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À La Une - Environnement

« Global Earth Hour » : Achrafieh dans le noir... pour la bonne cause

Beyrouth s’est jointe samedi au mouvement « Une heure sans lumière » pour lutter contre le changement climatique.

La campagne pour la "Earth hour" à Achrafieh, un quartier de Beyrouth.

Sous le slogan – environnemental – « Badna Notfiya » (« Éteignons »), le quartier d’Achrafieh, symbolisé par l’ABC Mall, s’est joint samedi, une heure durant (20h30- 21h30), à des continents entiers, en respectant sa propre « Earth Hour » (Une heure sans lumière). En signe de solidarité, la Byblos Bank  s’est jointe au mouvement et a éteint les lumières de son bâtiment pendant... 30 secondes ! Un timide début.
L’action symbolique était destinée à promouvoir une meilleure prise de conscience de la nécessité d’économiser l’énergie, comme de dénoncer la surconsommation d’énergie à l’origine du changement climatique.
Rassemblée à l’ABC, une foule de défenseurs de la planète a manifesté sa solidarité avec la noble cause en agitant des bâtons fluorescents... Le rassemblement a donné l’occasion à quelques personnalités connues d’Achrafieh d’exprimer leur engagement personnel et concret dans ce domaine, chacun à sa façon. Parmi les présents, les députés Nadim Gemayel et Serge Torsarkissian, le gestionnaire de fonds Philippe de Bustros, la chanteuse Tania Kassis, le comédien Adel Karam et la basketteuse Shada Nasr.
L’événement a placé Achrafieh et le Liban sur la carte mondiale que tissent les réseaux sociaux de la Global Earth Hour Organization.
L’opération avait été lancée en 2007 par le Fonds mondial pour la nature (WWF), en Australie. Elle a pris, depuis, une dimension mondiale et touche désormais « des centaines de millions de personnes », a assuré à l’AFP le cofondateur et directeur de l’opération, Andy Ridley. En Australie même, le mot d’ordre était cette année « d’éteindre pour de bon » et de se convertir aux énergies renouvelables.
Pour les organisateurs libanais de cette action symbolique, l’extinction des lumières à l’ABC n’est qu’un début. « Les lumières revenues, les applaudissements finis et les bâtons lumineux rangés, il faut garder en mémoire la cause défendue et ce qu’elle exige dans la vie quotidienne : une attention soutenue à ces petits détails qui font toute la différence », a expliqué l’un des organisateurs.

Dans le monde
Dans le monde, l’Empire State Building, la tour Eiffel et le Kremlin, mais aussi de nombreux autres monuments ont été plongés dans le noir samedi pour attirer l’attention sur le changement climatique, comme chaque année depuis 2007.
À New York, l’Empire State Building s’est éteint une heure après le célèbre Corcovado de Rio de Janeiro, qui surplombe la plage d’Ipanema.
Le coup d’envoi de cette opération « Earth Hour » – une heure sans lumière – a été donné à Sydney où les lumières de la ville se sont éteintes sous les applaudissements et acclamations d’une foule venue saisir le moment où l’opéra allait s’envelopper d’un halo vert évoquant les énergies renouvelables.
À 20h30 heure locale, l’éclairage des bâtiments et monuments de plus de 150 pays s’est successivement éteint pendant une heure pour marquer la plus grande manifestation écologique du monde à laquelle des centaines de millions de personnes devaient également prendre part.
Dans le noir, donc, le port de Sydney mais aussi la porte de Brandebourg à Berlin, les chutes du Niagara, la tour la plus haute du monde Burj Khalifa à Dubaï, les remparts de Dubrovnik en Croatie, le stade olympique de Pékin, la vieille citadelle d’Erbil au Kurdistan... mais aussi de nouveaux lieux comme les places al-Jundi et Palestine à Gaza, la Petite Sirène de Copenhague, la réplique de la statue du David, de Michel-Ange à Florence, et... l’ABC à Beyrouth.

Le Kremlin aussi
À Moscou, le Kremlin était plongé à son tour dans l’obscurité, selon les vœux du président Vladimir Poutine. La cathédrale Basile-le-Bienheureux aux dômes colorés sur la place Rouge, à proximité du Kremlin, a cessé d’être illuminée comme environ 90 autres bâtiments célèbres dans la capitale russe.
« L’an dernier, 7 000 localités dans 152 pays à travers le monde ont participé, soit une augmentation de 30 % par rapport à l’année précédente », s’est-il félicité.
« C’est en Asie-Pacifique, le moteur économique de la planète, que cela prend le plus d’ampleur, car quel que soit l’endroit où l’on aille, les gens sont confrontés à des problèmes environnementaux », a expliqué Andy Ridley.
En Chine, les lumières éclairant le Bund de Shanghaï (grand boulevard emblématique de la ville) se sont éteintes tandis que dans la ville centrale de Wuhan, le pont sur le Yangtze a plongé dans le noir.
Au Japon, les illuminations diurnes de la tour de Tokyo étaient éteintes, tandis que les visiteurs pédalaient sur leurs vélos, produisant de l’électricité pour éclairer cette œuvre d’art.

Jusque dans l’espace
L’opération « Earth Hour » bénéficie de soutien jusque dans l’espace. « D’ici, de l’espace, on voit très bien à quel point notre planète a besoin de protection », a déclaré le cosmonaute russe Roman Romanenko à bord de la Station spatiale internationale (ISS) avec l’Américain Thomas Marshburn et le Canadien Chris Hadfield. L’équipage de l’ISS a regardé la Terre au moment où les feux étaient éteints sur les continents et se sont félicités de ce que la planète « prenait son heure de repos ».

 

Pour mémoire

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