suffisamment de jus. « Les gens ont été surpris par la fraîcheur et le goût pur, surtout qu’ils avaient goûté auparavant des versions édulcorées et pasteurisées de jus, populaires au Belarus et en Russie », dit-il.

Un jus prisé en cosmétique et en gastronomie
La sève de bouleau est également prisée par l’industrie cosmétique. Les recherches sur ses effets anti-âge, effectuées par l’Université de Lettonie à Riga, ont incité une société locale à proposer une nouvelle ligne de produits.
« La sève de bouleau stimule à la fois la croissance des cellules du derme et de l’épiderme, elle retarde leur vieillissement », assure Lotte Tisenkopfa-Iltnere, fondatrice d’une société de cosmétiques.
Les études menées par le Dr Janis Ancans de l’Université de Riga ont également confirmé ses fortes propriétés antioxydantes. « Non seulement le jus de bouleau rajeunit, mais il protège également les cellules de la peau contre le stress oxydatif, y compris des rayons ultraviolets, de la pollution et des effets d’inflammation », a révélé son étude récente.
Le précieux liquide commence à être prisé aussi par la nouvelle génération de chefs de cuisine. « Il est particulièrement bon pour pocher un poisson, pour préparer des sirops et des sauces », indique ainsi le chef Martins Sirmais, copropriétaire de plusieurs restaurants en vogue de la capitale lettone.

(Source : AFP)
Quand le printemps fait fondre les dernières neiges, la tranquillité des immenses forêts de Lettonie est à peine troublée par un goutte-à-goutte presque imperceptible. C’est la saison de la sève de bouleau, réputée pour ses vertus thérapeutiques.On « saigne » l’arbre pendant la montée de sa sève, selon une tradition ancestrale, qui ressemble à celle du sirop d’érable. C’est avant que le jus ne commence à circuler et les premières feuilles n’apparaissent qu’il faut percer un trou horizontal dans le tronc des centaines de milliers de bouleaux du pays.Des petits tubes noirs émergent des écorces blanches. Dégouline alors dans des sacs en plastique un liquide clair et sucré qui est une des boissons les plus populaires du pays depuis des siècles.Pendant la saison qui commence vers la fin mars et dure...
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