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À La Une - Mali

Explosion de joie à Tombouctou à l'entrée des soldats français et maliens

Avant de perdre Tombouctou, les islamistes brûlent de précieux manuscrit.

Les soldats français accueillis chaleureusement par les maliens à Tomboctou le 28 janvier 2013. AFP

Les soldats français et maliens se sont emparés lundi de la cité mythique de Tombouctou, dans le nord du Mali, où les groupes islamistes armés ont brûlé un bâtiment contenant de précieux manuscrits avant de prendre la fuite.

 

A Tombouctou, les militaires ont opéré une manoeuvre conjointe, terrestre et aérienne, avec largage de parachutistes, pour s'emparer dans la nuit de l'aéroport et des accès à cette ville-phare de l'islam en Afrique subsaharienne, située à 900 km au nord-est de Bamako. Puis une colonne de soldats français et maliens est entrée en ville, selon un colonel de l'armée malienne qui n'a pas souhaité être cité, information confirmée depuis Bamako par le maire de Tombouctou.

Français et Maliens contrôlent désormais la "Boucle du Niger", entre les deux principales villes du Nord du Mali, Tombouctou et Gao, au dix-huitième jour de l'intervention française, a souligné à Paris l'état-major des armées.

 

Des centaines d'habitants ont explosé de joie lundi après-midi dans le centre de Tombouctou à la vue de soldats français et maliens qui venaient d'y entrer, a constaté un journaliste de l'AFP.

Aux cris de "Mali, Mali, Mali", la foule brandissait de petits drapeaux français et maliens au passage des soldats. Un des habitants s'est dit soulagé de cette arrivée après des mois de "souffrance" et de "chicotte" (coups de fouet ou de bâton) infligés par les islamistes armés.

 

"Nous sommes en train de gagner cette bataille", a déclaré le président français, François Hollande, lors d'une conférence de presse à l'Elysée lundi soir, confirmant la reprise de Gao et Tombouctou. "La France n'a pas vocation à rester au Mali. En revanche, notre devoir c'est de faire en sorte que nous puissions permettre aux forces africaines de donner au Mali une stabilité durable".

 

"Les choses se passent comme prévu et ce qui est important c'est que le Mali, petit à petit, est libéré" des groupes liés à el-Qaëda qui, en 2012, avaient transformé sa partie nord en sanctuaire, avait souligné, plus tôt,le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

 

"Crime culturel"

Ombre au tableau, les témoignages se multiplient sur la destruction de précieux manuscrits à Tombouctou, devenue la capitale intellectuelle et spirituelle de l'islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles et une prospère cité caravanière.

Une source malienne de sécurité a fait état d'un "bâtiment abritant les manuscrits, brûlé".

Le maire de Tombouctou, Halley Ousmane, qui se trouvait à Bamako, a confirmé: "J'ai eu ce matin mon chargé de communication au téléphone. Le centre Ahmed Baba où se trouvent des manuscrits de valeur a été brûlé par les islamistes. C'est un véritable crime culturel".

 

Certains des manuscrits de Tombouctou remontent à l'ère pré-islamique. L'Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba abrite entre 60.000 et 100.000 manuscrits, selon le ministère malien de la Culture.

Le maire de Tombouctou a également fait état de la mort d'un habitant, "brûlé vif" par les islamistes, parce qu'il avait crié "Vive la France".

 

L'opération sur Tombouctou survient deux jours après la prise, lors d'une offensive éclair, de Gao, plus importante ville du nord du Mali et un des bastions des combattants islamistes, à 1.200 km au nord-est de Bamako.

 

"Exactions de l'armée malienne"

Après Gao et Tombouctou, les regards se tournent désormais vers Kidal, dans l'extrême nord-est malien, non loin de la frontière algérienne, la troisième grande ville du Nord du Mali, à 1.500 km de Bamako.

Là, des rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et des dissidents d'un groupe islamiste armé ont affirmé lundi contrôler la ville.

 

"Nous assurons ensemble la sécurité de la ville de Kidal", a déclaré à l'AFP Mohamed Ag Aharib, ancien porte-parole du groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), passé à un groupe dissident, le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA). "Actuellement à Kidal, il y a des combattants du MIA et des combattants du MNLA, qui avaient intégré les rangs d'Ansar Dine et qui sont redevenus MNLA", a-t-il souligné.

 

Pour sa part, le MNLA a affirmé dans un communiqué que la ville de Kidal était sous son contrôle.

Les autonomistes touareg ont assuré ne pas rechercher la confrontation avec l'armée française ni avec la force africaine d'intervention, mais vouloir "protéger les populations contre les exactions de l'armée malienne".

La reconquête du nord du Mali s'accompagne en effet de craintes d'actes de vengeance contre les islamistes, qui ont commis de nombreux crimes : amputations, lapidations, exécutions, et à Tombouctou, destruction de nombreux mausolées de saints musulmans.

 

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a d'ailleurs demandé lundi aux autorités maliennes de prendre "des mesures immédiates" pour "protéger tous les Maliens de représailles", évoquant "des risques élevés de tensions inter-ethniques" dans le Nord, où la rivalité est forte entre communautés arabe et touareg d'un côté, noire de l'autre.

Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes armés se sont réfugiés dans les montagnes de Kidal, où leurs positions ont été bombardées samedi par des avions français.

 

Déploiement de la force africaine

A Addis Abeba, les chefs d'Etat de l'Union africaine (UA) ont estimé lundi à 460 millions de dollars le budget de déploiement de la force africaine, censée prendre à terme le relais des troupes françaises au Mali.

Plus de 6.000 soldats ouest-africains et tchadiens doivent à terme être déployés au Mali. La reconquête de Gao a ainsi été suivie de l'arrivée, par voie aérienne, de troupes tchadiennes et nigériennes venues de Niamey pour sécuriser la ville, une opération que l'armée française semble réticente à mener dans les villes reprises aux groupes islamistes armés.

Mais les autres troupes africaines n'arrivent qu'au compte-gouttes et leur déploiement est ralenti par de sérieux problèmes de financement et de logistique.

 

Les soldats français et maliens se sont emparés lundi de la cité mythique de Tombouctou, dans le nord du Mali, où les groupes islamistes armés ont brûlé un bâtiment contenant de précieux manuscrits avant de prendre la fuite.
 
A Tombouctou, les militaires ont opéré une manoeuvre conjointe, terrestre et aérienne, avec largage de parachutistes, pour s'emparer dans la nuit de l'aéroport et des accès à cette ville-phare de l'islam en Afrique subsaharienne, située à 900 km au nord-est de Bamako. Puis une colonne de soldats français et maliens est entrée en ville, selon un colonel de l'armée malienne qui n'a pas souhaité être cité, information confirmée depuis Bamako par le maire de Tombouctou.
Français et Maliens contrôlent désormais la "Boucle du Niger", entre les deux principales villes du Nord du Mali,...
commentaires (1)

Vraiment incompréhensibles sont ces nouveaux réformateurs islamistes qui au nom de la religion et de leur fanatisme brûlent des maisons et des manuscrits.De vrais fous . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

05 h 37, le 28 janvier 2013

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Commentaires (1)

  • Vraiment incompréhensibles sont ces nouveaux réformateurs islamistes qui au nom de la religion et de leur fanatisme brûlent des maisons et des manuscrits.De vrais fous . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    05 h 37, le 28 janvier 2013

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