Le destin en Coupe Davis ne tient parfois qu’à un fil. Tout au long du week-end, les Français ont eu leurs chances mais ne les ont pas saisies, à l’image d’un dernier match palpitant entre Simon et Berlocq où les deux joueurs ont mis 3h48 à connaître leur destin final. 267 points joués et trois de plus seulement en faveur de « Charly » l’Albiceleste une fois le verdict rendu. Pour une poignée de points donc, Simon est accablé, pleure et doit être réconforté par tout un staff alors que l’autre hurle de son côté son bonheur.
Malheureusement pour le clan français, le Niçois n’a non seulement pas été la solution appropriée, mais a creusé un peu plus son passé difficile avec la compétition. En Argentine, il a confirmé que les matches à enjeu n’étaient pas son « truc ». Sur neuf rencontres de ce type, le Français n’en a remporté qu’une, face à Stefan Koubek au premier tour 2011 en Autriche. Le dernier match des Bleus qui s’était d’ailleurs soldé sur un cinquième match décisif, remporté par Jérémy Chardy face à Martin Fischer.
Ce week-end à Bueno Aires, Gilles Simon a sans doute rêvé d’être le héros d’un jour. Sauf que dans le Porque Roca, il n’a pas connu la délivrance attendue. Lui qui était arrivé en Amérique du Sud en tant que remplaçant est reparti avec le statut de victime.
Arnaud Clément expliquait en début de week-end que le Niçois, du haut de son treizième rang mondial, ne pouvait être que confiant face à Juan Monaco, 19e mondial et sans victoire sur le circuit cette saison, et Carlos Berlocq, 71e au classement ATP, lui qui avait déjà battu des joueurs bien mieux classés que lui. Mais s’il y a bien un événement où le classement n’a que peu d’importance, c’est bien la Coupe Davis.
L’ocre ne réussit pas aux Bleus
Pour la seconde fois de suite, les Bleus s’arrêtent en quarts de finale, comme face aux États-Unis l’an passé. Et remettent encore à l’année prochaine le rêve de s’emparer de ce saladier d’argent qui se refuse à cette génération, bleutée à défaut d’être dorée dans cette compétition.
En 2012, c’est Tsonga qui avait péché face à John Isner. À Bueno Aires, c’est lui qui a maintenu le groupe en vie. Sans pouvoir le sauver.
Gilles Simon, qui n’avait encore jamais joué de cinquième match décisif, rejoint dans le clan des déçus Michaël Llodra, battu par Viktor Troicki en finale 2010 contre la Serbie, ou encore Paul-Henri Mathieu, triple victime de la Russie, face à Mikhail Youzhny en finale en 2002, puis d’Igor Andreev et de Marat Safin en quarts de finale en 2005 et 2007. La France a l’art de cultiver ses héros malheureux.
Pour autant, il serait injuste de jeter la pierre à Gilles Simon, même si celui-ci entretient malgré lui le fait de ne pas briller avec les Bleus, car rien ne dit que la titularisation de Richard Gasquet ou d’un autre joueur en simple aurait changé la donne. De plus, pourquoi ne pas souligner que la défaite du double français a précipité les espoirs de victoire ?
Le fait d’avoir sur la touche l’un des meilleurs Français du moment, Richard Gasquet en l’occurrence, et l’un des meilleurs sur terre battue loin de son meilleur niveau (Gaël Monfils) n’a rien arrangé à l’affaire.
Car la terre battue, sur laquelle aucun Français n’avait encore évolué cette saison, a été encore fatale aux Bleus.
Après l’Espagne en 2011 et les USA en 2012, ils chutent pour la troisième année de suite sur cette surface qui leur apporte décidément bien des difficultés. Mais qui n’explique pas spécialement ce revers.
Arnaud Clément a maintenant dix mois pour remotiver ses troupes pour la campagne 2014.
Le Canada rejoint la Serbie
Outre Argentine-France à Buenos Aires, les trois autres quarts de finale se disputaient aussi ce week-end. La République tchèque a composté son billet pour les demies, tout comme le Canada qui jouera les demi-finales en Serbie, après la victoire de Milos Raonic face à Andreas Seppi, 6-4, 6-4, 3-6, 7-5, qui a assuré au Canada le point de la qualification aux dépens de l’Italie à Vancouver.
Et de trois pour Pavlyuchenkova à Monterrey
Trois participations, trois victoires. Anastasia Pavlyuchenkova est invincible à Monterrey. La Russe a remporté ce week-end la finale contre l’Allemande Angélique Kerber (4-6, 6-2, 6-4).
C’est son quatrième titre sur le circuit WTA, le troisième sur le tournoi mexicain. « C’est incroyable de battre une joueuse du top 10 comme elle, je l’avais déjà battue lors de notre précédente confrontation, mais là, c’est en finale, c’était encore plus difficile », a expliqué celle qui a gagné six places et occupe désormais le 20e rang du classement WTA.
(Source : AFP)


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