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À La Une - Crise

Mali : les jihadistes menacent la France et repassent à l'offensive

Les islamistes s'emparent de Diabali, à 400 km au nord de Bamako.

Depuis samedi, la France multiplie les raids aériens contre les formations islamistes au Mali afin de stopper leur progression vers la capitale.  AFP / ECPAD / Nicolas-Nelson Richard

Les jihadistes ont repris l'offensive au Mali, s'emparant lundi de la ville de Diabali, à 400 km au nord de Bamako, tout en menaçant de "frapper le coeur de la France", qui bombarde depuis quatre jours leurs colonnes et leurs positions, leur occasionnant de lourdes pertes.

 

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a confirmé la prise par les islamistes de Diabali, non loin de la frontière avec la Mauritanie.

"Nous savions qu'il y aurait une contre-offensive vers l'ouest, d'autant plus que là se trouvent les éléments déterminés, les plus structurés, les plus fanatiques (...). Ils ont pris Diabali, qui est une petite commune, après des combats importants et après une résistance de l'armée malienne qui était insuffisamment dotée à ce moment précis", a déclaré le ministre sur la chaîne BFM-TV.

L'attaque sur Diabali était dirigée par Abou Zeid, un des chefs d'el-Qaëda au Maghreb islamique (Aqmi), selon une source sécuritaire régionale.

 

La France, se disant "en guerre contre le terrorisme" au Mali selon M. Le Drian, a bloqué vendredi la progression des groupes armés islamistes, qui contrôlent le nord du Mali depuis neuf mois, vers le centre du pays. L'aviation française a bombardé pour la première fois dimanche leurs positions dans le nord, à Gao et Kidal, au coeur des territoires jihadistes. Lundi, c'est le quartier général du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) à Douentza, à 800 km au nord de Bamako, qui a été visée, mais les combattants islamistes avaient déjà fui la ville, a-t-on appris de sources concordantes.

 

En conséquence de quoi, les islamistes ont promis de se venger. "La France a attaqué l'islam. Au nom d'Allah, nous allons frapper le coeur de la France. Partout. A Bamako, en Afrique et en Europe", a déclaré à l'AFP Abou Dardar, l'un des responsables du Mujao.

A Bamako, le lycée français a été fermé lundi "par mesure de précaution", selon l'ambassadeur de France, Christian Rouyer, qui recommande la "vigilance" aux 6.000 ressortissants français vivant au Mali.

 

 

 

 

 

Jihadistes "au paradis"

Le responsable du Mujao Abou Dardar a refusé de donner un bilan des raids français, se contentant d'affirmer que "tous les moudjahidine qui sont morts sont allés au paradis".

 

Mais plus de soixante jihadistes ont été tués dimanche dans la seule ville de Gao et sa périphérie, au cours de bombardements intenses, selon des habitants de la région. "La nuit, les islamistes qui sont restés cachés dans les maisons sont sortis pour prendre les corps de leurs camarades", a déclaré à l'AFP un habitant de Gao.

 

"Ils ont perdu énormément en logistique et des hommes. Le chiffre de 60 victimes n'est pas du tout exagéré à Gao. Le bilan est même certainement plus élevé", a indiqué une source sécuritaire régionale. "Plusieurs chefs jihadistes ont été tués ou blessés lors des raids de l'armée française", a ajouté cette source.

 

Les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) ont dit lundi être "prêts à aider" l'armée française à lutter contre les groupes islamistes armés du nord du Mali, en faisant "le travail au sol", fort de sa "connaissance du terrain et des populations".

Le MNLA avait lancé en janvier 2012 une offensive dans le nord du Mali, avant d'en être évincé peu après par les groupes islamistes armés. Très affaibli, il s'était engagé en décembre 2012 à cesser les hostilités et à négocier avec Bamako.

 

Gao, Kidal, et la ville historique de Tombouctou sont les trois principales villes du Nord malien, en majorité désertique, sous la coupe des islamistes depuis près de neuf mois. Les lapidations et amputations auxquelles ils se sont livrés, ainsi que les destructions de mausolées, ont suscité la réprobation générale.

 

(Repère : Le Mali, un pays enclavé au coeur du Sahel)
 

Implication internationale

Parallèlement, le président François Hollande s'est entretenu lundi avec son homologue nigérian, Goodluck Jonathan, dont le pays doit commander la force internationale militaire africaine au Mali, et avec le président Blaise Compaoré, qui avait déjà annoncé la participation du Burkina Faso. Il doit rencontrer mardi à Abu Dhabi le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

 

La Chine n'a, quant à elle, soutenu la France que du bout des lèvres, insistant sur le déploiement "aussi vite que possible" de la Force internationale de soutien au Mali (Misma) approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Les préparatifs s'accélèrent pour le déploiement de cette force ouest-africaine. Les premiers éléments promis par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) se mettent en place, sous la direction d'un général nigérian, Shehu Abdulkadir.

Le Nigeria doit fournir 600 hommes. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo, et le Sénégal ont également annoncé l'envoi chacun d'environ 500 hommes, et le Bénin 300.

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit, devait, en outre, se réunir lundi après-midi, à l'initiative de la France, qui souhaite informer ses partenaires sur la situation au Mali et son intervention militaire.

 

Otages

Dans le même temps, les familles des sept otages français détenus par des groupes islamistes au Sahel craignent que l'intervention française mette leur vie en danger. "Nous allons faire aujourd'hui un communiqué sur les otages. A partir d'aujourd'hui, tous les moudjahidine sont ensemble", a en effet souligné le responsable du Mujao, joint par téléphone par l'AFP depuis Bamako.

Aqmi détient depuis le 16 septembre 2010 quatre Français enlevés au Niger, et depuis novembre 2011 deux autres capturés dans le nord du Mali. Une septième personne a été enlevée le 20 novembre dans l'ouest du Mali par le Mujao.

 

Mort d'un deuxième soldat en Somalie

Dans la nuit de vendredi à samedi, les commandos français de la DGSE (service français de renseignement extérieur), avaient en outre lancé une opération en Somalie pour libérer un des leurs, otage des insurgés islamistes somaliens, les shebab, depuis juillet 2009. Cette opération s'est soldée par un sanglant échec.

Le soldat français présenté par les shebab comme blessé et capturé lors du raid de commandos français est décédé de suites de ses blessures, a affirmé lundi un porte-parole militaire des islamistes, précisant que "le Haut-Commandement des shebab décidera lors d'une prochaine étape" de restituer ou non le corps de ce soldat.

 

Quelques heures plus tard, les shebab ont publié sur leur compte Twitter trois photos du cadavre d'un homme blanc. "Le commandant français tué durant l'opération de secours bâclée à Bulomarer", indique la légende de la première image, sur laquelle apparaît un jeune homme aux cheveux courts, du sang séché sur le visage, vêtu d'un pantalon clair et d'une chemise sombre dont dépasse une chaîne et une croix chrétienne. "François Hollande, cela en valait-il la peine?" dit la légende de la deuxième photo sur laquelle le corps apparaît en plan plus large, à côté de matériel militaire, dont des armes, des chargeurs, un gilet pare-balles, un casque, un sac à dos et du matériel optique.

 

La mort d'un premier soldat français avait déjà été annoncée après le raid, et le sort de l'otage, qui n'a pas été libéré, reste incertain. Alors que Jean-Yves Le Drian a estimé que "tout donne à penser" que l'otage, présenté comme Denis Allex - sans doute un pseudonyme -, "a été abattu pas ses geôliers", les shebab affirme qu'il est vivant. Sans toutefois en apporter la preuve.

 

 

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Les jihadistes ont repris l'offensive au Mali, s'emparant lundi de la ville de Diabali, à 400 km au nord de Bamako, tout en menaçant de "frapper le coeur de la France", qui bombarde depuis quatre jours leurs colonnes et leurs positions, leur occasionnant de lourdes pertes.
 
Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a confirmé la prise par les islamistes de Diabali, non loin de la frontière avec la Mauritanie.
"Nous savions qu'il y aurait une contre-offensive vers l'ouest, d'autant plus que là se trouvent les éléments déterminés, les plus structurés, les plus fanatiques (...). Ils ont pris Diabali, qui est une petite commune, après des combats importants et après une résistance de l'armée malienne qui était insuffisamment dotée à ce moment précis", a déclaré le ministre sur la chaîne BFM-TV.
L'attaque...
commentaires (4)

Je suis presque sûr que , suite à son intervention en somalie et au Mali...Hollande espère au fond de lui même que les terroristes essaient de tenter quelque chose en france... Il croirait sans doute qu'il rassemblerait les français autour de lui...Il est tellement bas dans les sondages...Il croirait sans doute, la jouer comme GW BUSH: Souvenez vous: Bush jr est passé du stade de "crétin" au stade de "héros" défendant les USA contre les terroristes qui ont osé attaquer les twins tower.. Sans doute espère t il au fond de lui même quelque chose dans le genre????

jean-Pierre EL KHOURY

12 h 09, le 14 janvier 2013

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Commentaires (4)

  • Je suis presque sûr que , suite à son intervention en somalie et au Mali...Hollande espère au fond de lui même que les terroristes essaient de tenter quelque chose en france... Il croirait sans doute qu'il rassemblerait les français autour de lui...Il est tellement bas dans les sondages...Il croirait sans doute, la jouer comme GW BUSH: Souvenez vous: Bush jr est passé du stade de "crétin" au stade de "héros" défendant les USA contre les terroristes qui ont osé attaquer les twins tower.. Sans doute espère t il au fond de lui même quelque chose dans le genre????

    jean-Pierre EL KHOURY

    12 h 09, le 14 janvier 2013

  • ILLOGIQUE....Comment raisonne t il ce françois Hollande?? Il a tout fait, tout rameuté..il a dépensé des millions pour rapatrier les forces françaises d'afghanistan, sources d'insécurité, de dépenses etc......Parfait. Le voilà, qui ouvre 2 FRONTS en même temps en afrique !!!! Il parle de démocratie des peuples...Alors qu'en France la moitié de son peuple, sinon plus...conteste sa décision de loi concernant le mariage Gay, tel que préparé dans les coulisses de Matignon... et?? Rien..il ne bronche pas..Il ne veut même pas écouter son peuple qui a manifesté joyeusement hier Dimanche, à paris. Comprenez la logique d'un président, dont le pays a les caisses vides, ou presque, qui prône la démocratie aux autres tout en la privant à son propre peuple... Je savais qu'en matière de compétences, il manquait certaines cases, mais à ce point ???

    jean-Pierre EL KHOURY

    12 h 01, le 14 janvier 2013

  • Mais pourquoi ? les socialistes amateurs au pouvoir en France, en pleine crise économique et financière... se sont lancé dans une expédition militaire risquée et coûteuse en Afrique...?

    M.V.

    11 h 37, le 14 janvier 2013

  • Vouloir c'est pouvoir .Mais ces groupes islamistes ne sont pas le fruit des occidentaux pour laisser ces gens s 'acharner contre les dictateurs ? Bon courage pour la France . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 38, le 14 janvier 2013

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