Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est parvenu à un accord non sans compromis : ses alliés ultraorthodoxes sont exclus du nouveau gouvernement. Gali Tibbon/AFP
La formulation finale de l’accord et du programme gouvernemental devait être ratifiée tard hier soir lors d’une nouvelle rencontre entre MM. Netanyahu, Yaïr Lapid et Naftali Bennett, le chef de file du Foyer juif, un parti nationaliste religieux qui a lui aussi réalisé une bonne performance électorale (12 députés). Et la signature officielle du pacte devrait avoir lieu aujourd’hui, selon la radio publique. Par la suite, M. Netanyahu se rendra samedi soir, après le repos hebdomadaire du shabbat, chez le président Shimon Peres pour lui annoncer qu’il a réussi à mobiliser une majorité en vue d’un gouvernement. Enfin, le vote d’investiture devrait avoir lieu lundi, soit deux jours seulement avant l’arrivée du président Obama en Israël et dans les territoires palestiniens, a ajouté la radio.
« Personnellement affaibli »
Selon la deuxième chaîne de télévision privée, « Bibi (Netanyahu) a dû céder aux exigences de Yaïr Lapid et sort personnellement affaibli de l’épreuve de force qu’il a engagée ». De son côté, Aviv Drucker, un analyste de Channel 10, une autre chaîne privée, a noté que le prochain gouvernement israélien « serait orienté à droite aussi bien sur le plan politique qu’économique ». Ce commentateur a souligné que les ministres qui seront chargés du dossier palestinien et de la colonisation sont des « durs ». Car c’est un fervent partisan des colonies, Uri Ariel, numéro 2 du Foyer juif, qui devrait obtenir l’Habitat, le ministère supervisant notamment la construction dans les implantations juives. Le Foyer juif va aussi contrôler la commission des Finances du Parlement qui joue un rôle important dans le financement des colonies. De plus, la radio publique a précisé que la prochaine majorité comprendrait, outre l’alliance Likoud-Israël Beiteinou (31 élus), Yesh Atid, le Foyer juif et le parti centriste HaTnouha, de l’ancienne chef de la diplomatie Tzipi Livni, qui a obtenu le ministère de la Justice.
Mais pour mobiliser une majorité, M. Netanyahu a dû renoncer à son alliance avec les deux partis ultraorthodoxes, le Shass sépharade (11 élus) et le Judaïsme unifié de la Torah (JUT, ashkénaze, 7 députés). Il n’est pas parvenu à les rallier en raison de leur opposition résolue à la conscription des jeunes juifs ultraorthodoxes, exigée à la fois par Yaïr Lapid et Naftali Bennett et le temps n’était plus aux négociations. En effet, le Premier ministre était pressé. Il avait obtenu un deuxième et dernier délai du président Peres afin de présenter son nouveau gouvernement avant le 16 mars, faute de quoi le chef de l’État aurait dû désigner un autre candidat pour tenter de constituer une majorité.
Au total, cette majorité va compter 68 députés sur 120. Le nombre de ministres sera limité, comme l’exigeait Yaïr Lapid, à 21 ou 22 en comptant le Premier ministre, contre une trentaine dans le gouvernement sortant. En outre, sept à huit vice-ministres devraient également être nommés. Naftali Bennett va obtenir le ministère du Commerce et de l’Industrie.
(Source : AFP)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve