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Nos lecteurs ont la parole

L’Église maronite et sa hiérarchie

Sylvain THOMAS
L’histoire de l’Église maronite constitue un témoignage décisif en faveur de Dieu et du christianisme. L’étude de la «vie intérieure» et de la vie «extérieure» de cette communauté fondée par saint Maron nous plonge en premier lieu dans la «vie intérieure» de sa hiérarchie – l’œuvre de ses patriarches, la vie des ses saints et bienheureux, la fondation des ses institutions, l’action des ses prêtres et frères, ainsi que la piété de ses fidèles paroissiens. En second lieu, dans l’histoire de sa «vie extérieure», on constate l’héroïsme de ses luttes contre les tyrans et l’osmose de ses bienfaits en Orient ainsi que dans le monde de la diaspora maronite.
Pour concevoir le développement de la communauté maronite à travers les âges, il est nécessaire d’envisager successivement ses divers aspects. Or, ils se trouvent, en quelque sorte, synthétisés et concrétisés dans un ensemble de personnages sur la trame invisible de l’action providentielle; des figures attachantes et représentatives sont apparues successivement, celles des supérieurs hiérarchiques et celles des saints. Étudiées séparément, elles portent la marque d’une souveraine intelligence et exercent sur l’âme un irrésistible attrait. Mais rapprochées les unes des autres, elles offrent une «suite» merveilleuse, qui ne peut s’expliquer que par un décret supérieur de la sagesse divine.
Les supérieurs hiérarchiques et les saints maronites ont été les serviteurs d’une même cause, les instruments d’un même dessein: l’Église maronite. Ils composent un ensemble harmonieux, nous dirions volontiers harmonique, car chacun d’entre eux fait entendre sa note, et leur ensemble, sous les doigts du divin artiste, s’accorde si bien qu’il laisse l’âme sous une impression d’ordre et de plénitude. On cite, parmi eux, après saint Maron (410), le grand Jean-Maron (702-707), fondateur perspicace et leader éclairé de la communauté. Sous son patriarcat, les maronites se réunirent aux Mardaïtes dans leur résistance aux razzias des Omeyyades jusqu’à menacer par deux fois la capitale du califat, la première sous le califat de Moawiya (661-680), la seconde sous celui de Abdel-Malek (685-705). Ils obligèrent ces deux califes à payer la dîme à l’empereur byzantin ; en contrepartie, ce dernier arrêterait les assauts répétés contre les maronites. Suivirent, l’un après l’autre, de 808 à 1955, vingt-cinq patriarches qui furent nos illustres représentants dans l’Église maronite, ils furent nos vénérables pères et nos bons pasteurs. Ils vécurent une vie pleine de dangers et de lutte continue afin d’établir leurs droits: ils luttèrent et combattirent jusqu’au martyre pendant près de treize siècles afin de créer le Liban, cette patrie exceptionnelle entre l’Orient et l’Occident, attachée aux valeurs humaines, à la civilisation, à la culture, au patrimoine, à la liberté et à la dignité. Ils constituèrent un témoignage vivant du Christ, aussi bien en Orient que dans le monde entier, et furent la gloire de leur saint fondateur.

Sylvain THOMAS
L’histoire de l’Église maronite constitue un témoignage décisif en faveur de Dieu et du christianisme. L’étude de la «vie intérieure» et de la vie «extérieure» de cette communauté fondée par saint Maron nous plonge en premier lieu dans la «vie intérieure» de sa hiérarchie – l’œuvre de ses patriarches, la vie des ses saints et bienheureux, la fondation des ses institutions, l’action des ses prêtres et frères, ainsi que la piété de ses fidèles paroissiens. En second lieu, dans l’histoire de sa «vie extérieure», on constate l’héroïsme de ses luttes contre les tyrans et l’osmose de ses bienfaits en Orient ainsi que dans le monde de la diaspora maronite.Pour concevoir le développement de la communauté maronite à travers les âges, il est nécessaire d’envisager successivement ses divers...
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