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Nos lecteurs ont la parole

Du mariage civil au mariage pour tous

Dr Élie CHAMMAS
La France et le Liban débattent d’un point commun ces jours-ci, le mariage. Dans le premier pays, il s’agit du mariage pour tous qui vise à accorder aux couples homosexuels tous les droits des couples hétérosexuels, dont le droit d’avoir des enfants par adoption ou procréation médicalement assistée. Ce projet est soutenu par la gauche, qui évoque le droit à l’égalité pour tous, quelle que soit l’orientation sexuelle, en se basant sur les études du célèbre anthropologue Claude Lévi-Strauss qui a démontré que le mariage a été créé par l’homme et qu’il n’a pas de base biologique...
En France, la droite s’oppose fermement à ce projet qu’elle juge contre nature et qu’elle accuse de détruire les fondations de la famille et par conséquent de la société, qui risque de s’effondrer, arguant que nul ne peut savoir quel va être l’avenir social, psychologique et économique de ces familles, en particulier ces enfants sans père ou mère pour les élever...
Au Liban, le débat, si débat il y a, concerne le mariage civil. Ce débat n’est pas nouveau, l’ancien président de la république Élias Hraoui avait pesé de tout son poids pour faire passer une loi sur le mariage civil facultatif, sans succès face à l’opposition farouche des hommes de religion de tous bords à cette époque. Il a fini par jeter l’éponge. Le président Lahoud n’a pas jugé que ce dossier méritait qu’on s’y attarde. Le président Sleiman a de nouveau soulevé ce sujet, devenu un vrai problème de société. Les positions du mufti de la République et du Premier ministre sont choquantes à plus d’un titre. La position du premier, qui veut priver tout musulman qui œuvre pour le projet du mariage civil facultatif au Liban de ses droits religieux, montre à quel point la question continue de hanter certains esprits. Peur de quoi? De perdre leur pouvoir ou de perdre des sources de rentrées financières? Quelle que soit la raison, qui n’a d’ailleurs jamais été évoquée d’une façon claire par ces opposants, le perdant majeur de cette affaire est bien le Liban.
Pertes financières de plusieurs centaines de millions de dollars qui sont dépensés à Chypre ou ailleurs pour des mariages civils reconnus par l’État libanais et c’est là où le bât blesse. On accepte ces mariages civils célébrés en dehors de nos frontières mais surtout pas sur notre sol. De la pure hypocrisie.
Pertes sociales, puisque le mariage civil permet l’union quels que soient la religion et le milieu de chacun. Ces unions permettent de renforcer le tissu social libanais, le rendant moins vulnérable au confessionnalisme politique et à ses conséquences néfastes.
La position du Premier ministre, qui se doit de défendre le droit de l’État libanais avant toute considération personnelle, est pour le moins incompréhensible, surtout venant d’un homme de culture et de dialogue, avec un esprit ouvert pour discuter de tous les sujets avec calme et sérénité. Son rejet catégorique du mariage civil facultatif ne peut relever que d’une position purement politique visant les prochaines élections. Mais un homme politique qui vise une envergure nationale et internationale peut-il être guidé par des considérations purement électorales ? Peut-on freiner le développement de la société et priver la caisse de l’État de revenus inestimables pour gagner quelques voix supplémentaires?
Dans quelques semaines, l’Assemblée nationale française votera la loi sur le mariage pour tous malgré l’opposition d’une grande partie des Français. La marche pour le mariage civil facultatif au Liban doit continuer par tous les moyens pacifiques. Personne ne peut s’opposer à l’évolution des sociétés. L’homme est né pour être libre. Libre de son choix politique, social et religieux. Libre de choisir le mode de mariage qu’il veut.

Dr Élie CHAMMAS
La France et le Liban débattent d’un point commun ces jours-ci, le mariage. Dans le premier pays, il s’agit du mariage pour tous qui vise à accorder aux couples homosexuels tous les droits des couples hétérosexuels, dont le droit d’avoir des enfants par adoption ou procréation médicalement assistée. Ce projet est soutenu par la gauche, qui évoque le droit à l’égalité pour tous, quelle que soit l’orientation sexuelle, en se basant sur les études du célèbre anthropologue Claude Lévi-Strauss qui a démontré que le mariage a été créé par l’homme et qu’il n’a pas de base biologique...En France, la droite s’oppose fermement à ce projet qu’elle juge contre nature et qu’elle accuse de détruire les fondations de la famille et par conséquent de la société, qui risque de s’effondrer, arguant que nul...
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