Le ministre de l’Économie, Nicolas Nahas, a souligné hier l’engagement du gouvernement à appliquer l’interdiction de fumer dans les lieux publics sans toutefois écarter des amendements à la loi 174 pour soutenir les restaurants.
« Nous devons appliquer cette interdiction, mais nous pouvons amender certains articles ou émettre des décisions administratives en faveur du secteur de la restauration », a déclaré M. Nahas à l’issue d’un entretien avec une délégation du syndicat des propriétaires de restaurants, menée par Paul Ariss.
La délégation a appelé le ministre à encourager le secteur afin qu’il n’y ait pas de licenciements.
« Nous continuerons notre travail malgré tous les défis auxquels nous faisons face, d’autant qu’il constitue un pilier principal du secteur touristique au Liban », a affirmé pour sa part le président du syndicat des restaurateurs, Paul Ariss.
La loi antitabac a été également au centre des discussions de la commission ministérielle chargée d’étudier la loi, réunie hier sous la présidence du Premier ministre, Nagib Mikati. À l’issue de la réunion, M. Nahas a affirmé que les discussions ont porté sur « l’application de la loi 174 d’une manière équilibrée sur l’ensemble du territoire ».
De son côté, le ministre du Tourisme, Fadi Abboud, a souligné la possibilité « d’introduire des amendements limités à la loi, d’autant qu’il n’y a pas encore une entente sur la possibilité de prévoir une salle pour les fumeurs dans les grands restaurants ni sur la possibilité d’ouvrir les fenêtres en hiver dans les espaces réservés aux fumeurs dans les restaurants ».
Majdalani s’insurge...
« L’infraction à la loi est flagrante », constate le président de la commission parlementaire de la Santé, Atef Majdalani. Interrogé par L’Orient-Le Jour sur un possible amendement de la loi 174 de lutte antitabac, le Dr Majdalani a expliqué que « le Parlement axe son activité sur la préparation des prochaines législatives ». « Aucun amendement de la loi ne serait possible avant cette date, a-t-il ajouté. Le gouvernement est en train de faire assumer à la loi 174 de lutte antitabac toutes ses erreurs, ses négligences, ses échecs et son imprévoyance portant sur la situation politique et sécuritaire. La loi vise à réduire les problèmes de santé liés au tabagisme et les charges supportées par l’État dans ce domaine, d’autant que 82 % des maladies liées au tabagisme sont couvertes par le ministère de la Santé. »
Et le Dr Majdalani de s’insurger : « Est-ce la loi 174 de lutte antitabac qui a poussé les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie saoudite à interdire à leurs ressortissants de se rendre au Liban ou bien les manifestations agrémentées de pneus brûlés sur la route de l’aéroport et l’insécurité dans le pays ? De qui se moque-t-on ? »
Le Dr Majdalani rappelle qu’en 2005, le Liban a ratifié la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac. De ce fait, le Liban devait respecter ses engagements envers l’OMS en promulguant une loi antitabac, tel que le prévoit d’ailleurs l’article 13 de la convention.
« Quelle image du Liban cherche-t-on à montrer au monde ? se demande le Dr Majdalani. Celle d’un pays irresponsable incapable de faire appliquer une loi ? Qu’ils arrêtent de brûler des pneus et de menacer les ressortissants étrangers au lieu de faire échouer l’application de la loi. Ces personnes qui haussent le ton respectent elles-mêmes la loi à l’étranger, même par temps glacial, mais refusent de le faire dans leur propre pays. Au Liban, nous avons la pluie deux mois sur toute l’année. Où est le problème si la consommation du tabac baisse un peu durant cette période ? Et lorsqu’il fait froid, on peut toujours s’installer dehors, comme on le fait dans tous les pays européens, avec des chaufferettes ! Le gouvernement doit assumer ses responsabilités en ce qui concerne l’application de la loi. »
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