Chengde fait partie de quelques villes pilotes chinoises qui ont obtenu il y a longtemps un statut dérogatoire aux règles du planning familial. En 2006 une étude réalisée dans ce district avait montré que près de la moitié des familles y résidant avaient choisi d’avoir deux enfants, tandis que 40% d’entre elles se limitaient à un seul. Moins de 4% des personnes sondées affirmaient désirer trois enfants ou plus, tandis que 70% citaient le nombre de deux comme étant idéal, 25% prônant l’enfant unique. Des spécialistes en concluent que la politique de limitation des naissances n’a plus de raison d’être. « Il existe une très forte corrélation entre urbanisation, développement économique et baisse de la fécondité », souligne Cai Yong, professeur à l’Université de Caroline du Nord. « Les Chinois sont en ce moment tellement obsédés par le fait de gagner de l’argent que beaucoup d’entre eux voient dans un enfant le coût très important qu’il va représenter », ajoute-t-il. « Assouplir cette politique ne devrait pas poser de problème particulier ».
« Bonne direction »
Pour d’autres experts, la priorité n’est plus de limiter le nombre d’habitants mais de s’attaquer aux énormes problèmes économiques et sociaux que le vieillissement de la population risque de poser en Chine. Et il faut selon eux veiller à remplacer les actifs: pour la première fois depuis des décennies, la population en âge de travailler a en effet décliné en chiffres absolus en 2012. « Nous espérons que la politique actuelle puisse être abrogée dès que possible », affirme Li Jianxin, un expert en démographie de l’Université de Pékin.
La Chine a annoncé au début du mois une vaste restructuration de ses grandes administrations. Celle-ci prévoit de fusionner l’actuel ministère de la Santé et la Commission nationale de la population et du planning familial, pour établir une « Commission nationale de la santé et du planning familial ». L’étude et la rédaction des politiques stratégiques de croissance de la population seront d’ailleurs désormais confiées à la Commission nationale pour le développement et la réforme, l’organe de planification économique de la Chine. Cela représente « un pas dans la bonne direction », estime M. Li. Mais les autorités ont affirmé que la politique de l’enfant unique restait pour l’instant valide.
Cette politique, menée à marche forcée et responsable de nombreux drames, a toutefois été marginalement assouplie au fil des années. Elle prévoit notamment des dérogations pour les minorités ethniques, les couples à la campagne ayant comme premier enfant une fille, et les parents tous deux enfants uniques. Dans les faits, seulement 60% des Chinois sont limités à un seul enfant. Si la politique de l’enfant unique était abrogée, il se pourrait que le nombre des naissances augmente de 25% durant quelques années, pour retomber ensuite autour du niveau actuel, estime Wang Feng, directeur du Centre Brookings-Tsinghua pour les politiques publiques à Pékin.
(Source: AFP)

