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Moyen Orient et Monde - Anniversaire

Un manifestant tué à Bahreïn dans des affrontements avec la police

Les protestataires répondaient à un appel à la grève générale et à la désobéissance civile hier, lancé par le Collectif du 14-Février.

À Sanabes, comme dans plusieurs villages chiites autour de Manama, des affrontements violents ont opposé de nombreux manifestants aux forces antiémeute. Mohammed el-Shaikh/AFP

Un manifestant a été tué et d’autres ont été blessés hier à Bahreïn lors d’affrontements avec la police dans des villages chiites, a indiqué l’opposition au second anniversaire du soulèvement maté dans ce petit pays du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

 

Des centaines de manifestants étaient descendus dans la rue tôt dans plusieurs villages chiites, selon des témoins, pour protester contre le gouvernement et réclamer des réformes politiques. Hussein el-Jaziri est mort après avoir été grièvement blessé, notamment à la poitrine, par des tirs à la chevrotine, lors d’affrontements entre forces antiémeute et manifestants dans le village de Daih, a annoncé la principale formation de l’opposition chiite, al-Wefaq. Le ministère de l’Intérieur a confirmé un décès. « Un blessé, âgé de 16 ans, a été prononcé mort à son admission à l’hôpital Salmaniya » à Manama, a indiqué le ministère, ajoutant que l’affaire avait été confiée au parquet.

 

Trois photographes travaillant pour des agences de presse internationales, dont l’AFP, ont été brièvement interpellés par la police avant d’être relâchés environ une heure et demie plus tard. Des dizaines de personnes ont également été blessées, « certaines grièvement », ou souffrent de « problèmes respiratoires en raison de tirs intenses de gaz lacrymogène dans les quartiers résidentiels », selon al-Wefaq. Les forces antiémeute ont tiré aussi à la chevrotine contre les manifestants, qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov en direction des policiers, déployés en force autour des villages chiites, ont indiqué des témoins.

 

« Le peuple veut la chute du régime », « À bas Hamad », le roi de Bahreïn, scandaient les protestataires, notamment dans les villages de Sitra, Barbar et Bilad al-Qadim, dont ils ont bloqué les accès avec des pneus en feu, des troncs d’arbre ou des bennes à ordures, selon des habitants.


Des policiers ont aussi été blessés, certains grièvement, a indiqué le chef de la police, Tarek el-Hassan, qui a invité la population à « ne pas se joindre (...) aux activités illégales ». Les manifestations ont en outre repris en fin de journée dans certains villages, selon des habitants.

 

Toutefois, l’activité semblait normale à Manama : les commerces étaient ouverts à City Center, le plus grand centre commercial du pays, ainsi qu’au centre d’affaires de la capitale, selon des habitants et des employés. Autour de Sanabes, proche banlieue de Manama, les forces de sécurité ont empêché des dizaines de manifestants de marcher sur la « place de la Perle », symbole du soulèvement du 14 février 2011, ont indiqué des témoins.

 

Les manifestants répondaient à un appel à la grève générale et à la désobéissance civile hier, lancé par le Collectif du 14-Février, un groupe clandestin radical qui orchestre la mobilisation via les réseaux sociaux. L’opposition réclame notamment une monarchie constitutionnelle, un gouvernement issu d’élections et la fin de la discrimination confessionnelle.

 

Les nouveaux affrontements ont eu lieu malgré la tenue, mercredi, d’une seconde séance de dialogue national entre l’opposition et le gouvernement qui, selon les autorités, se poursuivra mercredi prochain. Le Collectif du 14-Février avait prévu une marche « place de la Perle », dont le monument central a été totalement rasé par les autorités peu après la répression en mars 2011 d’un mois de contestation. La contestation s’était alors soldée par 80 morts, selon la Fédération internationale des droits de l’homme, et plusieurs dirigeants de l’opposition sont emprisonnés.


Par ailleurs, Amnesty International a réclamé hier la libération des opposants incarcérés pour avoir « exercé leur droit à la liberté d’expression ». Une centaine de manifestants ont également demandé hier à Paris la libération des prisonniers d’opinion à Bahreïn et, selon Amnesty, des rassemblements semblables étaient organisés dans une dizaine d’autres pays.

(Source : AFP)

 

 

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