Le président de la BCE Mario Draghi. Thierry Charlier/AFP
L’euro a touché un plus haut de 15 mois face au dollar au début du mois de février, une évolution qui a compliqué la tâche de la BCE en pesant sur la croissance et en alimentant les spéculations selon lesquelles la Banque centrale serait obligée de prendre de nouvelles mesures de soutien à l’économie, même si ses membres y sont opposés.
« Le taux de change ne fait pas partie des objectifs de politique (monétaire) mais est important pour la croissance et la stabilité des prix », a déclaré Mario Draghi devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, ajoutant que l’appréciation de l’euro représentait un « risque baissier » pour l’inflation.
« L’inflation devrait baisser sous les 2 % à court terme », a-t-il dit, ajoutant que la politique monétaire de la BCE était accommodante.
La BCE vise une inflation légèrement inférieure à 2 %.
« Nous devrons analyser dans nos prochaines projections si le taux de change a eu un impact sur notre profil inflationniste, car c’est toujours à travers la stabilité des prix que nous traitons de questions comme celle-là », a ajouté Mario Draghi.
Pas de « guerre des monnaies »
Le G20 a conclu samedi une réunion à Moscou en promettant de ne pas s’engager dans une « guerre des monnaies », tout en se gardant de critiquer la politique de relance du Japon qui a fait chuter le yen de 20 % et suscité les protestations de ses rivaux commerciaux.
« Le taux de change doit refléter les fondamentaux », a réaffirmé Mario Draghi, estimant que le taux de change de l’euro était « autour des moyennes à long terme ».
Le président de la BCE a jugé que le communiqué du G20 n’était « pas décevant » et que toute référence à une « guerre des monnaies » serait « excessive ».
« La plupart des mouvements que nous avons vus sur les taux de change n’étaient pas ciblés explicitement, ils résultaient de politiques macroéconomiques nationales destinées à renforcer l’économie », a-t-il expliqué.
Mario Draghi s’est également exprimé sur les perspectives économiques de la zone euro et a prévu qu’une reprise « très progressive » suivrait les débuts moroses de 2013.
« Le renforcement de la demande mondiale, notre politique monétaire accommodante et l’amélioration de la confiance des marchés financiers dans les pays de la zone euro devraient se traduire par des décisions de dépenses et d’investissement et soutenir la reprise », a-t-il dit.
(Source : Reuters)


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