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Économie - Grande-Bretagne

Londres perd son triple A, mais Osborne veut tenir le cap

Économiquement, la décision ne devrait avoir qu’une importance limitée.
En privant la Grande-Bretagne de son triple A, l’agence Moody’s a accentué la pression sur le ministre britannique des Finances, George Osborne, même si le « chancelier de l’Échiquier » affirme qu’il n’entend pas changer sa politique.
Pour l’heure, Moody’s est la seule agence de notation à avoir dégradé d’un cran son estimation de la qualité de la « signature » britannique sur les marchés obligataires. Économiquement, la décision ne devrait avoir qu’une importance limitée, la plupart des pays européens, dont la France, ainsi que le Japon et les États-Unis ont eux aussi subi une perte de leur triple A et le Royaume-Uni emprunte à des taux historiquement bas. Politiquement, en revanche, les conséquences pourraient être bien différentes : depuis la campagne pour les élections de 2010, qui ont ramené les conservateurs au pouvoir par le biais d’une alliance avec les libéraux démocrates, George Osborne s’est engagé à plusieurs reprises à défendre le triple A de la Grande-Bretagne.
Moody’s pourrait donc donner du grain à moudre à ceux qui, dans les rangs mêmes de la majorité, contestent Osborne. Sa politique économique, estiment-ils, tarde à relancer la machine et menace de conduire le Premier ministre David Cameron à une défaite aux élections prévues pour 2015. « Voilà une blessure que George Osborne s’est lui-même infligée, estime Matthew Oakeshott, membre des LibDem. Pour être honnête, il était très naïf en 2009. Il a bêtement érigé ce triple A en symbole de virilité. »
Le ministre a affirmé pour sa part que la décision de Moody’s démontrait qu’il était dans le vrai, que la priorité qu’il accorde à l’assainissement budgétaire est le seul moyen de réunir les conditions d’une reprise de la croissance. « Je suis absolument déterminé à faire en sorte que nous réglions nos problèmes, à faire en sorte que la Grande-Bretagne tienne son cap, à faire en sorte qu’elle n’interprète pas de manière erronée cette note de crédit en pensant qu’il faut emprunter davantage », a-t-il déclaré samedi.
Dans son entourage, on souligne que Moody’s a assorti vendredi sa décision d’une « perspective stable » et que l’agence de notation estime que la volonté politique du gouvernement, associée à la solidité sous-jacente de son économie, permettra à terme au Royaume-Uni d’aller vers une réduction de sa dette et un assainissement de ses finances publiques. Lorsque la France et les États-Unis ont perdu leur triple A, rappelle un haut fonctionnaire du Trésor britannique, leurs perspectives étaient restées négatives.
Du côté des investisseurs, la dégradation de la Grande-Bretagne souligne des maux bien connus : une dette trop élevée et une activité économique atone où les taux d’emprunt sont maintenus à des niveaux bas en grande partie par l’action offensive de la Banque centrale d’Angleterre, devenue le premier créancier du Trésor britannique. « M. Osborne n’a plus nulle part où se cacher ni personne à accuser », estime David Blanchflower, qui siégea au comité de politique monétaire de la BoE de 2006 à 2009, avant de l’appeler à se comporter « en homme » et à assumer la responsabilité de ce qu’il qualifie de « pire relance de ces 100 dernières années ». Le gouvernement, dit-il, devrait réduire le taux de la TVA, exonérer de charges les jeunes salariés de moins de 25 ans et mettre en place des mesures incitatives favorisant l’investissement et les embauches.
Dans l’opposition, le Parti travailliste a réclamé la démission d’Osborne. « Le médicament ne fonctionne pas, alors le chancelier de l’Échiquier dit qu’il faut augmenter les doses : c’est une politique économique folle. C’est comme un médecin du XVIIIe siècle qui pratiquait des saignées sur des patients de plus en plus malades », a réagi Ed Balls, porte-parole du Labour pour les questions financières.
Reste que George Osborne semble toujours bénéficier du soutien total de David Cameron, dont il a favorisé l’accession à la tête du parti Tory. « M. Osborne compte beaucoup de détracteurs, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du parti et qui aujourd’hui se sentent confortés, mais il n’y a pas d’alternative cohérente », indique Tim Montgomerie, rédacteur en chef de l’influent site ConservativeHome.
Et si le Labour devance les Tories d’une dizaine de points dans les intentions de vote, les sondages montrent aussi que les Britanniques font davantage confiance au tandem Cameron-Osborne qu’au leader travailliste Ed Miliband.
(Source : Reuters)
En privant la Grande-Bretagne de son triple A, l’agence Moody’s a accentué la pression sur le ministre britannique des Finances, George Osborne, même si le « chancelier de l’Échiquier » affirme qu’il n’entend pas changer sa politique.Pour l’heure, Moody’s est la seule agence de notation à avoir dégradé d’un cran son estimation de la qualité de la « signature » britannique sur les marchés obligataires. Économiquement, la décision ne devrait avoir qu’une importance limitée, la plupart des pays européens, dont la France, ainsi que le Japon et les États-Unis ont eux aussi subi une perte de leur triple A et le Royaume-Uni emprunte à des taux historiquement bas. Politiquement, en revanche, les conséquences pourraient être bien différentes : depuis la campagne pour les élections de 2010, qui ont...
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