Mises à part les répercussions économiques et politiques de la grève des enseignants des écoles privées, un autre problème, intimement lié à l’enseignement, se pose sur ce plan. En effet, la fin de l’année scolaire est relativement proche, et les échéances des examens officiels, notamment les baccalauréats français et libanais, imposent aux écoles de conserver un rythme de travail assez cadencé, et qui pourrait être remis en cause du fait de la série de grèves amorcée il y a quelques mois, et qui n’est pas prête d’être terminée de sitôt. Si les écoles ne prennent pas les mesures adéquates, elles risquent carrément de se retrouver aux portes du bac sans avoir terminé le programme imposé dans les différentes matières.
Pour le bac libanais, pourtant, les écoles ne s’inquiètent pas vraiment de l’escalade du mouvement de grèves, le ministre de l’Éducation, Hassan Diab, ayant affirmé hier qu’« un report possible des examens officiels était envisageable, sans pouvoir préciser la durée exacte du report ». En fait, c’est au niveau du bac français que le problème prend de l’ampleur. « Il est pratiquement impossible d’envisager un report des dates du bac français, explique Roger Baraké, enseignant au Collège des Saints-Cœurs de Sioufi. Même en 2005, l’année de tous les événements et de toutes les grèves, il n’y a pas eu de report. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas accepté que les classes concernées participent aux grèves. Même lorsque l’école était fermée, les étudiants des classes de terminales ont poursuivi leurs cours, et nous n’avons de surcroît aucun problème à rester à jour concernant le programme scolaire ».
Même son de cloche du côté de Marie-Madeleine Chebli, préfète des terminales au Collège Notre-Dame de Jamhour. « Hier, les élèves de terminales chômaient, mais pour la première fois, car nous avions peur que les routes soient bloquées et que les élèves soient confrontés à un problème de transport, explique-t-elle à L’OLJ. Nous ne pouvions accepter que les élèves de ces classes participent à la grève auparavant, car les dates des épreuves officielles du baccalauréat français sont déjà annoncées pour début juin, et elles resteront inchangées quoi qu’il arrive ». Et d’ajouter : « Ces deux jours, nous suivrons les décisions des écoles catholiques. Et nous avons encore des samedis en réserve que nous pourrions utiliser pour rattraper le retard, si retard il y a. Mais si la grève ouverte est déclarée, les élèves de terminales ne pourront pas accompagner le mouvement. Quant au programme libanais, le problème ne se pose pas : le ministre de l’Éducation fera ses comptes et envisagera éventuellement un report des examens. »
Enfin, du côté du Collège Melkart, où les cours se sont déroulés de façon normale hier pour les classes supérieures, le directeur Fawzi Makhoul affirme que « les classes de première et de terminales ne peuvent se permettre aucun jour de grève, car les examens officiels français n’attendent pas ».
Ainsi, il semblerait que les écoles sont bien déterminées à ne pas se laisser surprendre par les échéances du bac. Grève ou pas grève, le programme scolaire passe en premier.
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