Le bloc des Forces libanaises a tenu hier une réunion sous la présidence de M. Samir Geagea, notamment sur les législatives. Photo Aldo Ayoub
Les tractations menées dans le but de dégager une entente autour d’une nouvelle formule de loi électorale se poursuivront au ralenti cette semaine, avec la présence d’un grand nombre de responsables politiques en dehors du pays.
Le président Michel Sleiman entame aujourd’hui une tournée en Afrique, qui doit le mener, avec les cinq ministres qui l’accompagnent, au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Ghana. Le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, se trouve en Arabie saoudite. Plusieurs autres députés se trouvent en Australie et en Europe, notamment M. Ahmad Fatfat, engagé aux côtés du chef du bloc parlementaire du courant du Futur, Fouad Siniora, dans les pourparlers en cours avec le PSP au sujet d’un nouveau découpage électoral, qui bute principalement sur le découpage du Mont-Liban, a rappelé le vice-président de la Chambre, Farid Makari.
À l’agence locale al-Markaziya, M. Makari a indiqué que le conflit autour du découpage du caza de Baabda retarde un accord sur une loi électorale mixte, comprenant scrutin majoritaire et proportionnel. « Deux propositions pour diviser le Mont-Liban ont été avancées. La première prévoit un découpage sur base de trois circonscriptions, et la seconde suggère deux circonscriptions : Baabda, le Chouf et Aley, d’un côté, et le Metn, Kesrouan et Jbeil, d’un autre côté », a-t-il dit, soulignant que les pourparlers se poursuivent pour dégager une formule optimale.
(Lire aussi : Un accord global reste lointain, mais la réforme électorale est accessible, l'éclairage de Philippe Abi Akl)
Selon M. Makari, les deux propositions sont encore loin de faire l’unanimité et des contacts sont toujours menés par le courant du Futur et le PSP avec leurs alliés respectifs, ainsi qu’avec le président de la Chambre, Nabih Berry, pour tenter de dégager une formule optimale. Selon le député Samir Jisr, la nouvelle loi envisagée reposerait sur un système électoral mixte et sur un découpage de 26 circonscriptions dans lesquelles le scrutin sera organisé sur base du système majoritaire, et de 9 dans lesquelles la proportionnelle serait adoptée. Mais le tout reste encore sous étude, a-t-il noté, au moment où son collègue Jamal Jarrah annonçait que les députés du courant du Futur ne présenteront pas leur candidature tant que l’espoir d’une nouvelle loi persiste.
Sauf que pour la présentation des candidatures, un problème technique se pose. Candidat à l’un des sièges maronites de Kesrouan-Ftouh, M. Naufal Daou n’a pas pu accomplir les formalités nécessaires pour présenter officiellement sa candidature à cause de la grève dans le secteur public. « Si le gouvernement est incapable de mettre en application les circulaires de ses ministères, comment pourra-t-il organiser les élections ? » s’est interrogé le bureau de presse de M. Naufal dans un communiqué.
Le bloc des Forces libanaises, qui a tenu une réunion à Meerab sous la présidence de M. Samir Geagea, a mis l’accent sur la nécessité que les législatives aient lieu dans les délais constitutionnels « sur base d’une nouvelle loi électorale, qui sera approuvée à l’unanimité par les Libanais ». Celle-ci, a indiqué le bloc dans un communiqué, « doit assurer l’égalité ainsi qu’une bonne représentativité de la population ».
Réuni sous la présidence de M. Amine Gemayel, le bureau politique des Kataëb a abondé dans le même sens en indiquant dans son communiqué que « les circonstances actuelles dans le pays commandent la promulgation d’une loi électorale qui fera l’objet d’un consensus national ainsi que l’organisation du scrutin dans les délais ». Les Kataëb ont invité « toutes les parties libanaises à sceller un pacte d’honneur en vertu duquel elles s’engagent à préserver les principes sur lesquels le pays repose, à savoir la coexistence entre ses composantes communautaires et la démocratie qui le distingue de tous les autres États de la région ».
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08 h 59, le 12 mars 2013