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Moyen Orient et Monde

Kim Jong-un et tous ses masques...

Du père guidant son peuple au chef de guerre défiant Goliath, la propagande nord-coréenne a transfiguré le jeune dirigeant Kim Jong-un au gré de la surenchère belliqueuse du régime face à Séoul et Washington. Ces dernières semaines, les médias ont modifié les représentations communes du « leader suprême » dans le dessein manifeste de « durcir » l’image de cet homme au visage poupin et à la démarche pataude.
Dès après sa prise du pouvoir à la mort de son père Kim Jong-il fin 2011, le jeune Kim, troisième du nom, est abondamment mis en scène dans un cadre militaire, en compagnie d’officiers de haut rang, roides et graves dans leurs grands uniformes. « Entouré des plus hauts gradés militaires, le jeune Kim gagnait probablement un certain degré de crédibilité sans avoir même servi dans l’armée », analyse Katy Oh de l’Institute for Defence Analyses d’Alexandria.
Mais à la mi-2012, le ton change. Les photos de Kim soldat ne disparaissent pas, mais elles sont plus rares et c’est le visage d’un homme bienfaisant, souriant, paternaliste, qui émerge sous les traits du guerrier. Comme avant lui son grand-père Kim Il-sung, fondateur du régime en 1948, puis son père, Kim dispense ses conseils de bonne planification dans les fermes, les ateliers, porte le message de l’avenir radieux de la République démocratique populaire de Corée dans les écoles. Plus extraverti que son père en public, le nouveau dirigeant s’amuse ostensiblement, prend du plaisir à son office et s’exhibe même dans un parc d’attraction. Et puis, ça et là, les médias d’État distillent des images de son épouse, une jeune femme élégante qui apporte une touche de modernité à un pays reclus et ruiné, où tout manque.
Dans son ouvrage The Cleanest Race, B.R. Myers, un expert de la propagande nord-coréenne, argue que la Corée du Nord défend une idéologie fondée sur la race prêtant aux Nord-Coréens des vertus morales plus élevées que les étrangers mais non pas physiques, les obligeant de ce fait à se placer sous la protection d’un leader. Nouvelle inflexion de l’image fin 2012, avec le lancement réussi d’une fusée (assimilée à Séoul et Washington à un missile) en décembre, puis un troisième essai nucléaire en février.
Le Kim soldat est omniprésent, gravissant des casemates, inspectant des tranchées, des batteries d’artillerie sur les îles de la frontière maritime en mer Jaune, dressé en proue d’un navire militaire, supportant sans ciller le vent et la pluie.
Du père guidant son peuple au chef de guerre défiant Goliath, la propagande nord-coréenne a transfiguré le jeune dirigeant Kim Jong-un au gré de la surenchère belliqueuse du régime face à Séoul et Washington. Ces dernières semaines, les médias ont modifié les représentations communes du « leader suprême » dans le dessein manifeste de « durcir » l’image de cet homme au visage poupin et à la démarche pataude.Dès après sa prise du pouvoir à la mort de son père Kim Jong-il fin 2011, le jeune Kim, troisième du nom, est abondamment mis en scène dans un cadre militaire, en compagnie d’officiers de haut rang, roides et graves dans leurs grands uniformes. « Entouré des plus hauts gradés militaires, le jeune Kim gagnait probablement un certain degré de crédibilité sans avoir même servi dans l’armée »,...
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