Un policier antiémeutes égyptien frappant un manifestant qui tombe à terre, hier au Caire.Mohammad Abed/AFP
Dans un discours offensif dimanche soir, M. Morsi avait décrété l’état d’urgence dans les provinces de Port-Saïd, Suez et Ismaïliya, qui longent le canal de Suez, suite à des affrontements ayant fait 46 morts. Il avait aussi appelé les représentants de l’opposition, comme les partis islamistes le soutenant, à un dialogue à 18h00 heure locale hier au palais présidentiel au Caire. De son côté, le Sénat a ratifié hier un projet de loi autorisant M. Morsi à déployer l’armée afin qu’elle participe au maintien de l’ordre jusqu’à la fin des législatives prévues dans les prochains mois et « chaque fois que le président de la République le demandera », a rapporté l’agence MENA. Le Sénat, investi du pouvoir législatif en l’absence d’Assemblée nationale, a accordé à l’armée, à la demande du gouvernement, le pouvoir temporaire d’arrêter des civils. M. Morsi a menacé de prendre d’autres mesures exceptionnelles si les violences persistaient.
Au Caire toujours, une personne a été tuée hier par un tir de chevrotine dans les affrontements qui se poursuivaient pour la cinquième journée consécutive entre groupes de manifestants et policiers aux abords de la place Tahrir. Auparavant, lors du week-end, les heurts les plus meurtriers ont eu lieu à Port-Saïd, où 37 personnes ont péri après la condamnation à mort samedi de 21 supporteurs du club de football local al-Masry impliqués dans des violences ayant fait 74 morts l’année dernière à l’issue d’un match contre le club cairote d’al-Ahly. Ces violences reflètent les profondes divisions dans le pays, mais aussi la persistance de l’hostilité d’une grande partie de la population envers la police, accusée de violations systématiques des droits de l’homme. Ainsi, en signe de défi, des habitants de Port-Saïd ont bravé le couvre-feu et l’état d’urgence en manifestant et ont dit se préparer à de nouveaux rassemblements.
Lors des obsèques dimanche à Port-Saïd de certaines victimes de samedi, des coups de feu d’origine indéterminée avaient été tirés, provoquant un mouvement de panique, puis des scènes d’émeute. Hier, les funérailles des morts de la veille ont rassemblé des centaines de personnes, selon des images de la télévision d’État, tandis qu’à Alexandrie, la deuxième ville du pays, des centaines de personnes manifestaient, en brandissant des drapeaux égyptiens et en scandant des slogans hostiles aux Frères musulmans, d’après l’agence MENA.
Les violences de ces derniers jours sont les plus meurtrières depuis l’élection en juin de M. Morsi. Elles ont été condamnées « avec force » hier par la Maison-Blanche, qui a appelé les Égyptiens au dialogue pacifique.
(Source : AFP)


Sacrée PRINTANIÈRE égyptienne !
03 h 58, le 29 janvier 2013