La chanteuse Beyoncé chantant l'hymne national lors de la cérémonie officielle d'investiture de Barack Obama. Alex Wong/Getty Images/AFP
Le président américain Barack Obama a appelé lundi à l'action pour renforcer les droits et les libertés aux Etats-Unis, après avoir officiellement prêté serment pour un second mandat face à des centaines de milliers de personnes enthousiastes rassemblées au coeur de Washington.
Dans un discours solennel aux accents progressistes, depuis une tribune monumentale sur les marches du Capitole, M. Obama, au pouvoir jusqu'à début 2017, a cité la déclaration d'indépendance, acte fondateur des Etats-Unis en 1776, pour appeler à "poursuivre ce que les pionniers" avaient entamé.
"Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos femmes, nos mères et nos filles ne pourront gagner leur vie comme le méritent leurs efforts. Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos frères et soeurs homosexuels ne seront pas traités comme tout le monde par la loi", a lancé M. Obama.
"Notre voyage ne sera pas terminé tant que nous n'aurons pas trouvé une meilleure façon d'accueillir les immigrés pleins d'espoir qui voient les Etats-Unis comme le pays du possible (...) Notre voyage ne sera pas terminé tant que tous nos enfants (...) sauront qu'ils sont protégés du mal", a-t-il dit, en citant nommément Newtown, la ville qui fut le théâtre d'un massacre d'écoliers à la mi-décembre.
"Alliances fortes"
"Maintenant, des décisions nous incombent, et nous ne pouvons pas nous permettre de retard", a-t-il dit, en allusion au fait qu'il devra composer au début de son second mandat, comme à la fin du premier, avec un Congrès partiellement aux mains de ses adversaires républicains.
Après deux ans d'affrontements et une campagne électorale acharnée, il a d'ailleurs mis en garde ses adversaires dans ce discours orienté vers les priorités de ses alliés démocrates: "nous ne pouvons pas prendre l'intransigeance pour des principes, substituer le spectacle à la politique, ou traiter les insultes comme un débat raisonné".
Si les hauts responsables républicains n'ont pas relevé cette profession de foi dans l'immédiat, le nouveau sénateur Tim Scott, proche des ultra-conservateurs du "tea party", a constaté face aux journalistes: "il va pousser le pays à gauche, et nous allons faire en sorte de le repousser vers la droite".
Lors de son discours, M. Obama a aussi promis que les Etats-Unis réagiraient "à la menace du changement climatique, en gardant à l'esprit que ne pas le faire constituerait une trahison pour nos enfants et les générations futures".
Le dirigeant a également assuré que son administration maintiendrait des "alliances fortes" partout dans le monde. "Personne n'a plus intérêt à un monde en paix que le pays le plus puissant", a-t-il plaidé en promettant de "soutenir la démocratie de l'Asie à l'Afrique, des Amériques au Moyen Orient".
Bibles de Lincoln et Martin Luther King
Peu auparavant, M. Obama avait prononcé la rituelle prestation de serment disposée par la Constitution.
"Moi, Barack Hussein Obama, je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis", a-t-il dit pour la deuxième fois en 24 heures.
Une première cérémonie, intime et expédiée en quelques dizaines de secondes, a déjà eu lieu dimanche à la Maison Blanche, le 20 janvier à midi étant la date et l'heure précises disposées par la Constitution pour le début des mandats présidentiels. La tradition veut toutefois que lorsque le 20 tombe un dimanche, les cérémonies publiques soient reportées au lendemain.
Lundi, M. Obama a levé la main droite et posé la gauche sur deux Bibles, tenues par sa femme Michelle: celle d'Abraham Lincoln, sauveur de l'Union et émancipateur des esclaves, et celle de Martin Luther King, dont coïncidence, la mémoire est honorée lundi aux Etats-Unis.
Une foule immense se pressait sur le "Mall", agitant des milliers de drapeaux par des températures légèrement positives. Les organisateurs tablaient sur jusqu'à 800.000 spectateurs, soit sensiblement moins qu'en 2009, quand 1,8 million de personnes avaient fait le déplacement.
(Lire aussi : L’investiture d’Obama, une fête populaire et des VIP superchoyés)
La capitale fédérale était placée en état de siège lundi, d'énormes 4x4 blindés de l'armée bloquant dès avant l'aube les artères pour faire respecter aux véhicules un périmètre de sécurité se voulant hermétique. Quelque 30.000 membres des forces de l'ordre étaient mobilisés.
La chanteuse Beyoncé a chanté l'hymne national américain en conclusion de la cérémonie au Capitole. Les Obama, à l'issue d'un déjeuner dans le bâtiment du Congrès, doivent prendre en début d'après-midi la tête d'un défilé sur Pennsylvania Avenue vers la Maison Blanche. Ils assisteront ensuite à l'arrivée du reste de la parade depuis une tribune montée près de la résidence exécutive.
La journée, que MM. Obama et son vice-président Joe Biden ont entamée à 08h40 (13h40 GMT) par une messe à Saint John's, l'"église des présidents" proche de la Maison Blanche, se concluera par des bals d'investiture au palais des Congrès. Katy Perry, Stevie Wonder et les acteurs-chanteurs "oscarisés" Jamie Foxx et Jennifer Hudson s'y produiront.
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