Par ailleurs, le Nord a annoncé qu’il « réaménageait et redémarrait » toutes les installations de son complexe nucléaire de Yongbyon, dont un site d’enrichissement d’uranium et un réacteur de cinq mégawatts. Ce réacteur était la seule source de plutonium pour le programme nucléaire militaire du Nord, qui en disposerait encore suffisamment pour produire entre quatre et huit bombes. L’uranium n’est pas plus puissant que le plutonium mais le sous-sol nord-coréen en est riche.
La mention d’un « réaménagement » ou d’une « modification » de certains équipements du complexe de Yongbyon fait craindre qu’ils ne soient convertis, si ce n’est déjà le cas, en une unité d’enrichissement capable de produire de l’uranium à usage militaire. Beaucoup d’observateurs estiment que le Nord mène depuis plusieurs années des activités d’enrichissement sur des sites secrets et que le troisième essai nucléaire a été conduit à partir d’une bombe à l’uranium.
Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a déploré une annonce « très regrettable » et appelé le Nord à « honorer les accords et les engagements du passé ». Pour les États-Unis, l’annonce nord-coréenne est une « indication de plus » que Pyongyang « viole ses obligations internationales », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, qui a appelé Pékin et Moscou à agir plus pour contenir Pyongyang. En outre, un responsable américain de la Défense a révélé hier que les États-Unis déploient dans l’océan Pacifique un radar de défense antimissile balistique pour détecter d’éventuels lancements de missiles nord-coréens. Ce radar, une plate-forme semi-submersible surmontée d’un énorme radôme, devrait être positionné à l’est du Japon, selon ce responsable qui a requis l’anonymat.
Un porte-parole de la diplomatie chinoise a fait part des « regrets » de la Chine et a appelé à la « retenue », rappelant l’attachement de Pékin à la « dénucléarisation » de la péninsule coréenne. À Vienne, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a jugé quant à elle « profondément regrettable » la « violation flagrante » des résolutions de l’ONU. Une nouvelle fois, l’AIEA « exhorte expressément » Pyongyang à respecter ces résolutions, a déclaré un porte-parole de l’agence.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé que la crise était « déjà allée trop loin ». « Les menaces nucléaires ne sont pas un jeu », a-t-il averti, ajoutant que les « choses doivent commencer à se calmer, il n’y a aucune raison que Pyongyang aille au-devant d’un affrontement avec la communauté internationale ». Le secrétaire général craint en outre une escalade militaire.
Selon un responsable nord-coréen, la décision de relancer Yongbyon est conforme à la volonté du régime de « renforcer son arsenal nucléaire à la fois en qualité et en quantité » et nécessaire à la résolution de « graves » pénuries d’électricité, a rapporté l’agence de presse officielle du régime communiste, KCNA.
(Source : AFP)


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14 h 29, le 03 avril 2013