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Liban

Nombrilisme chronique

Le chef du CPL est retourné hier à son antienne... ancienne. Lors de son point de presse hebdomadaire, il a lâché son venin contre L’Orient-Le Jour et, sans le nommer, contre notre collègue Michel Hajji Georgiou, qu’il a qualifié de « jeune anarchiste » (sic ! ). Il faut dire que Michel Hajji Georgiou avait vivement dénoncé, sur les réseaux sociaux, la position du ministre Gebran Bassil au sujet des réfugiés syriens, soulignant qu’une telle position dégage des relents de racisme.

 

Rejetant cette accusation de racisme, le député du Kesrouan a estimé qu’il ne fallait pas confier à « un jeune anarchiste » un poste de responsabilité médiatique qui lui permettrait « d’orienter l’opinion publique ». Et poursuivant sur sa lancée, il a ajouté sans détours : « J’ai pitié de L’Orient-Le Jour car lorsque nous mettrons un terme à notre action politique, il n’aura plus rien à publier et il proclamera sa faillite. Nous sommes sa source de revenus... » Bel exemple de nombrilisme. Chronique, de surcroît...


Il est trop bon, le député du Kesrouan. Sauf que, à l’instar de son nouvel allié sur les bords du Barada, il est quelque peu déconnecté de certaines réalités. Il feint ainsi d’oublier que depuis plus de 85 ans – soit avant même la naissance du chef du CPL – L’Orient-Le Jour défend les mêmes valeurs et sa ligne éditoriale portant sur les grands dossiers nationaux (relations avec la Syrie, libertés publiques, système politique, cause palestinienne...) obéit aux mêmes positions de principe, indépendamment des personnes et des parties. Et à ce propos, le chef du CPL oublie un peu trop vite que c’est sur base de ces mêmes principes que les journalistes de L’Orient-Le Jour ont été les premiers de la presse libanaise à le défendre et à défendre sa cause (lorsqu’il en avait une) face au régime syrien, dont notamment d’ailleurs le « jeune anarchiste » qu’il dénonce aujourd’hui, qui avait failli être poursuivi en justice en 2003 par les nouveaux amis du général après un entretien à Paris sur le Syria Accountability Act, ainsi que l’auteur de ces lignes, poursuivi en justice par ses alliés d’aujourd’hui à cause d’une interview qu’il lui avait faite au début des années 90 à la Haute-Maison.


Il reste qu’une question se pose avec acuité : comment expliquer, qu’en bon artilleur qui détruit tout devant lui pour mieux occuper l’espace public, le député du Kesrouan prend soin de s’en prendre à L’Orient-Le Jour à chaque fois que des élections pointent à l’horizon (surenchère oblige)? Il l’a fait régulièrement en 2009 à la veille du scrutin et le voilà qui réitère sa manœuvre avant la consultation de 2013. N’est-ce pas, par hasard, parce qu’il n’a aucun argument rationnel et convaincant à avancer pour répondre, devant ses électeurs, aux positions de principe défendues sans compromissions par l’équipe du journal ?

 

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Rejetant cette accusation de racisme, le député du Kesrouan a estimé qu’il ne fallait pas confier à « un jeune anarchiste » un poste de responsabilité médiatique qui lui permettrait « d’orienter l’opinion publique ». Et poursuivant sur sa lancée, il a ajouté sans détours : « J’ai pitié de L’Orient-Le Jour...
commentaires (5)

La critique a toujours eu mauvaise presse ; le critique comme l'Orient-Le Jour , bonne conscience. Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

09 h 58, le 09 janvier 2013

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Commentaires (5)

  • La critique a toujours eu mauvaise presse ; le critique comme l'Orient-Le Jour , bonne conscience. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 58, le 09 janvier 2013

  • Genre : THE ITALIAN JOB !

    SAKR LEBNAN

    06 h 37, le 09 janvier 2013

  • Certains ne supportent Rien ! Surtout si on les prétend atteints de liberticisme ou autre déviationnisme anti-journalistique. A peine une allusion de ce genre est-elle faite, que la "personne" visée se met à piailler qu’elle n’a point professé de telles horreurs. Que le fait de l’accuser la blesse considérablement, et que son démocrate assadique d’à côté pourrait en témoigner. Toujours est-il que Bossfaïr e.g. s’agite pour ne Rien dire, ou finit par dire n’Immmporte quoi. On conçoit que, s’il s’agitait ainsi, c’est qu’il se croyait arrivé et qu’en tous cas il a toujours été comme ça : période et état où on s’encanaille volontiers en éructant des "libanneries" ! En effet Bossfaïr n’est pas le Mahatma, car il était lui un Personnage pondéré et réfléchi qui dosait ses appréciations avec retenue. Et que les Sains, s’ils évoquaient même le mot Bossfaïr, se laisseraient sûrement aller aux pires outrages car ils ne résistent pas et donnent prise ! D’ailleurs, himself proteste lorsqu’on affirme que ses paroles ne sentent pas bons. Et qu’entre l’anti-palestinianisme qu’il assume et l’anti-sunnisme simpliste que soi-disant il récuse, il n’y a même pas l’épaisseur d’un képi. Depuis, et pas au grand dam de ses thuriféraires bigleux ou pire, le bonhomme que toutes les xénophobies devraient "maronitiquement" faire réfléchir n’en a cure, et c’est ostensiblement qu’il s’acoquine avec l'assadique.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    04 h 32, le 09 janvier 2013

  • Bonjour, La meilleure des choses aurait été de Relater les propos de Gebran Bassil Sans essayer d'argumenter Pavla Riga

    Riga Pavla

    02 h 53, le 09 janvier 2013

  • Et M Touma oublie que le gendre gâté et héritier du trône de Rabieh est "untouchable", même s'il fait les plus grandes bêtises et commet les pires exactions, comme dans le cas des réfugiés syriens vis à vis desquels il a montré un racisme à toute épreuve. Par leur alliance indéfectible jusqu'à la mort (bil-rouh wil-damm) avec le dictateur de Damas contre son peuple "terroriste", le général et son gendre-ministre sont en train de préparer le terrain pour une irrésistible "amitié" du peuple syrien à l'égard des chrétiens du Liban, après qu'il se soit débarrassé de son tyran.

    Halim Abou Chacra

    02 h 48, le 09 janvier 2013

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