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Moyen Orient et Monde - Conflit

Damas se dit prêt à dialoguer avec l’opposition armée

Forte explosion dans la capitale ; au moins 103 morts hier.

Un rebelle syrien heureux après que des insurgés eurent abattu un hélicoptère de l’armée à Alep. YouTube/AFP

Le gouvernement syrien est prêt à dialoguer avec l’opposition armée, a déclaré hier le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, l’offre de dialogue la plus claire à ce jour de la part du régime de Damas. Mais le chef de la diplomatie syrienne, qui s’exprimait lors d’une visite à Moscou, a prévenu dans le même temps que la Syrie poursuivrait sa « lutte contre le terrorisme », allusion au conflit qui a fait 70 000 morts en près de deux ans selon l’ONU. « Nous sommes disposés au dialogue avec qui le souhaite. (...) Même avec ceux qui ont du sang sur les mains. Parce que nous sommes convaincus que les réformes n’émergeront pas du bain de sang mais du dialogue », a ainsi déclaré M. Moallem avant un entretien avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.
Walid Moallem n’a pas donné d’autres détails sur la perspective d’un dialogue. Il n’a pas évoqué d’éventuelles conditions que poserait son gouvernement, qui a refusé jusqu’à présent toute condition préalable.
Il y a une semaine, le ministre syrien de la Réconciliation nationale, Ali Haidar, qui n’appartient pas au proche entourage du président Bachar el-Assad, avait proposé pour la première fois des négociations directes aux forces insurgées.


Au Caire, le président de la Coalition nationale syrienne, Moaz el-Khatib, a réagi en déclarant qu’il n’avait pas eu de contacts avec Damas au sujet d’un dialogue. « Nous ne dialoguerons pas tant que ces exigences n’auront pas été réalisées », a martelé pour sa part le général Sélim Idris, un commandant rebelle, sur la chaîne de télévision satellitaire al-Arabiya.
Dans une déclaration adoptée jeudi dernier, la Coalition se déclarait disposée à entamer des négociations en vue d’un règlement du conflit. Mais elle réclame le départ de Bachar el-Assad, excluant qu’il soit associé à un tel accord, et exige que les chefs de l’armée et des forces de sécurité soient traduits en justice.

Inquiétude de Lavrov
Outre le sort de M. Assad, les deux parties sont divisées sur le lieu d’éventuelles discussions. L’opposition réclame que le dialogue ait lieu à l’étranger ou dans les zones qu’elle occupe, Damas veut qu’il se déroule sur les territoires sous son contrôle.


Même si elle a pris récemment ses distances avec le président syrien, la Russie estime que son départ ne doit pas être une condition préalable à des négociations. « Nous suivons le développement des événements (...) avec inquiétude », a ainsi déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. « De notre point de vue, la situation est à la croisée des chemins. Il y a ceux qui ont un plan pour accroître le bain de sang et intensifier le conflit. Cela risque de déboucher sur un effondrement de l’État et de la société syriens. Mais il y a des forces raisonnables qui comprennent de plus en plus et de manière plus accrue la nécessité d’engager au plus vite des discussions. »
L’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, a déclaré de son côté que le président syrien lui avait annoncé son intention de quitter le pouvoir à la fin de son mandat en 2014.

 

(Lire aussi : "Yassino", la fin tragique d'un comédien syrien)


Démenti
Sur le terrain, une forte explosion a été entendue hier soir à Damas, ont rapporté des habitants de la capitale, tandis que la télévision nationale indique que la déflagration s’est produite dans le quartier de Kaboun. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), l’explosion a été suivie de violents combats entre rebelles et soldats gouvernementaux. Plus tôt, toujours à Damas, les troupes loyalistes ont bombardé Jobar, un bastion de l’opposition, tuant un adulte et une fillette, des combats ont éclaté dans le quartier de Qadam et une enfant a été tuée par un tir de mortier près du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk. Le régime syrien a par ailleurs démenti hier avoir eu recours à des missiles Scud contre des villes, dont Alep. Le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi, a ainsi « nié l’utilisation par les forces syriennes de missiles Scud dans les combats avec l’opposition armée », dans une interview avec l’antenne en langue arabe de la chaîne publique russe Russia Today.


Parallèlement, au moins 30 soldats syriens et 23 rebelles ont été tués en 24 heures de combats dans l’ouest de la province d’Alep, où des insurgés ont abattu un hélicoptère de l’armée, toujours selon l’OSDH. La plupart des combattants tués dans la province d’Alep sont tombés autour de l’académie de police de Khan el-Assal, théâtre d’affrontements acharnés depuis plusieurs jours.


Si les insurgés ont chassé les forces du régime de larges territoires dans les provinces d’Alep, Idleb, Raqqa et Hassaké, ils restent sous la menace de bombardements de l’aviation ou de tirs de missiles.
Hier, des avions de guerre ont bombardé des villages du Jabal Zawiya, dans la province d’Idleb, faisant au moins 8 morts, et des banlieues sud-est et est de Damas, tuant 10 civils dont deux enfants.
À travers le pays, les violences ont fait lundi au moins 103 morts, selon un bilan provisoire en fin de soirée.

 

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Le gouvernement syrien est prêt à dialoguer avec l’opposition armée, a déclaré hier le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, l’offre de dialogue la plus claire à ce jour de la part du régime de Damas. Mais le chef de la diplomatie syrienne, qui s’exprimait lors d’une visite à Moscou, a prévenu dans le même temps que la Syrie poursuivrait sa « lutte contre le terrorisme », allusion au conflit qui a fait 70 000 morts en près de deux ans selon l’ONU. « Nous sommes disposés au dialogue avec qui le souhaite. (...) Même avec ceux qui ont du sang sur les mains. Parce que nous sommes convaincus que les réformes n’émergeront pas du bain de sang mais du dialogue », a ainsi déclaré M. Moallem avant un entretien avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.Walid Moallem n’a pas donné...
commentaires (1)

Encore et toujours cette façon lamentable de présenter les choses. Jusqu'au jour où on se réveille avec la gueule de bois.

Jaber Kamel

05 h 00, le 26 février 2013

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Commentaires (1)

  • Encore et toujours cette façon lamentable de présenter les choses. Jusqu'au jour où on se réveille avec la gueule de bois.

    Jaber Kamel

    05 h 00, le 26 février 2013

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