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Nos lecteurs ont la parole

Jahida Wehbé à l’IMA, ou le retour du « tarab »

Faten MOURAD
Il est parfois des concerts qui vous font vibrer, qui vous touchent, vous émeuvent et vous rendent heureux et comblé. Celui que vient de donner la chanteuse libanaise Jahida Wehbé à l’Institut du monde arabe à Paris en est un par excellence. Le concert était coproduit par Common’Prod, société dirigée par la très active et talentueuse libanaise Nayla Abdelkhaleq, qui a d’ailleurs permis à l’IMA de faire connaître deux nouveaux talents libanais, Rima Khcheich et Ghada Shbeir.
Actrice, cantatrice, compositrice, écrivaine, dramaturge et psychologue, Jahida est surtout dotée d’une voix qui ne laisse pas insensible. Elle maîtrise parfaitement son répertoire et chante magnifiquement les grands textes de la poésie arabe et occidentale: Mahmoud Darwish, Adonis, Talal Haïdar, Ounsi el-Hajj, Ahlam Mosteghanemi..., ainsi que des textes traduits du poète allemand Gunther Grass.
Elle arrive majestueuse dans une abaya, un sourire plein les lèvres. Accompagnée d’un orchestre de six personnes de nationalités différentes, avec le maître libanais du violon Claude Chalhoub, elle commence par les chansons de son dernier disque « Katabtany », qu’elle fait alterner avec la très connue chanson d’Asmahane Ya habibi ta3ala Lhakni Chouf Elli Garali, revue et corrigée, l’accordéon lui conférant un air latino et lui apportant une nette fraîcheur. Suit la chanson du grand Mohammad Abdel Wahab, Gafnouhou 3allamal Ghazal, sur les paroles du poète libanais al-Akhtal al-Saghir. Le public est très attentif et réceptif. Il y a eu des moments de pure musique quand chacun des membres de l’orchestre a joué en solo. Le mélange d’instruments traditionnels de musique arabe, comme le qanun et le bouzouk, s’harmonisait parfaitement avec ceux de la musique occidentale, comme l’accordéon et le saxophone. À la fin du concert, le public s’est mis debout pour applaudir et réclamer un bis. La chanteuse s’exécute avec la chanson du seul, de l’unique Wadih el-Safi 3indak Bahriya ya Rayyess, composée par Mohammad Abdel Wahab.
Jahida Wehbé, une chanteuse sincère, entière, pétrie de talent. Cela nous change de ce qu’on écoute actuellement dans notre pays. Nous manquons de plus en plus, au Liban, de cette notion qui fait l’originalité de la chanson arabe et qui n’existe nulle part ailleurs, le « tarab », qui vous met en état d’extase quand vous entendez un air d’Oum Kalsoum, de Farid el-Attrache, Asmahane, Mohammad Abdel Wahab... Aujourd’hui, la mode est aux petites chansons dansantes et légères. C’est peut-être ce que veut le jeune public, mais il serait dommage que la jeune génération perde ce qui est essentiel dans la musique arabe, cette manière de chanter avec tellement d’âme que nous ne pouvons qu’être touchés et transportés.

Faten MOURAD
Il est parfois des concerts qui vous font vibrer, qui vous touchent, vous émeuvent et vous rendent heureux et comblé. Celui que vient de donner la chanteuse libanaise Jahida Wehbé à l’Institut du monde arabe à Paris en est un par excellence. Le concert était coproduit par Common’Prod, société dirigée par la très active et talentueuse libanaise Nayla Abdelkhaleq, qui a d’ailleurs permis à l’IMA de faire connaître deux nouveaux talents libanais, Rima Khcheich et Ghada Shbeir.Actrice, cantatrice, compositrice, écrivaine, dramaturge et psychologue, Jahida est surtout dotée d’une voix qui ne laisse pas insensible. Elle maîtrise parfaitement son répertoire et chante magnifiquement les grands textes de la poésie arabe et occidentale: Mahmoud Darwish, Adonis, Talal Haïdar, Ounsi el-Hajj, Ahlam Mosteghanemi..., ainsi...
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