Cette annonce survient dix jours après la revendication par le groupe islamiste nigérian Ansaru de l'enlèvement de sept employés étrangers de la société Setraco, dans le nord du Nigeria. Quatre Libanais, un Britannique, un Grec et un Italien avaient alors été kidnappés dans le village de Jama'are, dans l'Etat de Bauchi (nord).
La police de l'Etat de Taraba a confirmé jeudi qu'une attaque avait eu lieu dans le village de Tella, sur un site de la compagnie Triacta, mais a refusé de livrer des détails sur son déroulement et notamment de préciser si les trois ingénieurs libanais y travaillant étaient ciblés. Le porte-parole de la police, Amos Olaoye, a simplement confirmé qu'il y avait "eu un incident à Tella hier soir".
Mais une source au sein de Triacta, requérant l'anonymat, a déclaré à l'AFP: "compte tenu de ce qui est arrivé (récemment au Nigeria), nous avons toutes les raisons de croire que nos expatriés étaient visés."C'était clairement une tentative d'enlèvement ratée", a ajouté cette source.
"La nuit dernière (de mercredi à jeudi), il y a eu des tirs autour des maisons où vivent les travailleurs expatriés", a déclaré une résidente, Yonana Dauda. "Deux policiers qui gardaient la maison ont été tués", a-t-elle ajouté.
Les ingénieux libanais se sont enfuis au moment des tirs et sont sortis indemnes de l'attaque, selon d'autres résidents et la source au sein de Triacta, qui développe un projet de construction de pont à Tella.
Dans sa revendication de l'enlèvement de sept étrangers, le 18 février, le groupe Ansaru avait invoqué "des transgressions et des atrocités commises envers la religion d'Allah (...) par les pays européens dans plusieurs endroits dont l'Afghanistan et le Mali". Ansaru, qui serait une faction du groupe Boko Haram qui mène des attaques meurtrières dans le centre et le nord du Nigeria, aurait des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Le groupe islamiste nigérian Boko Haram a revendiqué, selon Paris, le rapt de sept Français enlevés le 19 février dans le nord du Cameroun. Cette famille française, qui pourrait être détenue au Nigeria, est apparue lundi sur une vidéo publiée sur internet aux côtés de ravisseurs disant appartenir à Boko Haram.
Les enlèvements sont courants au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, avec 160 millions d'habitants, mais ils sont habituellement concentrés dans le Delta du Niger, région du Sud riche en pétrole, et les otages sont la plupart du temps relâchés contre rançon.


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