Dirigeant charismatique et populaire, M. Correa devancerait nettement le banquier conservateur Guillermo Lasso, principal rival, avec plus de 60 % d’intentions de vote, selon les derniers sondages. M. Lasso, qui a voté de son côté dans le port de Guayaquil, prône baisse des impôts et relance du secteur privé. Il se dit persuadé qu’un « autre Équateur est en train d’arriver ». Les électeurs, appelés aux urnes de 12h00 à 22h00 GMT, doivent également désigner leurs représentants à l’Assemblée, où le parti du président, Alianza Pais, ne dispose que d’une majorité relative.
Durant toute la campagne, M. Correa a sillonné le pays, des Andes à la forêt amazonienne, pour réclamer le droit de « continuer à changer le pays » et poursuivre sa « révolution citoyenne ». Adversaire déclaré du néolibéralisme, ce fervent catholique, issu d’une famille modeste et formé grâce à une bourse d’études dans une université américaine, s’est forgé une réputation par son attitude intransigeante. Après avoir imposé un moratoire sur la dette extérieure, il a contraint les compagnies pétrolières à quadrupler les dividendes versés à l’État, sa première ressource, pour financer des programmes de santé et d’éducation.
Cependant, près de 30 % des Équatoriens vivent encore sous le seuil de pauvreté, selon le dernier rapport de la Banque mondiale en 2011, un taux que le gouvernement se targue d’avoir réduit à 16 %. Les constructions de routes, d’écoles ou d’hôpitaux ont convaincu nombre d’Équatoriens de le réélire en 2009 après l’adoption d’une Constitution d’inspiration socialiste. « J’ai voté pour le président car les autres font juste des promesses sans les tenir », a confié Mariano Chicaiza, 68 ans, un habitant de la localité indigène de Cangahua, au nord de la capitale.
Pris en grippe par les milieux d’affaires, qui lui reprochent de faire fuir les capitaux et gonfler la dépense publique, M. Correa est aussi en guerre avec les groupes privés de communication et compte renforcer une loi de régulation des médias, l’un de ses projets les plus controversés avec l’essor de l’industrie minière. Ses ennemis, qui le taxent d’autoritarisme, pointent ses amitiés avec Cuba et le soupçonnent de briguer la succession de son ami vénézuélien Hugo Chavez, même s’il affiche une attitude plus pragmatique envers les États-Unis.
(Source : AFP)

