Pékin est en proie à une forte pollution depuis trois jours, obligeant les habitants à porter des masques filtrants. Ed Jones/AFP
Les autorités de Pékin ont conseillé mercredi à des millions d'habitants de rester si possible à leur domicile, face à la forte pollution atmosphérique persistante contre laquelle quelques mesures locales ont été par ailleurs annoncées.
La capitale chinoise étouffe depuis trois jours sous un épais brouillard de particules nocives, après avoir connu à plusieurs reprises en janvier d'autres pics de pollution d'une densité inédite.
A Pékin, mégalopole de 20 millions de personnes où circulent plus de 5 millions de véhicules, le gouvernement municipal a déconseillé de sortir aux enfants, aux personnes âgées et aux résidents à la santé pouvant être affectée par les particules nocives, et d'en tout cas limiter leurs sorties.
Et les radios du matin invitaient les habitants à rester le moins possible dans les rues, où de plus en plus d'habitants se déplacent le visage recouvert d'un masque filtrant, certains le conservant même à leur travail ou à leur domicile.
Dans un quartier d'affaires, des journalistes de l'AFP ont ainsi constaté que nombre d'employés d'une société du secteur tertiaire portaient leur masque devant leur écran d'ordinateur.

La place Tienanmen, dans un Pékin ultra pollué, le 30 janvier 2013. AFP/Mark RALSTON
Pour tenter de limiter les dégâts, les autorités locales ont affirmé mardi avoir imposé la fermeture de 103 usines et avoir interdit à 30% du parc des voitures officielles de circuler.
Mais ces mesures timides n'ont pas permis d'éviter de nouveaux taux préoccupants. L'ambassade des États-Unis, qui calcule et publie son propre indice de qualité de l'air, jugeait que la pollution atmosphérique avait atteint un niveau "dangereux" mercredi après-midi.
Le gouvernement chinois peut de moins en moins ignorer la mobilisation croissante des Chinois contre ce fléau, surtout face aux centaines de vols annulés ou retardés ces dernières semaines et aux habitants en détresse respiratoire qui affluent dans les hôpitaux.

Un épais brouillard de pollution couvre la capitale chinoise. REUTERS/Jason Lee
Deuxième économie de la planète et premier marché automobile mondial, la chine voit son environnement menacé par ses nombreuses industries polluantes, son trafic routier en constante expansion et son laxisme pour protéger les écosystèmes.
La chine consomme désormais autant de charbon que l'ensemble des autres pays de la planète. Le pays en tire plus de 70% de son énergie.
Le Premier ministre, Wen Jiabao, a reconnu au cours d'un sommet entre dirigeants que la pollution des derniers jours avait "affecté la santé et la vie quotidienne des gens". "Nous devrions prendre des mesures efficaces pour accélérer l'amélioration de l'organisation de notre industrie, encourager les économies d'énergie et bâtir une civilisation écologique", a dit Wen Jiabao, cité par la télévision officielle.
Pour mémoire
Un incendie d'usine passe inaperçu dans la pollution chinoise
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Et les radios du matin invitaient les habitants à rester le moins possible dans les...

