De petits réfugiés syriens jouent dans le camp de Qah, près de la frontière turque dans le village de Atme. Aamir Qureshi/AFP
Les combats s’intensifient dans la région de Damas entre les rebelles et les forces du régime de Bachar el-Assad. Ces affrontements ont fait rage mercredi dans les environs de la capitale où sont retranchés les insurgés, faisant plus de 60 morts. Hier, des combats ont éclaté à Qaboun et des troupes ont été envoyées en renfort en province, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’armée s’est dit « déterminée à écraser le terrorisme autour de la capitale et dans les grandes villes », affirmant avoir « tué des dizaines de terroristes qui ont songé à attaquer Damas et à y entrer », selon le journal proche du pouvoir al-Watan. Dans le quartier de Qaboune à Damas, deux obus de mortier sont tombés sur une gare routière, tuant six personnes dont trois enfants, selon l’OSDH et la télévision officielle syrienne.
Dans le centre du pays, les forces du régime ont repris le contrôle de Karnaz, une localité de la province de Hama tenue depuis décembre par les rebelles, après 16 jours d’intenses combats. Les forces régulières ont brûlé des maisons lors de perquisitions après le retrait des rebelles, ont précisé des activistes, tandis que la télévision officielle annonçait aussi la reprise de la ville et la destruction de « repaires des terroristes ».
L’OSDH a également rapporté la mort de 20 ouvriers civils, dont 10 femmes, dans une explosion d’origine non précisée mercredi dans une usine appartenant à l’armée dans la province de Hama.
Parallèlement, l’offre de dialogue adressée au régime par le chef de l’opposition syrienne, Ahmad Moaz al-Khatib, semblait compromise après l’ultimatum lancé par ce dernier : M. Khatib a en effet exigé la libération d’ici à dimanche de toutes les prisonnières détenues par le régime, à défaut de quoi il retirerait son offre.
« Règlement pacifique »
Dans le même temps, le sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) s’est prononcé, mais avec des réserves de l’Iran, pour un règlement de la crise syrienne par un dialogue entre l’opposition et des représentants du gouvernement. Dans son communiqué final, le sommet a ainsi plaidé pour « un dialogue sérieux entre la Coalition de l’opposition et des représentants du gouvernement qui croient au changement politique et qui n’ont pas été impliqués directement dans la répression ». Ce dialogue devrait « ouvrir la voie à une transition qui permettra au peuple syrien de réaliser ses aspirations à un changement démocratique » dans le pays, ajoutent les dirigeants de 56 membres de l’OCI après deux jours de discussions au Caire.
Le sommet, tenu en l’absence de la Syrie suspendue de l’OCI en août en raison de la sanglante répression de la révolte, désigne le pouvoir de Damas comme « principal responsable des violences ».
L’Iran, principal soutien du régime Assad, et dont la délégation était conduite par le président Mahmoud Ahmadinejad, a « émis des réserves sur un passage ou deux » du communiqué sur la Syrie, a indiqué le secrétaire général de l’OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu. Pour leur part, l’Irak et le Liban ont émis des réserves sur ce texte, selon des sources proches des délégations.
Ahmadinejad
Très remarqué à ce sommet, M. Ahmadinejad a répété que l’opposition devrait négocier avec Damas pour la tenue « d’élections libres et transparentes », soulignant que « c’est au peuple syrien de déterminer l’avenir de (son) pays », ajoutant que « les aspirations des peuples au changement, à la liberté et à la justice ne se réalisent pas par la guerre ». Des consultations entre les chefs d’État d’Égypte, d’Iran et de Turquie, membres d’un comité sur la Syrie, ont eu lieu mercredi en marge du sommet, mais ne semblent pas avoir infléchi la position de M. Ahmadinejad. Les ministres des Affaires étrangères des trois pays vont « donner corps à ce cadre général par des principes et des mesures attendus dans les prochains jours », a indiqué le président égyptien Mohammad Morsi.
Enfin, des pirates informatiques se réclamant de « l’Armée électronique syrienne » soutenant le régime ont attaqué les comptes Twitter et Facebook de Sky News Arabia, a annoncé hier la chaîne basée à Abou Dhabi.
(Source : agences)
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