À la Chambre des députés, où la gauche dispose de la majorité absolue depuis les élections législatives de fin février, c’est Laura Boldrini qui a été élue avec 327 voix (la majorité requise était de 310 voix) au lendemain de la première réunion du Parlement italien depuis les élections. Journaliste et ancienne porte-parole du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Laura Boldrini, 51 ans, membre du petit parti de gauche SEL, avait été choisie pour la présidence de la Chambre par le leader du Parti démocrate (PD, principal parti de gauche) Pier Luigi Bersani.
Au Sénat, c’est l’ancien chef de la direction nationale antimafia Pietro Grasso qui a été élu avec une majorité relative qui n’assure pas à la gauche une majorité de gouvernement. Pietro Grasso, candidat du PD, a recueilli 137 voix, soit 20 de plus que son adversaire de droite, le président sortant Renato Schifani, dont la candidature avait été présentée par le Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. Les votants étaient 313, ce qui fixait la majorité absolue à 157. Pietro Grasso, 58 ans, a rassemblé sur son nom 12 voix de plus que la coalition de gauche qui avait présenté sa candidature.
Bien que la gauche ait conquis la présidence des deux chambres, elle ne dispose toujours pas d’une majorité absolue au Sénat, indispensable pour permettre à un gouvernement d’obtenir le vote de confiance nécessaire pour entrer en fonction. En Italie, les deux chambres ont en effet un poids équivalent.
M. Bersani a cherché à la chambre haute le soutien du Mouvement cinq étoiles (M5S), qui a cristallisé le vote contestataire en Italie, arrivant en troisième position derrière la coalition de droite de Silvio Berlusconi. Mais le leader du M5S, Beppe Grillo, a claqué à plusieurs reprises la porte au nez de M. Bersani.
M. Grillo a sommé hier les membres de son groupe parlementaire de dire ouvertement pour qui ils ont voté la veille lors de l’élection du président du Sénat italien. M. Grasso semble avoir recueilli les suffrages de plusieurs membres du mouvement contestataire hostile aux partis traditionnels, qui avaient pour consigne de voter blanc. « Si certains ne se sont pas conformés à cette obligation, ils ont menti aux électeurs et j’espère qu’ils en tireront les conclusions qui s’imposent », a-t-il ainsi écrit sur son blog.
Par ailleurs, M. Berlusconi a été accueilli par des sifflets et des injures auxquelles il a vertement répondu à son arrivée au Sénat. « Bouffon ! Bouffon! » lui ont lancé quelques dizaines de manifestants. « Vous devriez avoir honte. Vous êtes de pauvres idiots stupides », a rétorqué l’ancien président du Conseil en pénétrant dans l’enceinte du Sénat, où se déroulait l’élection du président de la chambre haute.
(Sources : agences)

