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Nos lecteurs ont la parole

Du « mariage pour tous » à l’alliance pour tous

Par Ronald BARAKAT
« Que votre parole soit oui, oui, non, non ;
ce qu’on y ajoute vient du Malin. » (Matthieu 5 : 37)

Sur la question du « mariage pour tous » qui fait l’objet d’un débat, voire d’une controverse, en France, nous assistons, ici et là, à une participation non seulement laïque mais cléricale, au débat, comme si cette question était négociable d’un point de vue doctrinal. Or faut-il rappeler à nos chers pasteurs, les jeunes d’entre eux surtout, qui se prêtent aux échanges (sur les réseaux sociaux et ailleurs) dans un esprit postmoderne, démocratique, rationnel, même laïque, que la Bible, dans l’Ancien et le Nouveau Testament, et les Églises catholique et orthodoxe ont déjà scellé la question en condamnant, en amont, le rapport homosexuel, tout court, avant que d’en arriver à la question de sa consécration en un mariage ? Faut-il leur rappeler les versets Genèse 19 : 1-13 ; Lévitique 18 : 22; Lévitique 20 : 13 ; Romains 1: 26-27 ; 1 Corinthiens 6 : 9?
Faut-il leur rappeler que la Parole de Dieu, à travers les Écritures, est immuable, atemporelle, et non évolutive et adaptable à loisir, selon le contexte et les circonstances, surtout lorsqu’il s’agit de questions de principe dont les énoncés bibliques sont clairs comme de l’eau de roche et ne peuvent prêter à confusion ou se prêter à des transformations et diverses interprétations ? Faut-il leur apprendre que cette ouverture exagérée d’esprit, ce dialogue qui s’insère entre le « oui, oui » et le « non, non », vient du Malin ?
Que la religion n’est pas une philosophie, mais un dogme, et que les réflexions et débats doivent tourner autour des piliers qui soutiennent le temple de la chrétienté (ou ce qu’il en reste) et non pas saper ces piliers, l’un après l’autre, au point de voir des pans entiers de ce temple s’écrouler.
À ce cartésianisme postmoderne dans l’interprétation des textes bibliques, à cette allégorisation du récit évangélique, à cette édulcoration du message christique, à cette rationalisation du spirituel, à cette banalisation du sacré, finalement à cette perte du merveilleux, faut-il maintenant ajouter un « sacrement » antichrétien, en phase avec les mœurs d’une société tyrannisée de démocratie, de libéralisme et de tolérance, affolée de libre-pensée, imbue des droits de l’homme lorsqu’il doit « s’éclater » et non lorsqu’il se fait éclater (comme en Syrie et ailleurs) ? A-t-on besoin de cette « licence matrimoniale », délivrée à tous, qui vient s’ajouter à la désacralisation du christianisme à travers le monde, en Orient comme en Occident, par le galvaudage de sa symbolique à coups de crucifix plantés et tatoués n’importe où, cousus sur des pantoufles, transformés en pendentifs excitants pour topless et exhibitionnistes, et qui sont à mille lieues de susciter les réactions des croyants offensés par les caricatures sur le prophète Mohammad ?
Pour adopter un ton plus affirmatif, il convient de rappeler à nos jeunes et moins jeunes prêtres qui, dans la foulée du Nouvel Âge, en arrivent à développer une nouvelle théologie, aidés peut-être en cela par une nouvelle pédagogie scolastique libérale, adaptée aux mœurs des temps postmodernes, que leur rôle n’est pas d’engager des débats sur des questions dogmatiques bien arrêtées, mais d’engager un combat contre les théories et pratiques destinées à vider le christianisme de son contenu et la chrétienté de ses éléments pour faire du chrétien une étiquette, une identité géographique sans histoire, une dénomination creuse, sans substance, au mieux une culture sans esprit. Il convient de les rappeler à leur mission qui consiste à prêcher la bonne parole, lui restituer son sens authentique, répandre la Bonne Nouvelle, avec ses restrictions et ses contraintes, indispensables pour la constitution d’une personnalité et d’une humanité équilibrées et épanouies, d’une communauté véritablement chrétienne, exemplaire, heureuse, solidaire et en harmonie avec son environnement composé d’autres communautés de croyants et d’incroyants, comprenant les homosexuels, sous l’égide d’un État démocratique et laïque, à même de préserver les mœurs et les droits de tous, y compris les chrétiens, les véritables, forcément minoritaires, mais qu’importe le nombre puisqu’« il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus » (Mt 22-14). Car si la tolérance sur les questions de principe ne peut être admise, elle est par contre chrétiennement recommandée dans le rapport à l’autre, le différent, et c’est en montrant le vécu chrétien selon la norme évangélique, sans déformations, sans écarts, sans excès et sans détours que le chrétien sera séduisant ; c’est en montrant une éthique chrétienne régie par l’amour (y compris l’amour des ennemis !), la bienséance et la bienfaisance, par le respect des valeurs, que le chrétien sera exemplaire et attrayant ; c’est en montrant des enfants sains, équilibrés, issus d’un modèle parental mixte (il convient de nos jours de le préciser), qui ont pu vivre normalement leur Œdipe, s’identifier à un père et une mère, et non à « deux pères » ou « deux mères », qui ont psychiquement intégré et reproduit ce modèle, sans risque de corruption ou de contamination par l’autre modèle, qui ont été imprégnés d’éducation chrétienne, que la structure familiale chrétienne sera la bonne.
C’est donc à vous d’abord, jeunes et moins jeunes prêtres des temps postmodernes, de nous servir un peu de tradition, de ne pas tomber dans le piège polémique, de ne pas vous démocratiser outre mesure, de ne pas vous aventurer en terrain neutre, glissant de votre côté, mais de transformer le débat « pour ou contre », ou « ni pour ni contre », en un combat pour les vertus du christianisme et contre les vices d’un libéralisme débridé ; c’est à vous de ne pas vous mêler à la confusion et de la dissiper en apportant non pas la paix aux consciences amorales, mais l’épée, afin de séparer le bien du mal, le vrai du faux, le bon du mauvais, et ce conformément au verset « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée » (Mt. 10-34). C’est à vous de sonner courageusement la cloche de la Vérité avant que ne sonne le glas de la chrétienté. C’est à vous de rallier le plus d’ouailles par un démarchage spirituel dans votre paroisse, par des campagnes d’éveil, de persuasion et de sensibilisation. C’est à vous, « pêcheurs d’hommes », d’interpeller les pécheurs, et non de discuter avec eux, la Vérité n’étant pas relative, mais absolue. C’est à vous d’opérer la Métanoïa, la repentance, le changement, la conversion, de remplacer le thème du « Mariage pour tous » par celui de « l’Alliance pour tous ».
« Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du Malin. » (Matthieu 5 : 37)Sur la question du « mariage pour tous » qui fait l’objet d’un débat, voire d’une controverse, en France, nous assistons, ici et là, à une participation non seulement laïque mais cléricale, au débat, comme si cette question était négociable d’un point de vue doctrinal. Or faut-il rappeler à nos chers pasteurs, les jeunes d’entre eux surtout, qui se prêtent aux échanges (sur les réseaux sociaux et ailleurs) dans un esprit postmoderne, démocratique, rationnel, même laïque, que la Bible, dans l’Ancien et le Nouveau Testament, et les Églises catholique et orthodoxe ont déjà scellé la question en condamnant, en amont, le rapport homosexuel, tout court, avant que d’en arriver à la question de sa...
commentaires (3)

Waw...beau,bien ecrit...quelle fougue...je suis d'accord avec presque tout...mais pas avec cette vision figée des Ecritures...faut-il rapeller,une fois de plus,qu'à la dfifférence des textes juifs et musulmans,nos Ecritures ne sont pas sacrées,mais saintes.la nuance est d'importance.pour le reste,oui,bien sûrl'Eglise a ses règles et on ne peut pas être à la fois dehors et dedans...Mais est aussi dit de ne pas juger de crainte d'être jugé....et que celui qui n' a pas pêché jette la première pierre...l'épée de vérité ranche pour le meilleur,pas pour le pire...la religion est une FOI,pas un dogme...Jésus a dit Hommes de peu de Foi,pas hommes de peu de dogme!

GEDEON Christian

20 h 04, le 12 avril 2013

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Commentaires (3)

  • Waw...beau,bien ecrit...quelle fougue...je suis d'accord avec presque tout...mais pas avec cette vision figée des Ecritures...faut-il rapeller,une fois de plus,qu'à la dfifférence des textes juifs et musulmans,nos Ecritures ne sont pas sacrées,mais saintes.la nuance est d'importance.pour le reste,oui,bien sûrl'Eglise a ses règles et on ne peut pas être à la fois dehors et dedans...Mais est aussi dit de ne pas juger de crainte d'être jugé....et que celui qui n' a pas pêché jette la première pierre...l'épée de vérité ranche pour le meilleur,pas pour le pire...la religion est une FOI,pas un dogme...Jésus a dit Hommes de peu de Foi,pas hommes de peu de dogme!

    GEDEON Christian

    20 h 04, le 12 avril 2013

  • Du temps des écritures on croyait que les homos étaient des pervers sexuels tout court. Il y en a certes un pourcentage, mais pour la plupart c'est un accident génétique. Donc responsabilité de la Mère Nature. OU... de DIEU ! Il faut leur permettre de se marier et de vivre en couples, mais... pas d'adopter des enfants, ça c'est une toute autre question.

    SAKR LEBNAN

    13 h 30, le 12 avril 2013

  • Excellent et O combien vrai!

    Pierre Hadjigeorgiou

    12 h 32, le 12 avril 2013

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