« Il y a trois ans, une agence nationale de lutte contre le dopage, Rusada, a été créée pour contrôler l’usage des drogues dans le sport », a déclaré Balakhnichev dans une interview exclusive à l’AFP.
« La situation a radicalement changé depuis que le ministre russe des Sports a décidé de moderniser les équipements techniques du laboratoire antidopage à Moscou et d’accroître les qualifications du personnel », a expliqué Balakhnichev.
« Maintenant les résultats se font sentir, dans la mesure où le laboratoire ne se contente pas de faire des tests mais met en œuvre régulièrement de nouvelles méthodes d’analyses utilisées dans le monde », a-t-il souligné.
La multiplication ces derniers mois des suspensions pour dopage d’athlètes russes parmi lesquelles la lanceuse de marteau Olga Kuzenkova, médaillée d’or aux JO 2004 d’Athènes, a provoqué des appels à retirer à Moscou l’organisation des championnats du monde d’athlétisme en août.
La sauteuse en longueur britannique Jade Johnson a déclaré en mars à la BBC que la Russie ne méritait pas d’organiser les championnats du monde d’athlétisme en raison des scandales de dopage dans ce pays.
L’entraîneur des athlètes britanniques Peter Eriksson a pour sa part appelé à une enquête.
Balayant les critiques, Balakhnichev a indiqué que « les athlètes et entraîneurs britanniques feraient mieux de regarder de près ce qui se passe chez eux ». Il a par ailleurs estimé que l’introduction du passeport biologique de l’athlète – document électronique relevant les résultats de contrôles antidopage subis par un sportif – avait créé de sérieux problèmes dans le monde du sport, en général, et en Russie, en particulier.
« À l’époque soviétique, les écoles de sport pour enfants et adolescents étaient chargées de l’éducation des jeunes athlètes, avec les organisations de jeunesse », a-t-il observé.
« Après la chute de l’Union soviétique, nous avons perdu les valeurs morales qui incitaient les athlètes à ne pas tricher », a-t-il estimé.
« Pour sortir vainqueur dans la lutte contre le dopage, je crois que nous devrions garder dans notre pays le contrôle total sur le sport, depuis l’enfance jusqu’aux athlètes de classe internationale », a ajouté Balakhnichev, en souhaitant de facto un retour au modèle en vigueur en Union soviétique.
La possibilité de se procurer facilement sur Internet des substances interdites en Russie joue également un rôle dans l’augmentation du nombre de cas de dopages dans le pays, selon Balakhnichev. Outre Kuzenkova, trois autres sportifs russes, la sauteuse en longueur Tatyana Kotova, triple vice-championne du monde, la spécialiste du demi-fond Olesya Syreva et l’haltérophile Oleg Perepetchenov ont été suspendus pour dopage au cours du seul mois de février.
Les initiatives de la Russie en matière de lutte contre le dopage sont très suivies dans la perspective des Mondiaux d’athlétisme ainsi que des Jeux olympiques d’hiver en 2014 à Sotchi, station balnéaire au pied des montagnes du Caucase.
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