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« Groundwork », ou les empreintes sur le sol de Janane al-Ani

Le Beirut Art Center* présente, en collaboration avec AFAC et le Bristish Council, le travail photographique et filmique de Janane al-Ani. « Groundwork » est une occasion de faire découvrir, également à Beyrouth, les récents travaux de l’artiste.

Un chorus de femmes qui évoquent la perte de mémoire et le langage manipulé.

Née à Kirkouk, en Irak, et établie à Londres, Janane al-Ani (master en photographie au Royal College of Art en 1997) est chargée principale de recherches à l’Université des arts à Londres. À son actif de multiples expositions, notamment à Luxembourg ou New York, et se œuvres sont exposées dans plusieurs musées modernes. Al-Ani a reçu plusieurs prix et reconnaissances dont celui du John Kobal portrait photographique en 1996, le Prix international de l’Est en 2001 et le Abraaj Capital en 2011.
Après avoir présenté, en 2009, son installation vidéo «A Loving Man» dans l’exposition collective «Closer», toujours au Beirut Art Center, l’artiste retourne quatre ans plus tard avec un ensemble filmique et photographique qui explique toute sa démarche.
La plupart de ses œuvres comprennent un chorus de femmes (sa mère et ses trois sœurs) qui parlent de la perte de mémoire, de la narration fragmentée et du langage manipulé. En 2004, parallèlement à «The Visit» qui inclut Écho, un film en deux parties, «Muse» propose un changement radical dans le travail d’al-Ani. C’est le premier travail effectué non pas en studio, mais dans le cadre d’un paysage en plein air. «The Visit» est la première série de films réalisés au Moyen-Orient. Depuis, l’artiste n’a eu de cesse de confronter la pensée orientaliste d’une région inoccupée et sans histoire. En 2007, elle achève des œuvres récentes baptisées «L’esthétique de la disparition: une terre sans peuple» présentées au BAC.

 

Traitement d’images
«Comment faire naître et construire l’image» m’a toujours intéressée, avoue Janane al-Ani dans un de ses débats. Depuis la guerre du Golfe, une de ses obsessions majeures était la production de photos aériennes, très nombreuses et surtout celles effectuées par satellite. Il y a une volonté, à la limite dédaigneuse, de ne pas s’approcher du terrain en question. L’artiste reprend ces photos aériennes en tentant de mettre l’accent sur les marques et les empreintes laissées sur le sol. Séduite par ces paysages du Moyen-Orient, elle s’interroge: comment une terre d’apparence si belle peut-elle cacher de telles horreurs en son ventre?
À partir de voyages effectués d’abord en Palestine puis en Jordanie, de recherches dans le Musée aéronautique de New York, l’artiste fouille et creuse, compare, tout en confrontant le passé et le contemporain, ainsi que différentes disciplines comme l’archéologie et la photographie. Elle aboutit à des résultats pour le moins surprenants. La terre presque lunaire, représentée par al-Ani comme lacérée, fragmentée, sillonnée, cesse d’être un paysage mais devient une surface abstraite, esthétique. Comment cet esthétisme, signale l’artiste au cours de son «talk», dissimule-t-il meurtrissures, souffrances et même horreur? Génocide d’Arménie, charniers du Kosovo ou tant d’autres populations enfouies sous les gravas, pierres et démolitions de la ville comme en Palestine, autant d’exemples qui sous-tendent cette pensée. C’est sur base artistique et non point politique que Janane al-Ani va traiter avec ces matières premières, ces photos qui, parfois prises de loin ou même à partir du ciel, représentent une terre anonyme, sans identité. C’est comme si toute la surface de la terre devenait ce paysage aux histoires que le visiteur pouvait s’approprier et réinventer à sa façon.

*Jusqu’au 6 avril. Ouverture du lundi au samedi, de 12h à 18h. Tél. : 01/397018.

Née à Kirkouk, en Irak, et établie à Londres, Janane al-Ani (master en photographie au Royal College of Art en 1997) est chargée principale de recherches à l’Université des arts à Londres. À son actif de multiples expositions, notamment à Luxembourg ou New York, et se œuvres sont exposées dans plusieurs musées modernes. Al-Ani a reçu plusieurs prix et reconnaissances dont celui du John Kobal portrait photographique en 1996, le Prix international de l’Est en 2001 et le Abraaj Capital en 2011. Après avoir présenté, en 2009, son installation vidéo «A Loving Man» dans l’exposition collective «Closer», toujours au Beirut Art Center, l’artiste retourne quatre ans plus tard avec un ensemble filmique et photographique qui explique toute sa démarche.La plupart de ses œuvres comprennent un chorus de femmes (sa mère...
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