Rechercher
Rechercher

À La Une - Web Culture

Parlez-vous (mal) le français ?

L’Académie française redore son blason sur le Net et se lance dans la bataille du vrai et du faux. Une fort louable entreprise de dénonciation d’expressions horripilantes, s’il en fut. Ce qu’il faut dire et ce qu’il ne faut pas dire, c’est bien là la question !

L’Académie française, institution créée en 1635, est chargée de définir la langue française par l’élaboration de son dictionnaire qui fixe l’usage du français. Technologie et XXIe siècle obligent, l’honorable institution s’est implantée dans le virtuel pour protéger la langue française contre les emplois fautifs, anglicismes et extensions de sens abusives qui se répandent dans la vie courante et dans les médias.


Quels mots, quelles tournures choisir, retenir ou rejeter parmi ce qui s’entend et se dit? Telle est la mission du blog « Dire, ne pas dire » lancé sur le site de l’académie il y a un peu plus d’un an. En faisant un inventaire de ce qu’il convient de dire ou ne pas dire, il analyse les formes fautives, les abus de sens, pointe du doigt les néologismes trop souvent utilisés dans le français contemporain et nous remémore quelques bonheurs et surprises de la langue française, d’anciennes expressions, des termes en voie de disparition...


L’expression « il n’y a pas de souci » est-elle correcte ? Peut-on utiliser indifféremment les verbes amener et apporter? Quel terme devrions-nous utiliser plutôt que l’anglicisme «dress code»? La forme verbale «impacter» existe-t-elle? On ne dit pas «dispatcher les enfants». Ni «travailler sur Paris», martèle encore le blog dont le contenu est validé par la commission du dictionnaire de l’institution et il est complémentaire au dictionnaire en ligne de l’Académie française.


Son objectif officiel? Il est précisé dès la page d’accueil: permettre aux Français (et aux francophones, ajoutons-nous) de savoir quels mots, quelles tournures choisir, retenir ou rejeter parmi ce qui s’entend et se dit, et donner le sentiment de l’Académie française sur les fautes, les tics de langage et les ridicules qui s’observent le plus fréquemment dans le français contemporain.


En plus, il s’agit d’utiliser les nouveaux modes de communication sociale, de toucher à l’interactivité.


«Dire, ne pas dire» fonctionne en effet sur le mode collaboratif: les internautes sont invités à y apporter leurs commentaires, réagir à telle étymologie ou, encore, émettre le souhait de «réhabiliter» un mot ou une expression.
Il est divisé en quatre entrées principales. La première traite des emplois fautifs. Cette semaine, le blog s’attarde, entre autres, sur le verbe «sublimer». Explication, non dénuée d’humour, de l’académie: «Les mots perdent de leur force s’ils sont mal employés. La publicité recourt volontiers à l’emphase et donne ainsi l’impression de n’avoir pas confiance dans les mots ordinaires, à moins que ce ne soit dans les produits qu’elle vante et qu’elle se croit obligée de parer des plumes du paon. On a accolé à de nombreux adjectifs les préfixes hyper et super, on a recouru à génial quand bon ou bien suffisaient. Aujourd’hui, ces termes, jugés dépassés, ont été remplacés par sublime ou ses dérivés. On semble avoir oublié que sublimer signifie d’abord «faire passer de l’état solide à l’état gazeux» et, au figuré, «exalter». Ne pourrait-on alors craindre que le shampoing sublimateur ne transforme les cheveux en vapeur ou que le sublimateur de teint ne fasse du visage une nuée?»


La deuxième entrée recense les néologismes et les anglicismes, avec les exemples de «best of» (au lieu de la formule «le meilleur de») et d’«impacter» («la crise impacte l’activité économique», quand il faudrait simplement écrire «la crise affecte...»). Ou encore «reminder» au lieu du bon vieux «mémento» ou du toujours efficace «rappel».


La troisième entrée traque les extensions de sens abusives. Les exemples sont légion. On citera le verbe «gérer» mis à toutes les sauces (gérer un mariage, ses enfants, sa vie...), ou la prolifération de «quelque part»: «La mode s’est répandue d’utiliser cette locution pour exprimer le vague de sa pensée», fait remarquer poétiquement l’académie.


Enfin, la dernière entrée illustre l’esprit de militantisme et d’optimisme de la compagnie. Cette entrée est joliment intitulée: «Les bonheurs et les surprises de la langue française». C’est une manière de redonner du sens à des mots simples ou peu utilisés. Symboliquement, le premier mot que veut remettre au goût du jour l’Académie française est «oui»: «Absolument, effectivement, tout à fait, exactement, parfaitement sont excessifs quand il suffit souvent de dire oui.» Viennent ensuite des mots moins attendus, tels que «coi», «ripation», «paraguante», «cagnard», encore «guide-âne»... et bien d’autres joyeuses découvertes.


Les contributions des internautes sont les bienvenues. Les immortels, aussi, y apportent leur écot: ils signent des billets sur une question de langue, un mot ou une expression de leur choix.


Depuis son lancement, ce site a suscité des réactions divergentes. Certains l’ont accueilli à bras ouverts en soulignant qu’il était grand temps de faire un peu de ménage dans la langue française. D’autres, au contraire, ont jugé qu’une institution n’a aucunement le droit de dicter les bonnes manières de parler le français.


Avec «Dire, ne pas dire», la «vieille dame du quai Conti» reprend l’offensive pour enrichir la langue française et lutter contre l’appauvrissement généralisé du vocabulaire. Le contenu s’enrichit au fil des jours. Il y a matière à... en tout cas!

L’Académie française, institution créée en 1635, est chargée de définir la langue française par l’élaboration de son dictionnaire qui fixe l’usage du français. Technologie et XXIe siècle obligent, l’honorable institution s’est implantée dans le virtuel pour protéger la langue française contre les emplois fautifs, anglicismes et extensions de sens abusives qui se répandent dans la vie courante et dans les médias.
Quels mots, quelles tournures choisir, retenir ou rejeter parmi ce qui s’entend et se dit? Telle est la mission du blog « Dire, ne pas dire » lancé sur le site de l’académie il y a un peu plus d’un an. En faisant un inventaire de ce qu’il convient de dire ou ne pas dire, il analyse les formes fautives, les abus de sens, pointe du doigt les néologismes trop souvent utilisés dans le français...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut