Des membres de la communauté kurde manifestent à Paris, le 10 janvier 2013, devant les locaux d'une association où les corps de trois activistes kurdes, assassinées, ont été découverts. AFP/THOMAS SAMSON
Trois activistes kurdes ont été retrouvées mortes dans la nuit de mercredi à jeudi, tuées chacune d'une balle dans la tête, dans les locaux d'une association de la communauté kurde du centre de Paris, a-t-on appris de sources concordantes.
La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie et a confié l'enquête à la section antiterroriste de la police judiciaire. "La scène peut laisser penser qu'il s'agit d'une exécution, mais l'enquête devra éclaircir les circonstances exactes de ce drame", a précisé plus tôt une source policière.
"Trois femmes ont été abattues, tuées, sans doute exécutées. C'est un fait grave, d'où ma présence. C'est tout à fait inacceptable", a déclaré sur place le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls, assurant de la "détermination des autorités françaises" à "faire toute la lumière sur cet acte tout à fait insupportable".
"Beaucoup de gens connaissaient la présidente du centre d'information" kurde, Fidan Dogan, une des trois victimes, a encore dit le ministre.
Fidan Dogan, 32 ans, était également la représentante en France du Congrès national du Kurdistan, a précisé dans un communiqué la Fédération des associations kurdes de France.
Selon la fédération, les deux autres victimes sont Sakine Cansiz, présentée comme "une des fondatrices du PKK" (Parti des travailleurs du Kurdistan, interdit en Turquie) et Leyla Soylemez, une "jeune activiste".
Dès l'annonce de ces assassinats, des centaines de Kurdes se sont rassemblés devant l'immeuble scandant "Elles ne sont pas mortes", "Nous sommes tous PKK!", "Turquie assassin, Hollande complice!", et agitant des drapeaux à l'effigie du chef emprisonné des rebelles kurdes Abdullah Öcalan.
Selon le témoignage à l'AFP de Leon Edart, responsable de la fédération des associations kurdes, les trois femmes étaient seules mercredi à la mi-journée dans les locaux du centre d'information situé au premier étage muni d'un digicode et de sonnettes, dans cet immeuble du 147 rue Lafayette du Xe arrondissement de Paris,
En fin d'après-midi, un membre de la communauté a essayé en vain de les joindre. Il a tenté de se rendre sur place, mais n'avait pas les clés et n'a pu rentrer immédiatement.
Selon la fédération des Kurdes de France, des amis inquiets se sont alors rendus sur place. Ils auraient vu des traces de sang sur la porte qu'ils auraient alors défoncée. Ils ont découvert les trois corps vers 01H00 du matin (00H00 GMT), selon cette source.
Deux des femmes auraient été tuées d'une balle dans la nuque, la troisième présentant des blessures dans le ventre et au front, selon la fédération.
Sur l'immeuble, aucune plaque ne signale la présence du centre d'information du Kurdistan. D'après Léon Edart, les victimes auraient peut-être ouvert la porte à leur(s) assassin(s).
La fédération des associations kurdes de France a appelé les Kurdes d'Europe "à se rassembler à Paris pour dénoncer cette attaque".
A plusieurs reprises par le passé, la justice française s'est intéressée à des affaires impliquant la communauté kurde, en particulier des dossiers de financement du PKK, via des extorsions de fonds ou la levée d'"impôt révolutionnaire".
Ces assassinats surviennent au moment où, selon des médias turcs, Ankara et le chef emprisonné des rebelles kurdes Abdullah Öcalan se sont mis d'accord sur un arrêt des hostilités qui durent depuis 1984.
Selon ces sources, cet accord prévoit, en plusieurs étapes, la suspension des attaques du PKK dès le mois de mars, en échange d'une réforme de l'Etat turc destinée à accroître les droits de la minorité kurde.
En France, les Kurdes représentent une population de plus de 150.000 personnes, dont près de 90% sont des Kurdes de Turquie, selon une étude réalisée en 2006 par Rusen Werdi, experte de l'Institut kurde de Paris.
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"Trois femmes ont été abattues, tuées, sans doute exécutées. C'est un fait grave, d'où ma présence. C'est tout à fait inacceptable", a déclaré sur place le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls, assurant de la "détermination des autorités françaises" à...

