Le président Barack Obama a mis en garde les républicains contre la tentation de prendre leur revanche budgétaire. Reuters/Jonathan Ernst
Le Fonds monétaire international a certes salué l’accord du Congrès pour « empêcher des hausses d’impôts et des réductions des dépenses publiques brusques » risquant de plonger le pays en récession. Mais il a demandé aux élus d’aller plus loin pour « remettre les finances publiques américaines sur la voie de la viabilité sans nuire à la reprise économique ».
« Il faudrait en particulier que soit adopté aussi vite que possible un plan complet permettant d’assurer à la fois une hausse des ressources de l’État et une maîtrise des dépenses de protection sociale à moyen terme », a déclaré le porte-parole du FMI, Gerry Rice.
Le fonds juge « essentiel » que les États-Unis relèvent « rapidement » la limite légale de leur dette publique et que les élus fassent disparaître « les incertitudes restantes » relatives à l’évolution du budget de l’État fédéral à court terme.
Selon les dernières prévisions du FMI, la dette de l’État fédéral américain devait atteindre 107,2 % du PIB des États-Unis en 2012, ratio qui devait monter à plus de 114 % dès 2015.
Les agences de notation financière américaines Moody’s et Standard and Poor’s ont rappelé comme le FMI que cette loi était loin de régler la question du poids, insoutenable à long terme, de la dette publique américaine.
Le compromis entre républicains et démocrates « ne fournit pas la base d’une amélioration sérieuse des ratios d’endettement de l’État (fédéral américain) à moyen terme et au-delà », a estimé Moody’s, et « ne fait pas grand-chose pour remettre les finances publiques américaines sur une trajectoire plus viable à moyen terme », a renchéri SP.
Selon Moody’s, il faudra d’autres mesures de réduction du déficit qui seront décidées « dans les mois qui viennent » après de nouvelles négociations entre les deux camps. Des négociations dont dépendra l’évolution de la note de solvabilité qu’elle attribue au pays : maintien du fameux « Aaa », ou abaissement de cette note maximale à « Aa1 », conformément à l’avertissement qu’elle avait lancé aux élus en septembre.
SP, qui avait abaissé la note des États-Unis à « AA+ » en août 2011 à l’issue d’un psychodrame politique autour du relèvement de la limite légale de la dette publique du pays, maintient sa note mais assortie d’une « perspective négative », signe qu’elle pourrait l’abaisser à moyen terme.
L’agence estime que « le mode de gouvernement et l’élaboration de la politique à Washington sont devenus moins stables, moins efficaces et moins prévisibles » que par le passé.
Barack Obama, depuis Hawaii où il est en vacances, a promulgué dans la nuit de mercredi à jeudi ce texte dont l’enjeu était l’un des piliers de sa campagne présidentielle : « Changer un code des impôts trop favorable aux riches aux dépens de la classe moyenne. »
« Ce soir, nous l’avons fait grâce aux voix des démocrates et des républicains au Congrès », avait-il lancé mardi, dans la foulée de l’adoption de la Chambre des représentants à majorité républicaine – après le Sénat dominé par les démocrates – du projet de loi qui augmente notamment de 35 % à 39,6 % le taux d’imposition des foyers aux revenus supérieurs à 450 000 dollars par an.
Mis de côté pour le moment, les épineux dossiers du relèvement du plafond légal de la dette et les nécessaires coupes budgétaires vont ainsi se retrouver dans quelques semaines au cœur d’un nouveau débat entre la Maison-Blanche et le Congrès.
Le président Obama a déjà mis en garde les républicains contre la tentation de prendre leur revanche budgétaire. « Je négocierai sur beaucoup de choses mais je ne débattrai pas encore avec le Congrès sur la nécessité d’acquitter les factures induites par les lois déjà adoptées », a-t-il prévenu, en rappelant l’épisode de l’été 2011 qui avait entraîné la perte du triple A accordé par SP.
(Source : AFP)

